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Première sortie en mer pour la frégate Provence

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Première sortie en mer pour la frégate Provence

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Troisième frégate française du programme FREMM, la Provence a appareillé hier de Lorient pour sa première sortie en mer. Réalisé par DCNS, le bâtiment avait été mis à l’eau en septembre 2013. Cette première campagne au large des côtes bretonnes va essentiellement porter sur les performances de la propulsion et les systèmes de navigation. A bord se trouve l’équipage de conduite, constitué d’une soixantaine de marins, ainsi que les ingénieurs et techniciens de DCNS et de ses fournisseurs. « De jour comme de nuit, l’ensemble des personnels va enchaîner les différents essais en mer à un rythme soutenu. Durant les trois prochains jours sera ainsi menée la phase dite « d’appropriation » au cours de laquelle les équipes à bord procèderont à la vérification du bon fonctionnement de toutes les installations et dispositions de sécurité, telles que la lutte contre les sinistres (incendie et voie d’eau), l’évacuation du navire, la manœuvrabilité ou encore la tenue au mouillage », expliquait hier l’industriel, qui a livré en novembre 2012 l’Aquitaine, tête de série du programme FREMM. Elle sera prochainement rejointe, au sein de la Marine nationale, par son premier sistership, la Normandie, qui a enchainé les essais au cours de l’année. La Provence ralliera quant à elle la flotte en 2014. Alors qu’un bâtiment de ce type, le Mohammed VI, a par ailleurs été livré au Maroc en janvier dernier, DCNS poursuit la construction des prochaines FREMM françaises. Quatrième de la série tricolore, la Languedoc a été mise à flot en juillet, sa livraison étant prévue en 2015. Deux autres frégates sont en cours de construction, leur achèvement étant prévu d’ici 2019. Puis ce sera au tour des deux FREDA, des FREMM dotées de capacités renforcées en matière de défense aérienne.

 

La FREMM Provence (© DCNS)

La FREMM Provence (© DCNS)

 

Fin de programme en 2025 au plus tôt en cas de nouvelle coupe

 

Reste ensuite à savoir quel sera le sort des trois dernières FREMM, commandées en 2009 et dont la construction est sérieusement menacée par les restrictions budgétaires. La décision de réaliser ou non ces bâtiments devrait être prise en 2016. Si tel est le cas, la onzième et dernière frégate française devrait intégrer la Marine nationale vers 2025, soit trois ans après la date prévue avant l’étalement du programme, décidé dans le cadre de la nouvelle loi de programmation militaire. Pour compenser cette baisse d’activité, DCNS compte beaucoup sur le projet Foxtrot, au travers duquel la France espère vendre six FREMM à l’Arabie Saoudite. Ce contrat géant, s’il se concrétisait, permettrait de regarnir le plan de charge de Lorient, l’Etat évitant au passage de payer des pénalités à DCNS pour le ralentissement du programme national, voir sa nouvelle amputation (pour mémoire, 17 FREMM étaient prévues dans le programme notifié en 2005 et ramené à 11 unités en 2009).

 

Les FTI

 

Pour beaucoup, la construction des trois dernières FREMM semble en tous cas fortement compromise. D’ailleurs, industriels comme militaires pensent déjà à la suite et au prochain programme, dit des « frégates de taille intermédiaires ». Destinées normalement à succéder aux La Fayette au cours de la prochaine décennie, les FTI, dont la notification des études au cours de la LPM pourrait servir de compensation à la réduction du nombre de FREMM, présenteraient l’avantage de compléter la gamme de produits de DCNS avec une plateforme plus simple et potentiellement plus vendeuse pour des marines ne nécessitant pas de bâtiments de premier rang. Ce nouveau modèle pourrait, en outre, être l’occasion pour le groupe naval et la marine française de développer une frégate disposant enfin de radars à faces planes. 

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