Défense
Premier tir sous-marin pour le missile de croisière Scalp Naval

Actualité

Premier tir sous-marin pour le missile de croisière Scalp Naval

Défense

Le programme français de Missile de Croisière Naval (MdCN) vient de franchir une étape importante avec le premier tir sous-marin d'un Scalp Naval. Le test, qualifié de succès par la Direction Générale de l'Armement (DGA), s'est déroulé le 8 juin au centre DGA Essais de Missiles de l'île du Levant, dans le Var. Le missile a été tiré depuis une plateforme immergée représentative d'un lancement à partir d'un sous-marin en plongée. « Tous les objectifs du tir ont été atteints. Il a notamment permis la validation des phases suivantes : l'éjection du missile, la sortie de l'eau, la séparation du conteneur sous-marin et le passage en vol de croisière », explique la DGA. Cette version à changement de milieu du Scalp Naval équipera les futurs sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda, dont la tête de série, le Suffren, actuellement en construction sur le site DCNS de Cherbourg, sera livrée en 2017. Une version à lancement vertical sera mise en oeuvre depuis les frégates multi-missions (FREMM).

Vue du Scalp Naval tiré d'une FREMM (© : MBDA)
Vue du Scalp Naval tiré d'une FREMM (© : MBDA)

Pour frégates et sous-marins

Le 28 mai 2010, le Scalp Naval avait réalisé avec succès son premier tir depuis le centre DGA Essais de missiles de Biscarosse. Développé par MBDA à partir du Scalp EG/Storm Shadow embarqué sur avions de combat (dont le Rafale), le Scalp Naval a été commandé en 2006 par la DGA. 200 exemplaires seront livrés pour équiper les frégates et sous-marins de la flotte française. 150 sont destinés aux neuf premières FREMM dont la première unité, l'Aquitaine, doit entrer en service en 2013 et recevoir ses missiles de croisière l'année suivante. Chaque bâtiment sera capable d'embarquer 16 munitions tirées depuis des lanceurs verticaux Sylver A50, conçus par DCNS. Les 50 autres missiles équiperont à partir de 2017 les six futurs SNA du type Barracuda. Dans cette configuration, dite à changement de milieu, les Scalp seront tirés en immersion, depuis un tube lance-torpille de 533 mm. Ils gagneront la surface dans une capsule étanche avant l'allumage du booster et le déploiement du missile, qui dispose, comme les autres versions, d'ailes rétractables.
D'un poids de 1.4 tonne, dont 500 kilos de charge militaire, le Scalp Naval peut voler à 800 km/h et atteindre une cible terrestre située à un millier de kilomètres. Autonome, le missile dispose d'une centrale inertielle. Durant la phase de vol, il se recale grâce à un radioaltimètre et un système de positionnement GPS, lui permettant de voler à très basse altitude. Furtif, le Scalp Naval se servira, en phase finale, d'un autodirecteur infrarouge pour reconnaître sa cible et la détruire.

La FREMM Aquitaine  (© : DCNS)
La FREMM Aquitaine (© : DCNS)

Vue du futur Barracuda  (© : DCNS)
Vue du futur Barracuda (© : DCNS)

Un nouvel outil aussi stratégique que politique

Pour mener à bien ce programme, MBDA a fait appel à des compétences très pointues dans des domaines très variés, allant du vol en basse altitude au positionnement, en passant par la furtivité, le turboréacteur, la performance de la charge militaire ou encore le tir sous la mer pour les SNA.
Premier missile de croisière de la Marine nationale, le Scalp Naval va offrir de nouvelles capacités d'action à la France. Conçu pour neutraliser des cibles durcies, cette arme est idéale pour toucher des sites stratégiques ou des infrastructures de commandement adverses. Outre les capacités militaires du missile de croisière, le bâtiment qui en est équipé devient également un véritable outil politique, du fait de son potentiel offensif en matière d'action vers la terre. Il permettra, ainsi, de renforcer la démarche diplomatique dans certaines régions. Si le missile de croisière naval ne saurait remplacer un porte-avions, qui présente une force de frappe et une allonge nettement plus importantes, il constituera un précieux complément. Déployé ostensiblement sur une frégate ou plus discrètement sur SNA, il offrira avec ces plateformes une capacité flexible, peu coûteuse et endurante.

Premier tir du Scalp Naval en 2010  (© : DGA ESSAIS DE MISSILES)
Premier tir du Scalp Naval en 2010 (© : DGA ESSAIS DE MISSILES)

MBDA