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Porte-avions : Les Britanniques pourraient encore changer leur fusil d'épaule

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Porte-avions : Les Britanniques pourraient encore changer leur fusil d'épaule

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Les Britanniques pourraient finalement revenir au F-35B, la version à décollage court et appontage vertical du Joint Strike Fighter (JSF) pour équiper leurs futurs porte-avions. C'est ce que révèle la presse outre-manche, qui indique que le ministère britannique de la Défense a lancé une étude afin de déterminer avec précision le coût exact de la transformation du HMS Prince of Wales pour recevoir des catapultes et brins d'arrêt. Initialement, les deux porte-avions de la classe Queen Elizabeth, commandés en juillet 2008, devaient être dotés d'un tremplin pour la mise en oeuvre de F-35B. Mais, fin 2010, le nouveau gouvernement de David Cameron était revenu sur le plan d'origine. Dans le cadre de la revue stratégique de défense, Londres avait décidé de modifier le design du second porte-avions, le HMS Prince of Wales, afin que celui-ci puisse embarquer la version catapultée du JSF, le F-35C, également adoptée par les Américains pour les porte-avions de l'US Navy. Ce choix avait pour but de réduire la facture du groupe aérien embarqué, le F-35B, qui accusait alors d'importants retards et surcoûts, s'annonçant plus cher que le F-35C. Il s'agissait aussi s'augmenter les capacités opérationnelles du futur porte-avions, le F-35C ayant une autonomie et des capacités d'emport en armement supérieures. Enfin, ce choix ouvrait la voix à une interopérabilité du groupe aéronaval de la Royal Navy avec les porte-avions américains et français. Quant au premier porte-avions britannique, le HMS Queen Elizabeth, il avait été décidé de ne pas le modifier, sa construction étant trop avancée. Prévu pour entrer en service en 2016, le bâtiment aurait servi de porte-hélicoptères puis, à la mise en service du HMS Prince of Wales, en 2019, aurait éventuellement été vendu à une marine étrangère.

 F-35B  (© : LOCKHEED MARTIN)
F-35B (© : LOCKHEED MARTIN)

 F-35C  (© : LOCKHEED MARTIN)
F-35C (© : LOCKHEED MARTIN)

Des surcoûts très importants

Mais, depuis, la situation a évolué. D'abord, le développement du F-35C, plus tardif que celui du F-35B, ne se déroule pas aussi bien que prévu, les militaires craignant là aussi des retards et surcoûts. Ensuite, il s'avère que la transformation du HMS Prince of Wales en porte-avions à catapultes est une entreprise complexe et « budgétivore ». Londres souhaite en effet recourir non pas à de traditionnelles catapultes à vapeur, mais aux nouvelles catapultes électromagnétiques, actuellement en cours de développement aux Etats-Unis pour les futurs porte-avions de la classe Gerald R. Ford (CVN 21). Or, l'adoption du système EMALS (ElectroMagnetic Aircraft Launch System) nécessite une augmentation conséquente des besoins en énergie et, même si les porte-avions britannique seront dotés des turbines à gaz MT30 de Rolls-Royce, les plus puissantes du marché (36 MW), l'affaire s'annonce techniquement très complexe aux dires de certains ingénieurs. En tout état de cause, la modification du design initial va coûter très cher. Mais les Britanniques ne savent pas exactement combien et cela inquiète sérieusement le gouvernement dans une période où les finances publiques ne sont pas au mieux. Le problème est d'autant plus sensible que, depuis 2008, le programme se serait déjà significativement renchéri. Ainsi, la facture, annoncée à 5 milliards d'euros à l'époque, pourrait désormais dépasser, selon certains medias britanniques, les 8 milliards d'euros.

 Le HMS Prince of Wales avec catapultes  (© : BAE SYSTEMS)
Le HMS Prince of Wales avec catapultes (© : BAE SYSTEMS)

Entre 1 et 1.5 milliard pour la transformation selon les Français

C'est pourquoi une étude a été lancée afin de déterminer avec précision les surcoûts induits par la transformation du bâtiment. A la lumière de cette expertise, qui sera remise dans les prochains mois, Londres doit décider de poursuivre sur ce cap ou bien de faire machine arrière et de revenir à ses plans initiaux : Deux porte-avions dotés de tremplins et embarquant des F-35B.
On notera que les Français se sont penchés l'an dernier sur cette question, Paris ayant envisagé de récupérer la coque du Queen Elizabeth pour en faire un porte-avions à catapultes et, ainsi, disposer d'un second bâtiment pour épauler le Charles de Gaulle. Mais cette piste a finalement été exclue en raison du coût des travaux nécessaires. « Il (le HMS Queen Elizabeth, ndlr) nécessiterait entre un milliard et un milliard et demi d'euros de modifications, notamment l'adaptation d'une partie de la coque pour installer des catapultes », avait ainsi déclaré l'amiral Guillaud, chef d'état-major des armées, lors d'une audition devant la Commission de la Défense de l'Assemblée nationale, le 5 octobre 2011.

 Le HMS Queen Elizabeth avec tremplin  (© : BAE SYSTEMS)
Le HMS Queen Elizabeth avec tremplin (© : BAE SYSTEMS)

 Le HMS Prince of Wales avec catapultes  (© : BAE SYSTEMS)
Le HMS Prince of Wales avec catapultes (© : BAE SYSTEMS)

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