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Portraits : Ils ont choisi de travailler dans la Marine nationale

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Portraits : Ils ont choisi de travailler dans la Marine nationale

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Officiers, officiers mariniers, quartiers maîtres et matelot... Qu'ils soient dans les transmissions, plongeurs, pilotes, cuisiniers, manoeuvriers, mécanicien, détecteur anti-sous-marin ou timonier... Nous vous proposons, en collaboration avec la Marine nationale, quelques portraits de ces hommes et femmes qui ont choisi de travailler sur des bâtiments militaires.

 (© JEAN-LOUIS VENNE)
(© JEAN-LOUIS VENNE)

Lieutenant de vaisseau Thomas VUONG, 32 ans. Officier SIC

Avec le Second Maître Mathieu Schindelholz, c'est l'un des deux marins que l'on peut voir sur les affiches de la nouvelle campagne de recrutement de la Marine nationale. Cette dernière a, en effet, présenter ses hommes, et non des acteurs. Un beau cadeau d'anniversaire pour le jeune officier, qui vient de fêter ses 32 ans. « Ca fait plaisir et c'est plutôt une fierté mais c'est le fond qui compte, c'est-à-dire la nécessité pour la marine de faire savoir qu'elle recrute et propose des métiers passionnants », explique le lieutenant de vaisseau Thomas Vuong. Officier Spécialisé dans les systèmes d'information et de communication (SIC), le LV Vuong fait partie de l'équipage du Dupleix. Cette très belle frégate anti-sous-marine (FASM) a servi de décor aux deux spots publicitaires diffusés depuis jeudi à la télévision. Dans le premier, elle chasse un sous-marin inconnu et, dans le second, elle part avec son équipe d'intervention par à la chasse aux trafiquants. « Ce n'est pas du cinéma, c'est notre vie. Les FASM sont représentatives des activités de la marine, faites de conduite d'opérations et de missions ». Thomas Vuong, en sortant de l'Ecole navale, à d'abord embarqué sur le patrouilleur de service public Sterne, basé à Brest. « Je suis resté deux ans sur ce bâtiment et ce fut une expérience passionnante. On voit les différentes facettes de l'action de l'Etat en mer, comme la surveillance maritime, la police des pêches ou l'assistance et le sauvetage. Et, comme c'est un petit équipage, on touche à tout ».

« C'est du concret »

Après la Sterne, Thomas est passé au gabarit supérieur, en étant affecté sur l'aviso Commandant Bouan. Deux années, là encore, très enrichissantes, notamment au travers de déploiements réalisés en mer Noire et en océan Indien, où le navire a été engagé dans la lutte contre la piraterie. Spécialisé SIC après son passage à l'Ecole Supérieure des systèmes de Combat et Armes Navales (ESCAN), le voilà aujourd'hui sur une frégate de premier rang. Là encore, les missions sont très variées et le bâtiment est régulièrement déployé. Il vient d'ailleurs de rentrer d'un mois de manoeuvres, au cours desquelles il a notamment été intégré au sein d'une force navale britannique. Pratiquant la voile et ayant un père officier de réserve, Thomas Vuong a embrassé ce métier à cause de son attirance pour la mer, mais aussi car il avait envie « de servir mon pays et de donner un sens à mon métier ». Après ces premières années passées en mer, l'officier est heureux de ce choix. « La marine apporte énormément. C'est très valorisant car nous avons de véritables responsabilités en matière de management humain et dans l'action. On se rend compte de ce que l'on fait. C'est du concret. Et puis, c'est une ouverture sur le monde, qui permet de découvrir de nombreux pays ».
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 (© MARINE NATIONALE)
(© MARINE NATIONALE)

Quartier maître Jérémie BONIN, 23 ans. Mécanicien naval

A priori, peu de rapport entre les terres auvergnates de Jérémie Bonin et l'univers qu'il allait découvrir dans sa vie professionnelle. Loin de sa terre volcanique natale, ce garçon de 23 ans passe le plus clair de son temps en mer. « Mais, en fin de compte, dit il, je me suis rendu compte que nous étions beaucoup de ma région à avoir choisi cette voie, il est vrai aux antipodes de nos origines. Moi, je connaissais la mer qu'à travers les plages de mes vacances !»
Et, pied de nez aux clichés, Jérémie l'arverne a le pied marin, sans une goutte de sang breton. Alors qu'il vient de passer le cap des quatre ans de Marine Nationale, c'est un jeune homme heureux. D'autant plus qu'il se sent « au coeur du fonctionnement du bateau ». Et pour cause, il s'occupe de la propulsion. C'est-à-dire qu'il est « affecté aux turbines à gaz avec deux autres marins, tandis que 5 autres sont chargés de la propulsion diesel. »
Son univers, le réseau complexe de machines, tuyaux, cadrans qui déroutent le néophyte mais qu'il connaît comme autant de compagnons de voyage. Dans la salle des machines, véritables entrailles de la bête, son rôle est « de veiller au bon fonctionnement de la machine, d'effectuer des relevés, en respectant les consignes données. » Une tâche essentielle à laquelle il a été préparé au Centre d'Instruction Navale de Saint-Mandrier. Une issue pleine d'horizons pour Jérémie qui, auparavant, avait, malgré un bac Sciences et Technologies Industrielles (STI) en génie mécanique en poche, erré dans les arcanes de l'intérim.

« Plus qu'un métier, un savoir vivre »

« C'est la Marine qui m'a entièrement formé à mon travail actuel. Et à des missions très variées : mécanique, hydraulique, de temps en temps pompier, à d'autres moments au poste de combat. Car nous sommes avant tout des soldats. » C'est l'école de la rigueur mais aussi la découverte pour Jérémie de la fraternité, « un élément essentiel sur un bâtiment».
Un univers, en revanche, que les parents de Jérémie ne connaissent pas assez pour ne pas s'inquiéter. « Ma mère a peur de l'accident, par culture. Mais ici, tout est organisé de façon à nous protéger le plus possible, dès lors qu'on tient compte des ordres qui ont tous un sens ». Mais là n'est pas le moteur principal qui fait avancer notre mécanicien propulsion. « Il y a l'incontestable prestige de la Marine et, inévitablement, le goût du voyage ». Un appétit satisfait par ses précédentes destinations avec une gourmandise non dissimulée : « Grèce, Sardaigne, Espagne, Egypte... »
Quartier maître, Jérémie a signé pour 10 ans. « Et là, si vous me demandez ce que je compte faire, c'est clair : je re-signe. Comment abandonner une existence qui est bien plus pour moi qu'un métier, c'est un savoir-vivre. Et ça, ça n'a pas de prix. »
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 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lieutenant de vaisseau Laurence TEISSEIRE, 32 ans. Pilote d'hélicoptère

« Ma plus récente opération extérieure, c'était dans l'océan indien. Notre mission était de lutter contre les pirates. Nous étions équipés de gilets pare-balles, un pistolet automatique à la ceinture et depuis notre hélico, nous repérions les embarcations en bois. Notre rôle consistait à les survoler, pour observer leur manège et prendre des photos. En cas de doute, nous demandions aux bateaux de la Marine croisant dans le secteur de les aborder pour un contrôle à bord. » Le récit est mené d'une voix calme, sans l'ombre d'une fanfaronnade, avec juste ce qu'il faut de fierté. Et le sourire. Celui d'une femme d'action. Laurence Teisseire, lieutenant de vaisseau, pilote d'hélicoptère.
Une drôle de dame...de seulement 32 ans. Et une drôle de trajectoire que d'avoir choisi le monde de la mer pour côtoyer les cieux. Du moins, pour qui ne connaît pas les armes. Et pourtant, les moyens aériens sont une des dimensions essentielles de la force de la Marine.

« On est dans l'action et dans l'actu. »

Son Lynx, « un hélicoptère très complet, dit-elle, qui est doté de deux torpilles et d'une troisième arme possible, maniée par des tireurs d'élite », Laurence Teisseire l'a dompté avec passion. Un solide bagage en poche (maths sup-maths spé, concours de l'Ecole Navale, plus une sélection rigoureuse) et un certain nombre de qualités ont fait le reste. Comme on fait un check-up, elle les énumère : « L'instinct de survie, d'abord. Si on n'est pas une tête brûlée, on connaît ses propres limites et celles de la machine. Savoir s'orienter dans l'espace. Appréhender les situations critiques. Du sang froid, le strict respect des procédures... et surtout, plein de bon sens ! » Son bonheur professionnel, elle le résume ainsi : « On est dans l'action et dans l'actu. » Son bonheur tenant aussi dans l'équilibre qu'elle a réussi à maintenir entre vie professionnelle et vie privée.
Jetant un oeil en arrière, sur sa formation, elle a quelques avertissements à lancer aux candidats à ce métier prestigieux de pilote : « Il faut vraiment aimer ça, tout au fond de soi. Et pas parce que ça vous a paru chouette dans un film. C'est une formation où l'on est malmené, bousculé, où l'on vous apprend à gérer des pannes moteur en coupant les gaz avant de se poser, où l'on vous demande de plonger en cage au fond d'une piscine, à 5-6 mètres de profondeur. Et là, il faut aller chercher au fond de soi, cette fibre si particulière, cette petite voix qui vous répète : « Je m'accroche ». Et côté scientifique, pas besoin d'être un champion : la passion l'emportera.»
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 (© MARINE NATIONALE)
(© MARINE NATIONALE)

Quartier maître David SEGUIN, 26 ans. Spécialiste Systèmes d'Information et de Télécommunications

David Seguin, surtout en mer, reçoit beaucoup. Non pas qu'il soit un jet setter adepte de fêtes somptuaires à bord de son yacht ! Mais il est en revanche très branché... à son émetteur-récepteur, situé dans le poste de pilotage du bateau sur lequel il tient le rôle de « radio ». Ce qu'en jargon marin, on appelle un « Sitel ». A savoir, un spécialiste des systèmes d'information et de télécommunications. En un mot, il est responsable de l'interaction entre un navire et le reste du monde. Le quotidien de David: « travailler, casque sur les oreilles, avec des émetteurs et des récepteurs HF et UHF pour communiquer avec d'autres bateaux, civils ou militaires. Nous avons en outre des réseaux télégraphiques où chacun peut discuter : c'est le chat de la mer ! »

Un homme de radio

Un chat écrit ou oral « qui se fait essentiellement en anglais », selon ce radio qui, après avoir obtenu un bac d'informatique et gestion a rapidement intégré ce poste dans la Marine Nationale où il manie aussi des livre de codes épais comme des annuaires d'antan. « Ce n'est pas si compliqué que ça en a l'air. Mais il s'agit tout de même des éléments qui me servent à chiffrer et à sur-chiffrer les messages que l'on me charge de transmettre lorsque je suis de quart. » En clair, transformer des informations en langage secret, pour des raisons évidentes de secret défense.
La mise en oeuvre et l'entretien du matériel échoient également à David, 26 ans aujourd'hui, qui a signé en 2005 pour un contrat de 10 ans. Une vie sans routine, contrairement aux apparences. « On ne sait pas quand on va partir » et de missions qui le passionnent, comme ce fut le cas pour sa dernière « surmed » (surveillance en Méditerranée) quand il n'occupe pas ses loisirs avec des... jeux vidéos. Et pas de copine ? « Pas pour l'instant, répond David. Je me réserve pour la Marine. Eh, je plaisante ! »
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 (© MARINE NATIONALE)
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Premier maître Christophe TALABARDON, 37 ans. Détecteur anti-sous-marin

Il finit par avouer son « goût du secret ». Et pour peu que l'on sonde encore les motivations du premier maître Christophe Talabardon, on apprend qu'il est curieux, profondément curieux. Alors que d'autres écoutent aux portes, l'objet de toute son attention est un monde que l'on dit du silence. Et c'est là tout l'enjeu de son métier : détecteur anti-sous-marin (DEASM).
Issu de l'école de Maistrance qu'il a intégrée en 1993, Christophe Talabardon, 37 ans, obtenait l'année suivante son Brevet d'aptitude technique DEASM avant d'être affecté en 1996 à l'escadrille des sous-marins de Brest. Après avoir sillonné les mers à bord du Tonnant et brevet supérieur en poche, il a depuis regagné la surface de l'eau, pour s'intéresser d'en haut à ce qui se passe en dessous ! Mais d'une autre manière. Explications. Champ d'investigations de cet expert : les bruits. « Dans un sous-marin, nous portons notre attention sur les phénomènes acoustiques. Cette approche étant la détection passive suivie d'une phase d'analyse pour tout simplement identifier ce qui se cache derrière cette signature sonore. Sur un bateau, poursuit Christophe, nous utilisons le mode de détection actif, c'est-à-dire que nous nous aidons d'un sonar installé à bord pour balayer les profondeurs. Cet équipement est à même de détecter des corps métalliques, comme les sous-marins, bien sûr. » Mais le premier maître croise aussi de plus pacifiques hôtes des profondeurs tels que les baleines ou les cachalots, aussitôt reconnus.

« Après 16 ans, toujours la même excitation ! »

Le cadre de son travail est digne d'un James Bond. Son bureau pas comme les autres est le « Central Opérations », plongé dans l'obscurité où seuls flamboient les halots d'écrans radars reliés au fond et vidéo, connectés à des caméras posées sur le pont supérieur. Impressionnant. Et calme, malgré les dizaines de personnes qui oeuvrent dans ce coeur du navire.
Marié, père d'une fillette de 3 ans et d'un garçonnet de un an, Christophe a ainsi été absent pendant plusieurs mois l'an passé. Mais il n'envie pas les emplois routiniers qu'il aurait pu trouver dans le civil. « On est obligé de s'adapter en permanence, de se remettre en cause. Et puis, même s'il ne faut pas nier que c'est parfois difficile, lorsqu'on a une famille, je me sens en conformité avec le choix que j'ai fait en signant avec la Marine. Je garde à l'esprit l'immense chance qui est la mienne dans un métier où j'ai des responsabilités, y compris hiérarchiques. » Et il y a « le goût de la traque ». Le premier maître Christophe Talabardon s'entraîne régulièrement à cet art si délicat. « Nous sommes soumis à des tests sur des bruits mécaniques et biologiques. Pour les premiers, ce que l'on capte à l'audio, ce sont les bruits des hélices. Or, leurs pâles sont autant de signatures à partir desquelles on va non seulement déterminer la nature du sous-marin, mais aussi sa route, sa vitesse et sa distance. Et lorsque je parviens à établir un contact avec l'un d'eux, croyez-moi : après 16 ans de pratique, je ressens toujours la même excitation ! »
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 (© MARINE NATIONALE)
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Second maître Michael OURY, 21 ans. Navigateur timonier

« Navigateur timonier », l'appellation est baignée d'un mystère quasi insondable pour un terrien. Mais flotte sur ces deux mots une vague notion de responsabilités qui échoit à quelqu'un forcément tout près de la barre. Une intuition confirmée par les faits quand il vous éclaire sur les missions qui lui sont confiées. Michaël Oury travaille à la passerelle. C'est bien plus qu'un symbole. Car, « ici, ce sont les yeux du bateau ». Les yeux, mais aussi les oreilles qui servent à tenir un cap sûr et à identifier les autres bâtiments. Au coeur de ce dispositif, le navigateur timonier Oury assure plusieurs taches aussi essentielles les unes que les autres. D'où une polyvalence... de spécialités.
Une partie navigation, d'abord, où il est chargé d' « estimer par des calculs, à l'aide de cartes marines en papier mais aussi électroniques, la position du navire, son cap aussi. Les cartes dont nous disposons sont très exhaustives, tout y est indiqué, du phare, jusqu'à la moindre sonde. » Michaël, qui est adjoint du chef de quart, veille aussi « aux manoeuvres du bâtiment, et essentiellement à la sécurité nautique, pour prévenir tout risque d'échouage et d'éperonnage. Ce n'est pas sans risque de naviguer ! Du coup, cette responsabilité est très importante. Je ne perds jamais de l'esprit que nous sommes 240 à bord. »

« C'est normal de très bien faire ! »

Un quotidien où chaque geste implique la vie d'autrui et la bonne conduite des missions. Et, pour ce faire, l'excellence est l'ordinaire du navigateur timonier. Lequel lance : « C'est normal de très bien faire ! » Une rigueur dont atteste l'une de ses occupations, «la tenue d'un journal de bord où est consigné chaque évènement. Et quand on ne s'occupe plus des cartes, ou des points optiques ; c'est pour s'occuper de la mise en oeuvre des moyens de communication. Et il y en a plusieurs, sur un bâtiment : notamment, les signaux lumineux en morse codé ou non, les signaux à bras, l'UHF ou les pavillons numériques ou alphabétiques. »
Pas étonnant qu'à se débuts ce marin de 21 ans ait ressenti « beaucoup de peur. La peur d'oublier un élément de la procédure. Et puis, on parle au nom du Commandant lorsqu'on se trouve à un tel poste... » Et quand il dit « tel poste », Michaël jette un oeil au-delà de la proue et sourit... Avant d'ajouter : « Bien voir la mer... La voir aussi bien... Avec ses baleines, ses tortues, ses dauphins : à chaque sortie, je me souviens que ce n'est pas donné à tout le monde. Alors j'ai cette satisfaction-là en plus de celle de me trouver au coeur de l'activité du bateau. » Titulaire d'un bac S, obtenu en juillet 2005, Michaël entrait en septembre de la même année à l'école de Maistrance, avec des rêves de grands espaces largement comblés. Mais pas encore totalement. Car la mer, cet insatiable veut la voir, aussi, d'en haut. Alors, il a un éclair dans le regard, lorsqu'il vous lance : « J'ai envoyé un dossier. Pour devenir pilote d'hélicoptère. »
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 (© MARINE NATIONALE)
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Quartier maître Pierre-Yves BARBIER, 23 ans. Opérateur table traçante

Aujourd'hui, Pierre-Yves Barbier a parcouru la moitié de son contrat, mais il est sûr qu'il ira plus loin, au fil des ans et des milles nautiques. A 23 ans, Pierre-Yves vient de passer le cap de sa cinquième année d'engagement dans la Marine Nationale et compte bien continuer à naviguer. Un quotidien fait de contrastes : concentré des heures sur un carré de lumière à peine plus grand qu'un échiquier, cet opérateur table-traçante traverse en effet des étendues maritimes étourdissantes. « J'ai ?'fait'', comme on dit, l'Espagne, l'Irlande, l'Ecosse, le Grand Nord et les Etats-Unis », raconte-t-il, dans le halo de la table lumineuse où, ses armes à portée (grand calque, crayon, gomme, règle), il dresse sur des cartes « la trace écrite de toutes les données collationnées par les moyens électroniques et informatiques du bateau. Nous pointons aussi les rentrées et sorties de port par des triangulations pour nous situer par rapport à des points sur la côte ». C'est en résumé un travail de vision tactique dans le temps.

« Travail d'équipe, sentiment de cohésion et confiance mutuelle »

Drôle d'endroit pour un emploi que cette salle d'opérations plongée dans une obscurité quasi complète. « Mais c'est justement une atmosphère qui me plaît, même si elle déroute un peu au départ », sourit Pierre-Yves, aujourd'hui membre de l'équipage de la frégate La Motte-Picquet et auparavant affecté « à la guerre électronique » sur la frégate de Grasse. Originaire de Dinard ce fou de voile et de surf dans sa vie civile est titulaire d'un BEP.
Au grade de quartier- maître, le jeune homme se « passionne pour ce travail d'équipe, ce sentiment de cohésion et de confiance mutuelle qui n'empêche pas de rester vigilant : s'il en est un qui commet une erreur, l'autre est toujours là pour la corriger. Au bout du compte, on reste solidaire dans la mission qui nous est donnée. Et je vous assure, c'est le pied ! » Un pied marin qui est tel que Pierre- Yves a la ferme intention de « passer un brevet supérieur » pour évoluer encore sur les océans et toujours au coeur de la Marine Nationale.
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 (© MARINE NATIONALE)
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Second maître Romain ABAUTRET, 25 ans. Chasseur de pièges en haute-mer

Depuis 2007, Romain Aubatret a pu expérimenter les conditions parfois extrêmes que ses missions lui imposent. « Le courant, des plongées nocturnes dans une eau à 8 degrés alors que vous venez d'être réveillé en urgence, des dangers dont il faut être constamment conscient » : le programme n'est pas vraiment celui d'un hôtel-club caribéen. Pourtant, la description de son quotidien ne vous refroidit pas, réchauffée qu'elle est par l'incroyable flamme qui anime ce jeune homme heureux comme un poisson dans l'eau. « C'est une chance incroyable de mener cette vie d'action et de service public ! Car j'ai vraiment conscience de faire des choses utiles, très utiles. » Et pour cause. Les missions affectées aux plongeurs-démineurs consistent avant tout à éviter que les explosifs récents ou anciens laissés dans le sillage des conflits ne fassent des victimes. Dans la seule Manche, des dizaines de tonnes de bombes sont ainsi mises hors service chaque année par le Groupement des Plongeurs Démineurs (GPD) qui sillonne les mers. « Le danger est évident pour les pêcheurs qui peuvent les prendre dans leurs filets, explique encore Romain. Des chasseurs de mines, tels que l'Andromède, à bord duquel il est affecté, traquent donc en permanence ces pièges en haute-mer. Alors, quand on lui lance « On y va ? », Romain s'active avec ardeur. C'est qu'il a « dix minutes pour s'équiper ». La suite ? Il raconte. « Là, on descend à deux, on pose une ?'galette'', en clair un pain de plastique, sur l'engin à détruire. Une fois en sécurité, on « schlaffe », c'est-à-dire qu'on enclenche le détonateur qui va faire éclater la mine. ». Et les gerbes d'eau projetées par l'onde de choc donnent une idée de la puissance destructrice de ces inquiétants vestiges sous-marins.

« On descend à deux, on remonte à deux »

Ses autres missions : participer à des missions d'assistance en cas de naufrage ou d'accident maritime. Mais Romain et ses camarades plongeurs-démineurs ne pratiquent pas que le milieu aquatique. « Nous ?'dépolluons'' aussi bien les plages de Normandie que les sentiers d'Afghanistan. Et nous pouvons être amenés à préparer des débarquements...»
Une vie d'aventurier ? Plutôt une aventure maîtrisée. « Outre les risques liés directement aux maniement des explosifs, il y a l'élément marin dans lequel nous évoluons le plus souvent. Et c'est là que notre garantie la plus sérieuse est l'esprit d'équipage. » Un adage : « On descend à deux, on remonte à deux. » Une consigne : respecter les consignes. Et elles ont toutes un sens : la sécurité. L'ennemi étant la précipitation, les effets de l'adrénaline et des profondeurs tels que la narcose. En résumé, son métier exige de « rester serein, ne pas se laisser gagner par le doute sans pour autant surestimer ses capacités mentales et physiques. Si l'on ne se sent pas bien, il n'y a aucune honte à le signaler. C'est ça, être professionnel ! »
S'il passe « 60 à 90 jours par an en mer », Romain partage le reste de son temps entre l'entretien de son bâtiment au port (car il soude aussi sous l'eau !), à entretenir sa forme physique et bien sûr à suivre des entraînements dans la rade de Brest. « Ma copine fait preuve de compréhension quant à mes absences, dit-il. C'est aussi simple que ça. Et d'ailleurs, si nous sommes épanouis, c'est en partie parce que je le suis. Tout le monde n'a pas la chance d'exercer le métier dont il rêvait, non ?! » Romain s'est donné les moyens de concrétiser ce rêve. Il avait d'abord une autre spécialité, fusilier marin. Et, dès 2006, il s'est jeté à l'eau pour vivre sa passion. D'ailleurs, le premier ?'palier'', à savoir le certificat de plongeur de bord (visites de coques, sauvetages et travaux sous-marins élémentaires jusqu'à 35 mètres), est accessible aux marins de tous grades et de toutes spécialités. Les Franciliens ne le savent pas, mais il existe tout près de chez eux un autre tremplin pour les futurs plongeurs démineurs en partenariat avec le lycée polyvalent Simone Weil de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) où a été ouverte une formation "maintenance navale en milieu subaquatique" qui prépare aux métiers de la plongée dans la Marine !
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 (© MARINE NATIONALE)
(© MARINE NATIONALE)

ALDO, pilote de Rafale : « Marin avant d'être aviateur »

Aldo est pilote de chasse dans l'aéronautique navale. Après avoir volé deux ans et demi sur Super Etendard Modernisé, il est aux commandes, depuis 2005, d'un Rafale de la flottille 12F. A partir du porte-avions Charles de Gaulle, il a, notamment, effectué des missions au dessus de l'Afghanistan pour appuyer les troupes engagées contre les talibans. Dans un milieu où les pilotes sont parfois jugés comme « une espèce à part », le lieutenant de vaisseau aime à rappeler qu'il est « marin avant d'être aviateur ». Sa formation, il l'a d'abord débutée à l'Ecole navale : « j'ai d'abord fait du quart en passerelle avant de monter dans un avion. Pilote c'était un rêve de gosse mais je voulais être à tout prix sur porte-avions, parce que c'est la marine ». Toutefois, entre le volant et le navigant, sur un bateau, l'aviation restera toujours un métier à part. « Beaucoup n'ont pas conscience de ce qu'est vraiment une mission aéronavale, qu'il s'agisse de la préparation ou de l'exécution ». Au moins autant que l'équipage, les personnels des flottilles, basés à terre, sont chez eux sur le Charles de Gaulle. « En 12 ans de carrière, j'ai sans doute passé plus de temps sur le navire que la plupart des gens à bord », note Aldo. Le capitaine met l'accent sur l'interdépendance des marins, quelque soient les grades. Des techniciens qui préparent les avions au cuisinier qui permet au pilote de partir le ventre plein, c'est à l'ensemble de l'équipage que les flottilles doivent la possibilité de partir en opérations. « Sans le bord on ne pourrait rien faire. C'est pourquoi, quand on lance une bombe en Afghanistan, j'estime que c'est l'ensemble des 2000 personnes du Charles de Gaulle qui l'a fait ».
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 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Matelot Guillaume GRANGER, 21 ans. Spécialité pont d'envol

Son équipement : un casque et une combinaison bleue, des gants de manoeuvre, un gilet de sauvetage... La tenue de travail de Guillaume est taillée sur mesures pour ses missions en mer : évoluer dans un environnement parfois hostile, exercer un métier physique mais surtout être au coeur de l'action. Guillaume est matelot « Pont d'envol ». Un travail qui passionne cet ange gardien de la mer. « Notre activité tourne autour des hélicoptères, des Lynx dans mon cas actuellement, qui se posent à bord de notre bateau. Il s'agit pour nous de nous rendre sous l'hélicoptère, une fois immobilisé, pour l'arrimer au moyen de chaînes, afin qu'il ne bascule pas. De même, nous rentrons et sortons l'appareil du ?'hangar'' situé en bout de piste.»
Une activité menée sous la bonne garde du « chien jaune », superviseur en chef du bon déroulement des manoeuvres qui engagent la sécurité de tous, de l'équipage de l'hélico, de celui du bâtiment et, bien évidemment, de Guillaume et ses camarades, en première ligne à chaque mouvement d'aéronef. Ce travail, qui a ses équivalents à bord d'un porte-avions, où évoluent, bien entendu, des avions de chasse, a sa dose d'adrénaline et offre la satisfaction permanente de servir.

« J'ai appris le vrai sens des mots vie en communauté, partage, respect d'autrui »

C'est particulièrement le cas quand Guillaume et ses camarades sont « chargés, par exemple, de réceptionner un blessé arrivé par les moyens aériens. » Mais Guillaume apprécie tout autant l'élément sur lequel il évolue, admettant observer avec des yeux toujours neufs d'émerveillement « le ballet des orques » ou les contrées vers lesquelles l'entraînent ses missions. Prochaine destination, l'Amérique du Sud... Et, faute de les détailler de façon exhaustive, il y a autre chose qui retient tout particulièrement l'attention, à l'issue des récits de Guillaume Granger. Cette petite phrase, en tête : « J'ai beaucoup changé. » Il précise : « Mon comportement a évolué. J'ai appris le vrai sens des mots vie en communauté, partage, respect d'autrui. Lorsqu'on part ensemble, c'est ensemble que l'on affronte les difficultés. C'est bon pour nos missions, mais c'est bon, aussi, pour nous. » Et de conclure : « Si j'ai un message pour ceux qui hésitent encore à embarquer avec la Marine Nationale, il est bien simple : chacun peut y trouver un avenir. Et s'il veut changer de cap en cours de route, il pourra virer de bord grâce aux opportunités de formations. Nous sommes mobiles sur les mers du globe, mais aussi au sein de notre institution ! »
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 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Premier Maître Orlando SAUVETTE. Cuisinier et pompier

Bon vivant, le Premier Maître Orlando Sauvette veille au grain dans la cuisine de la frégate Latouche-Tréville. Avec son équipe, composée de cinq cuisiniers et un boulanger, il doit fournir 500 repas par jour pour nourrir l'équipage. « Comme on dit dans la marine, la nourriture, c'est le moral. A bord, les repas sont très importants car ce sont des moments privilégiés. Il faut proposer des menus complets et bien équilibrés. Nous avons un plan alimentaire diététique ». Disposant d'une autonomie en vivres de trois semaines, la frégate se ravitaille en produits frais dès qu'elle fait escale. Lors des déploiements, cela permet au Chef de pouvoir confectionner des plats un peu plus exotiques. « On a toujours des surprises dans les pays où l'on fait escale, avec des produits que l'on ne trouve pas en France. En Méditerranée orientale, on peut ainsi cuisiner des pois chiches frais, avec de l'ail, et proposer des mezze. Dans un espace de 40 m², les cuisines travaillent chaque jour des dizaines de kilos de viande, de légumes, alors que le boulanger sort du four une centaine de pains.

« En escale, nous montrons le savoir-faire des cuisiniers français »

Satisfait « des gars », Orlando parle d'un « véritable esprit de cohésion dans l'équipe » et apprécie sa vie embarquée. Ayant passé auparavant plusieurs années dans les cuisines d'un préfet maritime et de l'ancien chef d'état-major de la marine, il peut aussi s'adonner à une cuisine et une présentation plus élaborées lors des escales. « Tous les navires ont une mission de représentation à l'étranger. Lors des escales, nous recevons à bord des invités pour des cocktails ou des brunchs. Il faut, alors, être capable d'offrir une prestation de qualité. C'est plus recherché et il y a de la création. C'est très important car la France est réputée pour sa cuisine. Au travers de ces cocktails en escale, nous montrons donc le savoir-faire des cuisiniers français ».
Quand il n'est pas aux fourneaux avec son équipe, Orlando participe aux tâches du bord, comme l'entretien du navire. Mais, en plus de sa fonction de chef cuisinier, il est aussi pompier lourd. Sur un bateau, les marins ont en effet plusieurs fonctions. En cas de sinistre, le chef passe une combinaison résistante au feu, s'équipe de bouteilles d'air et d'un masque. En plus d'entretenir le moral de l'équipage avec ses bons petits plats, il a également vocation à partir au feu pour éviter qu'un incendie ne se propage ou sauver ses camarades pris au piège. Une véritable vie au service des autres.
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 (© PIERRE-MARIE LORE)
(© PIERRE-MARIE LORE)

Aspirant Guillemette ROZE, 26 ans. Des études de philo à la frégate anti-sous-marine

Après une maîtrise de philosophie à la Sorbonne et un master de ressources humaines, Guillemette Roze avait envie de prendre l'air. Travaillant alors pour un grand groupe agroalimentaire, la jeune femme intègre la réserve en 2005. « Ce fut une superbe expérience. D'abord à Euronaval, où j'accompagnais une délégation canadienne venue signer des contrats d'armement et pour laquelle je faisais le lien avec les entreprises. Ensuite, j'ai été chargé d'accompagner les militaires lettons qui ont défilé au 14 juillet. A chaque fois, je suis tombée sur des gens extras et ce qui m'a plu, c'est la capacité que la marine à laisser ses personnels prendre des initiatives ». Convaincue par cette première expérience, Guillemette Roze décide de s'engager.

« La marine donne des responsabilités à des jeunes »

A 26 ans, elle rejoint l'Ecole des Commissaires de Lanvéoc et devient aspirant sur un contrat d'un an, renouvelable quatre fois, avec possibilité de signer un contrat plus long. Depuis l'été 2007, l'aspirant Roze a découvert la vie embarquée sur la frégate Latouche-Tréville, basée à Brest. Elle y est, aujourd'hui, officier en charge des relations publiques et intervient, notamment, au cours des escales où le navire accueille des personnalités et son équipage participe à diverses cérémonies. Ce fut le cas fin 2008, lorsque le bâtiment a été déployé sous bannière de l'ONU au large des côtes libanaises. Plus d'un an après son premier embarquement, Guillemette Roze est ravie. « C'est vrai que c'est un univers confiné mais, justement, chacun fait attention à l'autre. L'esprit est très familial, il y a beaucoup d'entraide et de solidarité. L'expérience est très enrichissante et, ce qui me plait, c'est que la marine donne des responsabilités à des jeunes, ce qu'on n'aurait pas forcément ailleurs ».
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 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Enseigne de vaisseau Olivier RIBARD, 32 ans : « l'ouverture sur le monde »

Aide de camp de l'amiral en océan Indien, chef de cabinet du patron de l'aéronautique navale, officier de communication et désormais adjoint du département production audiovisuelle et évènementiel de la marine... En moins de sept ans, l'enseigne de vaisseau Olivier Ribard s'est forgé une expérience des plus enrichissantes. Son premier contact avec la marine remonte à l'adolescence, lorsqu'il a effectué sa Préparation Militaire Marine (PMM). Bac en poche, il s'oriente vers des études de droit, puis intègre une école de journalisme. Mais l'attrait de la mer le titille. « J'avais été marqué par les récits de pères d'amis, qui étaient marins. Pour moi, cela symbolisait le voyage, une vie enrichissante et exaltante ». Il se décide en 2002 et, côté voyages, il va rapidement être servi. « Après six mois de formation, je suis partis en Côte d'Ivoire sur le transport de chalands de débarquement Ouragan. Puis j'ai été nommé aide de camp d'Alindien et, là, ce fut une année extraordinaire à parcourir l'océan Indien », explique l'EV Ribard. « On découvre l'ouverture sur le monde, les relations internationales mais aussi l'éloignement ». De retour en métropole, il va alors toucher du doigt son rêve de gosse. « J'étais passionné par l'aviation embarquée et j'ai eu la chance de la découvrir en devenant officier communication puis chef de cabinet de l'amiral commandant l'aéronautique navale ». Après une affectation au service de communication de la Marine, à Paris, le voici désormais dans la production audiovisuelle. Et, à 32 ans, Olivier Ribard ne regrette pas ses choix. « Avec la marine, on est très vite exposé à la réalité des choses. On a la possibilité d'être rapidement employé à un assez haut niveau et c'est un milieu très riche pour évoluer professionnellement, du fait de ses nombreux métiers ».
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 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
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Matelot Didier TECHER, 19 ans. De la pêche à la marine

Casquette des Nations Unies vissée sur la tête, l'automne dernier, Didier Techer était avec son navire, le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement Somme, au large du Liban. Le BCR était alors le navire amiral de la composante maritime de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban. Né à La Rochelle Didier a d'abord travaillé à la pêche. Dès l'âge de 15 ans il débute son apprentissage avant d'embarquer sur les chalutiers d'un grand armement français. « Je voulais faire quelque chose de professionnel et j'ai adoré la pêche. C'est un milieu dur, surtout dans les tempêtes où je n'ai parfois pas dormi pendant 72 heures, mais j'ai aimé cela et l'expérience a été formidable ». Mais Didier caressait depuis déjà un moment l'idée d'entrer dans la marine. Fort de cette première expérience à la mer, il a donc rejoint la flotte militaire et signé un contrat de quatre ans. Après six semaines de formation au Centre d'Instruction Navale (CIN) de Saint-Madrier puis trois semaines à l'Ecole navale de Lanvéoc-Poulmic, le jeune matelot, aujourd'hui âgé de 19 ans, pose son balluchon sur la Somme, un grand bâtiment chargé d'assurer le ravitaillement à la mer des unités de combat. Quand frégates et porte-avions viennent à une trentaine de mètres de la Somme, les manoeuvres sont impressionnantes. Sur le pont du BCR, les équipes s'activent pour mettre en oeuvre la machinerie permettant de faire passer, au dessus de l'eau, les manches (tuyaux, ndlr) de ravitaillement en combustible ou les palettes de vivres.

Je fais ce que j'aime, à l'air libre, au contact de la mer »

« Je fais ce que j'aime, c'est-à-dire d'être manoeuvrier et de naviguer. Je suis sur le pont tout le temps, à l'air libre, au contact de la mer. Et, quand je suis en passerelle, mon expérience à la pêche me sert pour la navigation ». Manifestement épanoui et heureux de faire ce travail, Didier Techer vit, également, comme une chance de pouvoir partir en mission, loin de la métropole. Après trois mois passés au large des côtes libanaises et en escale dans la région, notamment à Beyrouth, il a pu découvrir d'autres vies, d'autres contrées et, aussi, constater que l'image que l'on peut avoir d'un lieu est souvent différente de la réalité. Ainsi, en venant à Beyrouth, Didier s'attendait à trouver une ville en ruines. Mais c'est une cité en pleine reconstruction, humainement et culturellement extrêmement riche, qu'il a appris à connaître. « Ce fut une grande surprise car ce n'était pas du tout comme je l'imaginais. C'est ça aussi l'avantage de la marine. On voyage beaucoup, ce qui permet de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures et parfois, comme ici, de voir que l'image que l'on donne d'un pays n'est pas forcément celle que l'on a quand on y est. C'est vraiment très enrichissant et c'est pourquoi je suis heureux d'être là ».
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 (© MARINE - NATIONALE)
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