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Premier retour d'expérience pour le patrouilleur L'Adroit

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Premier retour d'expérience pour le patrouilleur L'Adroit

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Admis au service actif en mars dernier, le patrouilleur hauturier d'expérimentation (PHE) L'Adroit a achevé sa première longue mission en Méditerranée. Déployé durant deux mois, le bâtiment a été employé dans le domaine de la surveillance maritime, mais aussi de la police des pêches dans le cadre de la campagne Thon rouge. A cette occasion, l'équipage a pu mesurer les capacités du nouveau patrouilleur, construit sur fonds propres par DCNS et mis à disposition de la Marine nationale pour trois ans. Tout en continuant de faire monter en puissance le bâtiment et de mener différentes expérimentations, notamment dans le domaine des drones.

L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

La passerelle de L'Adroit (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
La passerelle de L'Adroit (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle avec la partie CO au premier plan (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
La passerelle avec la partie CO au premier plan (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Les machines de L'Adroit (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Les machines de L'Adroit (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Les machines de L'Adroit (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Les machines de L'Adroit (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Long de 87 mètres pour une largeur de 15 mètres, L'Adroit affiche un déplacement de 1500 tonnes en charge. Capable d'atteindre la vitesse de 21 noeuds grâce à deux moteurs ABC, et plus de 15 noeuds sur une seule ligne d'arbres, le PHE présente une autonomie importante, soit 8000 milles à allure économique. Capable de rester en opération durant trois semaines sans ravitaillement, ce bâtiment, très automatisé, compte 32 membres d'équipage, dont 6 officiers. « Le nombre d'officiers est important mais cela s'explique par le caractère expérimental de ce bâtiment. En dehors de l'équipage, nous pouvons accueillir 27 passagers. Lors des dernières missions, nous étions d'ailleurs 50 à 55 à bord et cela s'est bien passé », explique le capitaine de frégate Sacha Bailly, commandant de l'équipage B de L'Adroit.

Double équipage et effectifs réduits

Le PHE compte, en effet, deux équipages (A et B), qui se relaient à bord tous les quatre mois. Ce système n'est pas une nouveauté dans la Marine nationale puisqu'il est en vigueur sur le bâtiment hydro-océanographique Beautemps-Beaupré, livré en 2003 par les chantiers STX de Lorient. L'avantage de ce système est de profiter au mieux de la très forte disponibilité des navires construits aux normes civiles, comme c'est le cas du BHO et du PHE, ce dernier étant conçu pour naviguer 220 jours par an. Le double équipage permet, ainsi, de démultiplier les missions d'une même plateforme. Quant à la réduction de l'équipage lié au développement des automatismes, il s'agit évidemment d'une très bonne chose pour la marine d'un point de vue budgétaire, puisque cela réduit la masse salariale. Des espaces sont par ailleurs libérés, ce qui permet de conserver des réserves de masses pour l'évolution du bâtiment, par exemple l'ajout de matériels. Mais cela entraine aussi une nouvelle approche en termes de ressources humaines, notamment pour certaines fonctions, qui ne peuvent se passer des marins. Ainsi, au cas où le bâtiment resterait dans une situation de combat sur une longue durée, il faudrait armer en permanence les cinq postes du Central opération, alors qu'en période normale, un seul opérateur en suffisant. Il faut donc gérer autrement la fatigue et les relèves : « De manière générale, on se rend compte que l'on arrive très vite à une situation où les gens sont au poste de combat toute la journée, ce qui nous conduit à être en situation plus légère dans la soirée ».

Contrôle d'un thonier (© : MARINE NATIONALE)
Contrôle d'un thonier (© : MARINE NATIONALE)

Contrôle de cages à thons (© : MARINE NATIONALE)
Contrôle de cages à thons (© : MARINE NATIONALE)

Thon rouge : 22 contrôles effectués et 5 infractions relevées

Durant les premières missions effectuées, la modernité et l'espace offerts par le nouveau patrouilleur ont, semble-t-il, été très appréciés des marins. Grand et bénéficiant d'un système de stabilisation passif, le patrouilleur montre d'intéressantes qualités nautiques et les conditions de vie y sont apparemment bonnes. C'est dans ce cadre que L'Adroit a donc évolué en Méditerranée, notamment pour faire la police durant la campagne de pêche au thon rouge, une activité particulièrement règlementée puisque cette espèce est considérée comme menacée. Cette année, les contrôles ont été plus sévères encore. Réduction de la taille des flottes de pêche, extension de la période de fermeture de la pêche pour les senneurs à senne coulissante et renforcement des contrôles... L'Europe a adopté en mai dernier des règles internationales plus strictes pour éviter la capture illégale du thon rouge. Alors que de 1995 à 2002, la prise annuelle était de 50.000 tonnes, pour 2012, le quota a été ramené à 12.900 tonnes, dont seulement 937 tonnes pour les thoniers-senneurs français. « Le patrouilleur hauturier a effectué pas moins de 22 contrôles de navires de pêche, au cours desquels 5 infractions à la règlementation internationale ont été relevés. En coordination étroite avec les autres forces de contrôle des pêches, L'Adroit a contribué à faire respecter les quotas de pêche 2012 et la règlementation des pêches, qui a été récemment renforcée », souligne le commandant Bailly.

Le mât unique de L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)
Le mât unique de L'Adroit (© : MARINE NATIONALE)

Le système de lutte et les senseurs

Durant cette campagne, un certain nombre d'innovations dont dispose le PHE ont été mises en oeuvre pour la première fois dans un cadre d'opérations réelles. C'est le cas par exemple du système de mission Polaris, développé par DCNS : « Grâce à Polaris, l'équipage reçoit des informations précieuses et précises sur le trafic et l'environnement maritimes, lui permettant de détecter tous les bateaux de pêches », note le groupe naval. Polaris, qui est en fait une version allégée du système de combat SENIT 9 équipant les bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral, intègre et traite les informations recueillies par les différents senseurs installés sur L'Adroit, à commencer par les radars Scanter 4100 et Scanter 6000 de Terma, réunis en une

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