Croisières et Voyages
Ports français: les croisiéristes affluent, les défis avec

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Ports français: les croisiéristes affluent, les défis avec

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Vie Portuaire

L’industrie de la croisière connait un développement sans précédent. En 2018, plus de 28 millions de personnes ont choisi ce mode de vacances dans le monde. Ils n’étaient que 13 millions en 2004. Et puisque le taux de pénétration des croisières sur l’ensemble du marché des voyages organisés demeure très faible (moins de 2%), le  potentiel de croissance est encore très important. L’association internationale des compagnies de croisière (CLIA) prévoit ainsi que le cap des 40 millions de passagers sera atteint d’ici 2028. Ce qui reste au demeurant encore très peu face au nombre de touristes dans le monde, aujourd’hui estimé à 1.5 milliard de personnes (sur des voyages internationaux) et qui devrait lui aussi continuer de croître sensiblement.

Plus de bateaux, plus de clients

Cet essor est porté par des investissements colossaux conduits par les armateurs pour développer leurs flottes.  A ce jour, plus de 110 navires (pour une valeur de 67 milliards de dollars) doivent sortir des chantiers d’ici 2027, dont une trentaine avant la fin 2020. Cela va des petites unités d’expédition, en plein boom, jusqu’aux énormes paquebots capables d’accueillir plus de 6000 passagers. De quoi augmenter d’un tiers la flotte aujourd’hui en service, et la capacité, compte tenu de l’accroissement global de la taille des bateaux, de plus de 50%.

Cette industrie suit depuis ses débuts un paradigme qui, jusqu’ici, ne s’est jamais démenti : l’offre tire historiquement la demande. En clair, plus les armateurs mettent de bateaux sur un marché, plus il y a de clients. A l’inverse, s’ils en retirent, les chiffres baissent. C’est typiquement ce qui s’est passé pour la France qui, après avoir atteint 600.000 passagers nationaux en 2015, est retombée à moins de 504.000 en 2017 suite à la réduction des capacités offertes sur le marché hexagonal. La courbe est de la même manière repartie à la hausse en 2018 (520.000 passagers) et devrait poursuivre sa croissance cette année.

 

Le terminal croisière de Marseille 

Le terminal croisière de Marseille (© : EMMANUEL BONICI)

 

Marseille arrive aux 2 millions de passagers par an

Marseille demeure, de très loin, le principal pôle français en matière de croisières et c’est désormais l’un des plus importants d’Europe. Il bénéficie d’une situation géographique privilégiée et internationalement connue au cœur de la Provence, d’infrastructures portuaires permettant l’accueil des plus grands paquebots, d’un aéroport international et d’une gare TGV qui facilitent les pré et post acheminements. A cela s’ajoute un beau dynamisme des acteurs locaux pour soutenir et promouvoir cette activité. Alors que le gros de la saison des croisières touche à sa fin, Marseille devrait signer en 2019 un nouveau record avec plus de 1.85 million de croisiéristes (dont près de 450.000 en tête de ligne) pour un total de 525 escales sur l’année. Des chiffres à comparer à ceux de 2018 : 1.71 million de passagers dont 438.400 en tête de ligne et 505 escales. Le cap des 2 millions de passagers devrait être atteint et même dépassé en 2020, en particulier du fait du positionnement en tête de ligne à Marseille de deux nouveaux paquebots géants, le Costa Smeralda (jusqu’à 6518 passagers) et le MSC Grandiosa (6634 passagers max), qui vont y faire escale chaque semaine. Les retombées économiques locales sont, quant à elles, estimées à 350 millions d'euros, dont 60% pour le port et les services associés. 

 

Le MSC Seaview à Ajaccio 

Le MSC Seaview à Ajaccio (© : CCI AJACCIO CORSE DU SUD)

 

Cannes devient la seconde escale française

L’activité croisière en baie de Cannes a connu cette année une progression considérable, au point de devenir la seconde escale française derrière Marseille, en passant devant Ajaccio et Le Havre. Pour 2019, pas moins de 147 visites de paquebots ont été enregistrées, pour un total de 432.894 passagers, contre 146 escales et 356.756 passagers en 2018, le trafic oscillant les trois années précédentes entre ce niveau et une fourchette « basse » de 320.092 passagers et 139 escales (en 2017). Proportionnellement, le nombre de navires pointant leur étrave devant le rivage cannois est donc resté relativement stable. Mais le nombre de passagers entre 2018 et 2019 a connu un bond significatif, lié à la venue de paquebots plus gros et donc à plus forte

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