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Porte-avions Charles de Gaulle : Une remise en service progressive

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Porte-avions Charles de Gaulle : Une remise en service progressive

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D'ici début novembre, le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle doit reprendre la mer après 16 mois passés à quai et en cale sèche. A Toulon, le premier grand carénage du navire, admis au service actif en mai 2001, a débuté sa dernière ligne droite. Confié à DCNS, le premier arrêt technique majeur du Charles de Gaulle, également appelé IPER (Indisponibilité périodique pour entretien et réparation), a représenté un chantier titanesque. En plus de l'équipage (soit plus de 1000 hommes hors groupe aérien), pas mois de 600 personnels de DCNS et de ses sous-traitants ont oeuvré pour offrir au fleuron de la Marine nationale une véritable cure de jouvence. Les deux coeurs nucléaires du bateau ont, notamment, été rechargés, alors que de nouvelles hélices ont été installées. La plupart des grands équipements ont été visités et remis à niveau (réparation et traitement des obsolescences), de nouveaux matériels embarqués et les installations aéronautiques du navire adaptées à la mise en service du Rafale au standard F3. D'importants travaux ont également concerné les soutes à munitions, qui devront recevoir de nouveaux armements, comme l'ASMP-A (missile nucléaire), le Scalp EG (missile de croisière embarqué sur Rafale) ou encore l'Armement Air-Sol Modulaire (AASM).

Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Sortie de bassin le 22 août (© : JEAN-LOUIS VENNE)



Opérationnel au printemps

Les premiers essais en mer auront pour but de valider les travaux entrepris, notamment au niveau de la propulsion. Assez rapidement, il faudra aussi valider les capacités du bâtiment à accueillir des avions, ensemble de procédures très complexe et d'autant plus délicat que le Charles de Gaulle n'a pas reçu ses appareils depuis juin 2007. En dehors des pilotes, le bord, et notamment les personnels de pont d'envol, devront retrouver leurs marques. Pour ne prendre aucun risque, cette phase sera très progressive afin d'identifier les difficultés potentielles. Les mouvements d'avions seront assez limités et seuls des pilotes « confirmés » manoeuvreront dans un premier temps avec le navire. Nous serons alors en novembre.

Appontage d'un Rafale (© : MER ET MARINE - GILDA LE CUNFF)
Appontage d'un Rafale (© : MER ET MARINE - GILDA LE CUNFF)

De décembre à janvier, ces activités se poursuivront de manière plus dense, ce qui permettra une montée en puissance progressive. Il sera alors temps de commencer à associer le porte-avions à d'autres bateaux, pour une phase plus tactique. Lorsqu'ils sont déployés, le Charles de Gaulle et son groupe aérien embarqué (GAE) s'intègrent en effet au sein d'un dispositif comprenant notamment frégates et sous-marin. A l'issue de ces entrainements, le porte-avions, son état-major embarqué et son escorte devraient avoir obtenu une première qualification opérationnelle.
Néanmoins, tous les besoins ne seront pas encore totalement satisfaits, à commencer par les besoins d'entrainement. Il faudra en effet qualifier les jeunes pilotes, soit une petite vingtaine d'officiers, qui n'ont pas pu disposer d'une plateforme durant un an et demi. D'ici le début du mois d'avril, le groupe aéronaval doit pouvoir satisfaire aux besoins de qualification opérationnelle et partiellement aux besoins d'entrainement. Les jeunes pilotes devront, en effet, être « vieillis », ce qui pourra se faire facilement si le Charles de Gaulle reste encore un temps à proximité des côtes hexagonales. L'entrainement sera en revanche plus délicat si le porte-avions est déployé loin de Toulon. Or, après un an et demi d'absence, il est fort probable que la France décide d'envoyer outre-mer son principal outil de projection de puissance. Aucune décision n'aurait encore été prise à ce sujet mais il serait assez logique d'imaginer, à l'été, le Charles de Gaulle croisant en océan Indien.
Long de 261 mètres pour un déplacement de 42.000 tonnes, le porte-avions français peut embarquer une petite quarantaine d'aéronefs (Rafale, Super Etendard Modernisés, Hawkeye et hélicoptères).

Le groupe aéronaval  (© : MARINE NATIONALE)
Le groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

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