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Ports : Une gouvernance commune pour Brest et Roscoff

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Ports : Une gouvernance commune pour Brest et Roscoff

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« C’est un moment historique ». Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne, l’a dit et même répété. Le « ménage à trois » composé de la Région, la Métropole et la Chambre de commerce et d’industrie devient un « mariage à trois ». Il a été célébré sobrement, ce vendredi midi, non pas en mairie mais dans l’ancienne CCI, quai de la Douane.

Le mot est sans doute un peu fort et galvaudé mais l’opération va un peu plus loin qu’un simple toilettage de statut juridique. D’une part, la nouvelle entité, qui doit voir le jour dans les prochains mois sous la forme d’une société d’économie mixte, intégrera le port de Roscoff. La Région aura le plus de parts, devant la CCIMBO (Chambre de commerce et d’industrie de la métropole brestoise) puis Brest Métropole.

D’autre part, la structure permettra d’aller plus vite dans les démarches, dans la prise de décision sans doute au quotidien. Ensuite, la CCIMBO n’aura plus besoin de candidater régulièrement pour s’assurer la concession du port : elle l’aura de façon définitive.

Un patron du port sera embauché

Enfin, les interlocuteurs du port auront, dans quelques mois, une seule personne en face d’eux (un patron du port doit être embauché dans les mois à venir), comme cela se passe à l’étranger. Compliquer les choses, en France, semble donc ne pas constituer une fatalité. C’est ainsi que fonctionnent tous les grands ports.

Pourquoi celui de Brest, même plus modeste, ne s’en inspirerait-il pas ?

Les équipes continueront à travailler de concert, comme c’était le cas jusque-là, mais sous la responsabilité du futur patron. Les élus affirment vouloir gérer au mieux les deniers publics, sans se lancer dans une vague d’embauches mais en continuant à mettre du personnel à disposition.

François Cuillandre, président de la métropole, a estimé (appuyé d’un sourire approbateur de Franck Bellion, président de la CCIMBO) que si la Région n’avait pas repris la propriété du port, il y a plus de dix ans, l’État, à sa place, n’y aurait pas investi autant. Il faut rappeler qu’un nouveau polder est en cours de construction près d’Océanopolis. Un programme à 220 M€.

« Sur le polder, on ne peut pas se rater »

Si le chantier suit son cours normal, sa commercialisation prend plus de temps. « Nous ne mettons les terrains à disposition qu’une seule fois, on ne peut pas se rater », répond Loïg Chesnais-Girard. « Nous aurions pu vendre le port trois fois mais nous ne voulons pas nous lier les mains avec un acteur qui serait incontournable ici mais qui pourrait être contourné par une autre région. Nous sommes surtout soucieux de l’emploi et de la valeur ajoutée à l’économie locale ».

Les énergies marines renouvelables peinent encore à se faire une place mais, malgré le renoncement de Naval Group, la Région croit toujours en l’hydrolien. Et dans les autres nouveaux modes de production.


Un article de la rédaction du Télégramme

Port de Brest