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Porte-avions Clemenceau : La France fait tout pour être « clean »

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Porte-avions Clemenceau : La France fait tout pour être « clean »

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Alors que le vieux « Tigre » a commencé mardi sa descente de la mer Rouge, avant de remonter vers l'Inde, le gouvernement propose de nouvelles mesures pour accompagner son démantèlement. Ces travaux, qui doivent être menés par le chantier Shree Ram Vessel Scrap Ltd, d’Alang, dans l’Etat du Gujarat, sont prévus pour durer un an. La polémique porte toujours sur le traitement de l’amiante encore contenue à bord et sur les moyens dont disposent les ouvriers indiens qui seront chargés de l’extraire. Auditionné le 20 janvier par un comité d’experts de la Cour suprême indienne, l’ambassadeur de France à New Delhi a confirmé que Paris enverra l’ensemble des équipements individuels et collectifs nécessaires aux 60 ouvriers qui seront en contact avec l’isolant cancérigène (au total, 250 personnes travailleront sur le Clemenceau). Le ferraillage sera en effet mené « suivant les normes françaises », nous a-t-on indiqué hier au ministère de la Défense. Pour s’assurer du respect des mesures de sécurité, l’ambassadeur a proposé de nommer un expert indépendant qui sera chargé de contrôler les travaux jusqu’à ce que les chalumeaux s’attaquent aux fonds de cale du Q 790. La France se dit également prête à rapatrier les déchets toxiques si les autorités le demandent. Après une recommandation négative de la commission de contrôle des déchets toxiques, la Cour suprême doit statuer le 13 février sur la légalité du transfert de l’ancien fleuron de la marine.

Ingénieurs indiens formés en France

« Avec les deux campagnes de désamiantage qui ont eu lieu à Toulon, je ne vois vraiment pas ce que l’on peut faire de plus !», s’agace un officier. Le directeur du chantier de démolition avait affirmé, le mois dernier, que le Clemenceau serait le navire « le plus propre à avoir jamais accosté à Alang ». Partiellement désamianté à Toulon, l’ancien porte-avions ne contiendrait plus que 45 tonnes de marinite, selon le ministère de la Défense, qui affirme que 125 tonnes ont déjà été extraites en France. L’amiante restante est piégée dans la structure et donc inaccessible avant la phase de démolition. Consciente de l’enjeu que représente le « Clem » et désireuse de voir créée une filière contrôlée de démantèlement, la France n’a pas attendu les péripéties juridiques et diplomatiques de ces dernières semaines pour s’intéresser aux conditions du découpage de son épave amiantée. Ainsi, la formation des ingénieurs indiens chargés de superviser le chantier a débuté en février 2005. Les cinq cadres ont suivi à Mulhouse une formation d’encadrement technique, axée sur la maîtrise des normes françaises. Après la théorie, les ingénieurs sont revenus dans l’Hexagone, au mois d’août, pour passer à la pratique. A Toulon, ils ont participé à l’ultime phase de désamiantage du Clemenceau, un travail réalisé en compagnie des ouvriers français présents à bord.

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