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Porte-avions : Hervé Morin plaide pour la coopération avec les Britanniques

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Porte-avions : Hervé Morin plaide pour la coopération avec les Britanniques

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A l'approche du sommet franco-britannique, qui doit se dérouler le 2 novembre, le ministre de la Défense a plaidé pour un renforcement de la coopération en matière de groupes aéronavals. La semaine dernière, le gouvernement de David Cameron a, en effet, décidé de doter le futur porte-avions de la Royal Navy de catapultes, ouvrant ainsi la voie à un partenariat renforcé avec la Marine nationale. « L'idée est un échange capacitaire et une interdépendance. Il y a une approche nouvelle, les Anglais ayant décidé de doter leur porte-avions de catapultes. On pourrait avoir des exercices communs mais aussi disposer d'un groupe de Rafale pouvant profiter de la plateforme britannique, ce qui permettrait d'avoir une permanence à la mer (lorsque le Charles de Gaulle est en arrêt technique, ndlr) », estime Hervé Morin. Pour le ministre français : « C'est une complémentarité et un véritable symbole de ce que peut être l'Europe de la défense ».

« Une nouvelle bénie »

A la tête de la Marine nationale, on se montre très enthousiaste face à l'idée de voir la Royal Navy revenir aux véritables porte-avions, qu'elle a abandonnés depuis plus de trente ans au profit de petits porte-aéronefs dont les capacités se sont finalement révélées médiocres. « Je suis très content, c'est une nouvelle bénie. Enfin la Grande-Bretagne va retrouver, aux côtés des Etats-Unis et de la France, le club des nations disposant de véritables porte-avions. Nous allons pouvoir travailler ensemble et, notamment, aider les Britanniques à retrouver ce savoir-faire. La mise en oeuvre d'un porte-avions est une chose très complexe. Il faut 25 ans d'apprentissage pour maîtriser un tel outil. Si nous pouvons leur faire gagner 15 ans, nous serons heureux », explique l'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la marine. Une coopération plus étroite entre Français et Britanniques, notamment sur le fait de baser des avions sur une plateforme étrangère, pose évidemment des problèmes en cas de crise si les deux partenaires ne sont pas exactement en accord sur les modalités d'intervention. Mais, apparemment, ce problème pourtant régulièrement mis en avant par les marins semble désormais éludé, l'essentiel étant apparemment de faire avancer la coopération et de resserrer les liens politiques entre Paris et Londres.

Et le deuxième porte-avions dans tout cela ?

Pour l'amiral Forissier, la coopération avec les Britanniques ne remet pas en cause l'intérêt, pour la France, de se doter d'un second porte-avions. Le patron de la Marine nationale va même encore plus loin, en présentant le porte-avions comme L'OUTIL, par excellence, de la puissance politique et militaire. « Si on veut que l'Europe existe, il faut avoir autant de porte-avions que les Américains ». Il en faudrait donc une dizaine, contre un seul (le Charles de Gaulle) actuellement. Ce voeu pieux ne se réalisera sans doute jamais mais, si les Britanniques ont d'ores et déjà renoncé à leur second porte-avions, les Français veulent encore croire à l'aboutissement du projet PA2. A cet effet, DCNS n'a pas hésité à présenter sur son stand, à Euronaval, un nouveau design de porte-avions, que nous vous ferons découvrir demain.

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