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Pourquoi les arrivées de migrants en provenance de Libye s’effondrent ?

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Pourquoi les arrivées de migrants en provenance de Libye s’effondrent ?

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Depuis l’été dernier, les arrivées en Italie de migrants partis des côtes libyennes connaissent une chute spectaculaire par rapport à la même période de 2016/2017.

Discrètement, mais sûrement, l’Union européenne, Italie en tête, a décidé de s’attaquer de manière musclée au problème, avec un plan d’action global et une exigence de résultat imposée aux autorités libyennes.

Une chute de 57 à 90% depuis juillet

Pour mémoire, la Méditerranée centrale est devenue depuis 2016 et les accords conclus entre l’UE et la Turquie la première route migratoire vers l’Europe, les flux passant par l’Est s’étant largement taris. 181.000 personnes ont ainsi rejoint l’Italie en 2016. Un chiffre passé à seulement 119.000 l’année dernière, avec une décrue très nette à partir de l’été 2017, alors que le premier semestre était pourtant orienté à la hausse. De juillet à décembre, la baisse des arrivées est en effet comprise, selon les mois, entre 57% et 90% selon les chiffres de l’agence Frontex. « Depuis huit mois, tout a changé sous l’impulsion de Rome », confie une source européenne bien placée.

 

 

La situation politique italienne comme déclencheur

En toile de fond donc l’Italie, un pays qui se trouve depuis des années en prise directe avec les flux migratoires compte tenu de sa proximité géographique avec l’Afrique du nord. Or, ce phénomène est de moins en moins bien accepté par la population, dont une partie croissante accuse le gouvernement italien et les autorités européennes d’inaction. Au point que cette question, qui fait évidemment l’objet de récupérations politiques, a pesé lourdement dans la campagne des élections générales qui se sont déroulées le 4 mars. Ce scrutin, à très haut risque et qui fut marqué par une forte poussée des populistes, laisse l’Italie dans une situation politique extrêmement compliquée. Faute de majorité parlementaire claire, le pays pourrait se retrouver difficilement gouvernable.

Ce scenario est particulièrement redouté par Bruxelles et des pays comme la France, l’Union européenne étant déjà malmenée par l’émergence de gouvernements autoritaires à l’Est et l’affaiblissement d’Angela Merkel en Allemagne, sans parler du Brexit. Or, voir un autre pays clé de l’UE fragilisé serait non seulement une menace pour la poursuite de la construction européenne, mais pourrait aussi avoir un