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Premier ravitaillement à la mer et grand départ pour l’Aquitaine

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Quatre mois d’absence pour un périple qui va la conduite de la Bretagne à la Provence, puis le long des côtes d’Afrique du nord, en Amérique latine, aux Caraïbes, aux Etats-Unis ou encore au Canada. L’Aquitaine, première des nouvelles frégates multi-missions (FREMM) de la Marine nationale, met aujourd’hui le cap au sud. Le bâtiment a, en fait, appareillé dès lundi de la base navale de Brest pour conduire des essais et exercices. Ainsi, hier, l’Aquitaine a réalisé son premier ravitaillement complet à la mer, en faisant le plein de carburant auprès du bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme. L’occasion pour la marine de prendre une belle série de photos, sur lesquelles on remarque un panache de fumée blanche s’échappant de la FREMM. Celui-ci provient des moteurs diesels du compartiment avant, dont les échappements sont intégrés à la coque, au dessus de la ligne de flottaison.

Les manœuvres impliquant l’Aquitaine et la Somme se sont déroulées au large du Cotentin, où se trouvaient également les frégates anti-sous-marines Georges Leygues et Latouche-Tréville, que les nouvelles FREMM vont justement remplacer. Les deux FASM étaient sur zone dans le cadre d’un entrainement mutuel, avec au programme tirs de canons, ravitaillement à la mer et autres exercices, notamment avec l’hélicoptère EC225 basé à Maupertus, près de Cherbourg. Côte à côte, l’Aquitaine et le Georges Leygues, mis en service en 1979, donnaient en tous cas une bonne image de l’évolution de l’architecture navale ces trente dernières années.

 

L'Aquitaine et la Somme (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

L'Aquitaine et la Somme (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

L'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

L'Aquitaine et la Somme (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

L'Aquitaine et la Somme (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

Le Georges Leygues et l'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

Le Georges Leygues et l'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - JONATHAN BELLENAND)

 

Le Georges Leygues et l'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - J. BELLENAND)

 

 

Première escale à Toulon la semaine prochaine

 

 

Après un bref passage prévu ce mercredi matin devant Brest, afin d’embarquer du personnel, l’Aquitaine va s’engager dans le golfe de Gascogne puis franchir le détroit de Gibraltar afin de gagner Toulon, où elle est attendue le 28 janvier. Réalisant à cette occasion sa première escale dans la base navale varoise, la frégate, dont l’admission au service actif est prévue en fin d’année, va conduire au large des côtes de Provence différents exercices, notamment des tirs de vérification au large de l’île du Levant. Cette première navigation dans la « Grande Bleue » sera, par ailleurs, l’occasion de tester son système de lutte anti-sous-marine (articulé autour d’un sonar d’étrave et d’un sonar remorqué) dans les eaux de la Méditerranée en cette période hivernale.

 

 

L'Aquitaine à son départ de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

L'Aquitaine à son départ de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

L'Aquitaine à son départ de Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

 

Tester le bâtiment dans la durée et sous différentes latitudes

 

 

Après environ une semaine passée dans le secteur de Toulon, l’Aquitaine débutera, comme on l’appelait autrefois, sa « traversée de longue durée » (on parle aujourd’hui de vérification des capacités militaires), au travers de laquelle le bâtiment va réaliser son premier déploiement de longue durée dans différentes régions du monde. Sauf contrordre ou impératif opérationnel, la frégate devrait passer au Maroc, au Brésil, en Colombie, à Cuba, aux Antilles, aux Etats-Unis, au Canada, à Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu’en Islande, avant de revenir à Brest au mois de mai. Ce périple servira à tester le bâtiment dans différentes conditions et mers, chaudes et froides, à mener des exercices avec des marines alliées. Ce sera aussi un premier grand test pour le concept d’équipage réduit puisque l’Aquitaine, grâce à une automatisation très poussée, ne compte que 96 hommes (108 avec le détachement de l’hélicoptère embarqué, un Caïman Marine), soit deux fois moins que les actuelles frégates. Un véritable challenge pour les marins, qui doivent totalement repenser leur façon de vivre et travailler à bord.

 

 

L'Aquitaine et un Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE - P. PERON)

 

 

Soutien à l’export de la FREMM et de ses déclinaisons

 

 

Cette « TLD » sera, enfin, l’occasion de présenter à différents pays la première FREMM française, nouveau fleuron de l’industrie navale tricolore. DCNS, qui a construit le bâtiment sur son site de Lorient, doit en réaliser 11 autres, soit 10 pour la Marine nationale et une pour le Maroc. Mais le groupe naval espère bien vendre d’autres frégates de ce type à l’export, la FREMM étant notamment proposée au Brésil et au Canada, dont les autorités pourront, lors des prochaines escales, découvrir ce bâtiment.

Particulièrement polyvalente, cette nouvelle frégate de 142 mètres et 6000 tonnes dispose, notamment, d’un radar multifonctions Herakles, d’un sonar remorqué Captas 4, ainsi que de puissants moyens de guerre électronique et de communication. L’Aquitaine est conçue pour mettre en œuvre 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, 16 missiles de croisière MdCN (Scalp Naval), 16 missiles surface-air Aster 15, des torpilles MU90, une tourelle de 76mm et deux canons télé-opérés de 20mm. Mais DCNS peut aussi décliner la plateforme dans différentes variantes, avec par exemple l’ajout de missiles surface-air VL Mica, des missiles Aster 30 en lieu et place des Scalp Naval, une tourelle de 127mm au lieu du 76mm, un canon de type CIWS sur le toit du hangar ou, encore, un double hangar pour deux hélicoptères et/ou des drones. DCNS et Thales ont, également, imaginé une variante dédiée à la défense aérienne, avec une mâture intégrée accueillant un radar à quatre faces planes Sea Fire 500.

 

 

FREMM avec radar Sea Fire 500 (© : DCNS)

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)