Défense
Porte-avions Charles de Gaulle : De l'IPER à la remontée en puissance

Reportages

Porte-avions Charles de Gaulle : De l'IPER à la remontée en puissance

Défense

Après 17 mois à quai et au bassin, dont 15 mois d'arrêt technique majeur, le porte-avions nucléaire français a retrouvé la mer fin novembre pour une série d'essais puis une longue période d'entrainement. Ce n'est qu'en mai prochain que cet outil, unique en Europe, sera parfaitement opérationnel. Car, après une si longue indisponibilité, la première du genre depuis la mise en service du navire en 2001, quatre grandes composantes doivent se remettre à niveau. D'abord la plateforme en elle-même. A la sortie d'Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations (IPER), l'équipage a repris son bateau en main, tant au niveau des manoeuvres nautiques que des fonctions à bord. Or, réactiver une ville flottante pouvant accueillir près de 2000 personnes n'est pas une chose simple. Pour que le bâtiment remplisse parfaitement ses missions, tous les services et chaque marin doivent retrouver leurs automatismes. Il s'agit, par exemple, des équipes en machines, qui doivent s'assurer du bon fonctionnement des équipements fournissant la puissance nécessaire à la propulsion, à l'alimentation en électricité et aussi en vapeur, indispensable aux catapultes. Mais le rodage est aussi valable pour les cuisiniers, qui doivent confectionner 4000 repas par jour.

Le Charles de Gaulle après IPER (© : MARINE NATIONALE)
Le Charles de Gaulle après IPER (© : MARINE NATIONALE)

Groupe aérien : Ce qu'ils ont fait en attendant le retour du Charles

Une fois le bord opérationnel, le Charles de Gaulle doit assurer le réentrainement de son groupe aérien embarqué (GAE). Faute de second porte-avions, les pilotes, les officiers d'appontage et les équipes de pont ont, en effet, été privés de leur unique plateforme durant un an et demi. Pendant cette période, la Marine nationale a maintenu, autant que faire se peut, les compétences de ses personnels. A Landivisiau (Finistère), où sont basées les flottilles de chasse, des entrainements spécifiques ont été organisés. Ainsi, les « Carrier Weeks » voyaient la reconstitution, sur le tarmac de la base, du pont d'envol du Charles de Gaulle, espace sur lequel les équipes de pont, chargées de la manutention des appareils, s'exerçaient.

Reconstitution du pont du Charles de Gaulle à Landivisiau (© : MARINE NATIONALE)
Reconstitution du pont du Charles de Gaulle à Landivisiau (© : MARINE NATIONALE)

Reconstitution du pont du Charles de Gaulle à Landivisiau (© : MARINE NATIONALE)
Reconstitution du pont du Charles de Gaulle à Landivisiau (© : MARINE NATIONALE)

Rafale sur le Truman (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Rafale sur le Truman (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Rafale sur le Roosevelt (© : MARINE NATIONALE)
Rafale sur le Roosevelt (© : MARINE NATIONALE)

SEM en Afghanistan (© : EMA)
SEM en Afghanistan (© : EMA)

Dans le même temps, les pilotes de Rafale et Hawkeye ont bénéficié de deux campagnes d'appontages et de catapultages sur porte-avions américain. La première s'est déroulée sur une journée, en mai 2008, à bord de l'USS Harry S. Truman, au large de Marseille (*). Deux mois plus tard, les avions de l'aéronautique navale embarquaient sur l'USS Theodore Roosevelt. Premier du genre, ce déploiement a permis à un détachement de six Rafale de rester six jours sur le navire US, s'intégrant parfaitement au groupe aérien américain (trop volumineux, les Hawkeye ont effectué des appontages et catapultages mais sont restés basés à terre). Ces campagnes ont permis aux pilotes et équipes techniques de maintenir leur savoir-faire. Toutefois, entre un porte-avions américain et le Charles de Gaulle, les différences sont sensibles, notamment au niveau des dimensions. Alors que les catapultes américaines mesurent 90 mètres (contre 75 mètres sur le CDG), les pistes obliques (où appontent les appareils) des navires américains font 243 mètres, contre 203 sur le bâtiment français. Tous les pilotes n'ont, par ailleurs, pas pu s'entrainer durant ces exercice. Enfin, les Super Etendard Modernisés, ne pouvant être opérés depuis porte-avions américain (à cause du système de catapultage par élingue) n'ont pas bénéfic

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française