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Pourquoi la DGA teste des maquettes du futur porte-avions ?
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Pourquoi la DGA teste des maquettes du futur porte-avions ?

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Si une première esquisse du porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) français été dévoilée fin 2020, son design n’est pas encore figé, notamment au niveau de son appareil propulsif. L’architecture de l’imposant bâtiment, qui mesurera 305 mètres de long et affichera un déplacement de 75.000 tonnes en charge, va s’affiner d’ici la fin 2022 dans le cadre des études d’avant-projet qui ont débuté en mars et suivent des travaux initiés en 2018. Il y aura ensuite la phase d’avant-projet détaillé jusqu’en 2025, année à partir de laquelle le PA-NG doit être commandé en vue d’une livraison en 2038 à la Marine nationale.

 

Le PA-NG (© : NAVAL GROUP - CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

Le PA-NG (© : NAVAL GROUP - CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE)

 

La maîtrise d’oeuvre de ce nouveau porte-avions nucléaire, qui sera construit à Saint-Nazaire, a été confiée à MO Porte-avions, société commune de Naval Group (65%) et des Chantiers de l’Atlantique (35%), ainsi qu’à TechnicAtome, sous la maîtrise d’ouvrage de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et du Commissariat à l’Energie atomique (CEA). Actuellement, les ingénieurs de la Direction Générale de l’Armement travaillent avec les industriels à affiner le design et déterminer les meilleures solutions en fonction des besoins opérationnels. Cela, au travers notamment des moyens d’essais de DGA Techniques Navales et DGA Techniques Hydrodynamiques.

 

Le site DGA TN de Val-de-Reuil (© : DGA)

Le site DGA TN de Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette de sous-marin en bassin de traction à Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette de sous-marin en bassin de traction à Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette en bassin de traction à Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette en bassin de traction à Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette de frégate FDI en bassin de houle à Val-de-Reuil (© : DGA)

Maquette de frégate FDI en bassin de houle à Val-de-Reuil (© : DGA)

Bassin de houle à Val-de-Reuil (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Bassin de houle à Val-de-Reuil (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

De Val-de-Reuil au lac de Castillon

Les travaux ont débuté chez DGA TH à Val-de-Reuil, dans le département de l’Eure, le site normand disposant de bassins d’essais des carènes, d’un tunnel hydrodynamique pour optimiser les hélices et un centre de simulation numérique. Ce dernier a permis de tester virtuellement des centaines de modèles avant de retenir les plus intéressants, qui font ensuite l’objet de tests réels grâce à des maquettes. Ce fut par exemple le cas pour les problématiques de résistance à l’avancement dans le gigantesque B600, bassin de traction de Val-de-Reuil, long de 600 mètres.

 

Maquette du PA-NG en bassin de traction (© : DGA)

Maquette du PA-NG en bassin de traction (© : DGA)

 

Une maquette a également achevé en avril une campagne sur le lac de Castillon, dans les Alpes de Haute-Provence, où DGA TN dispose d’un site d’essais servant au développement des futurs bâtiments de la Marine nationale, y compris les sous-marins. Grâce à des maquettes télé-opérées, les ingénieurs y évaluent les qualités nautiques des carènes mais aussi leur discrétion acoustique.

 

Maquette du PA-NG sur le lac de Castillon (© : MARINE NATIONALE - TERENCE WALLET)

Maquette du PA-NG sur le lac de Castillon (© : MARINE NATIONALE - TERENCE WALLET)

 

Tests de giration sur une maquette de 10 mètres

Dans le cas présent, il s’agissait de mesurer les capacités de giration du PA-NG. Un point crucial car un tel bâtiment doit être capable de manœuvrer très rapidement pour récupérer ses avions ou éviter une menace. L’enjeu est en particulier de réduire au maximum la gîte lorsqu’il vire de bord afin de maintenir le pont d’envol le plus droit possible par rapport à la mer. « Nous avons testé une maquette au 1/30ème, longue de 10 mètres et pesant 3 tonnes. Elle contient l’ensemble du système propulsif du bateau avec des hélices à l’identique, des gouvernes, une motorisation pour les faire fonctionner, deux quilles antiroulis et deux paires d’ailerons de stabilisation », explique à Mer et Marine Romain, chef du département Dynamiques à DGA TH. Dans la réalité, les ailerons stabilisateurs seront mobiles, ici ils sont fixes. En revanche, les safrans et lignes d’arbres sont actionnés par un pilote automatique ou en mode télé-opéré. « L’objectif de ces essais est de mesurer le diamètre de giration et la prise de gîte de la plateforme. Il s’agit de trouver un compromis entre la capacité à tourner suffisamment rapidement sans prendre une gîte trop importante ».

 

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