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Préparatifs de déconstruction sur l’ex-Saône

L’ancien pétrolier-ravitailleur Saône, de la Marine nationale, fait depuis quelques jours l’objet de travaux préparatoires en vue de son démantèlement prochain à La Seyne-sur-Mer. Le long de la vielle coque, rongée par la rouille, on peut apercevoir le Castor 02, navire de soutien de la société Foselev Marine, qui a décroché avec Topp Decide le marché de démantèlement du « Q 622 ». L’opération actuellement en cours vise à préparer le pompage de l’eau contenue dans les cales afin d’alléger au maximum la coque avant son transfert sur un dock flottant, où elle sera déconstruite. Pour cela, une équipe travaille à bord afin de déterminer l’état des accès aux soutes et autres compartiments machines, pour les sécuriser dans la perspective des opérations de pompage. Au passage, une estimation est faite de la quantité de liquide contenue dans les fonds du bateau.

 

 

Le Castor 02 à couple de l'ex-Saône (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le Castor 02 à couple de l'ex-Saône (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Un chantier en différentes phases

 

 

C’est au printemps que le démantèlement de l’ex-Saône devrait débuter. Le dock flottant retenu à cet effet devrait arriver en mars/avril. On ne sait pas, pour le moment, quel équipement a été retenu, les industriels ayant étudié plusieurs options, dont un dock flottant de forte capacité présent à Amsterdam, et un autre moins grand mais plus récent localisé en Croatie.

Le chantier se déroulera au port de Brégaillon, à La Seyne-sur-Mer, où Foselev est implanté. Il sera très encadré et les autorités ne veulent pas le mener dans l’urgence. « Ce dossier est conduit sans précipitation. L’objectif est de le mener dans une approche de développement durable incluant protection de l’environnement et des personnes », souligne-t-on à la préfecture maritime de la Méditerranée.

 

 

La coque de l'ex-Saône après son retour à Toulon en 2009 (© MER ET MARINE)

 

 

Les opérations se dérouleront en plusieurs temps. D’abord, le Q 622 sera donc allégé, puis mis au sec sur le dock-flottant. La coque sera « encapsulée », c'est-à-dire mise sous cocon afin d’éviter toute pollution de l’air. Car le chantier débutera par une importante phase de désamiantage, durant laquelle tous les endroits accessibles contenant ce produit dangereux seront traités. L’ancien pétrolier-ravitailleur sera ensuite découpé en grosses sections, qui seront débarquées à terre. De là, ces tronçons seront démantelés alors que le travail de désamiantage sera achevé dans le détail. La ferraille, devenue « saine », sera revendue sur le marché international afin d’être recyclée dans des hauts fourneaux. Quant aux produits toxiques, ils rejoindront des filières de retraitement spécialisées.

 

Le pétrolier-ravitailleur Saône (© ALABORDACHE.FR)

 

 

La Saône, mais aussi la Dives et l’Argens

 

 

Notifié le 5 décembre 2012, le marché de déconstruction du Q622 comprend également le démantèlement de deux ex-bâtiments de débarquement de chars, les Argens (Q 641) et Dives (Q 645). Compte tenu de leur état de délabrement, ces trois coques étaient incapables de quitter Toulon. D’où la décision de les traiter sur place, sans pour autant créer une filière locale de démantèlement. Les autorités du port varois s’opposent en effet à l’implantation d’une telle activité, préférant conserver le site du Brégaillon pour de futurs développements des trafics de rouliers et ferries. En tout, la déconstruction des trois coques devrait prendre une année.

 

En mai 2009, l’ex-Saône, dont les superstructures ont disparu depuis longtemps, avait été remorquée à Toulon sous haute surveillance après avoir servi, depuis 1982, de brise-lame à l’île du Levant. Mis sur cale à Dunkerque en 1939 et achevé après guerre, ce pétrolier-ravitailleur, long de 160 mètres pour une largeur de 22 mètres, avait été désarmé en 1981.

Les ex-BDC Argens et Dives ont, quant à eux, été retirés du service en 1985 et 1986. Longs de 102 mètres pour une largeur de 15.5 mètres, ils avaient débuté leur carrière en 1960 et 1961. Compte tenu de la dégradation de leur coque, ils avaient été déplacés en août 2007 de Saint-Mandrier, où ils servaient de brise-lames à l'école de plongée, jusqu'à la base navale de Toulon.

 

 

L'ex-BDC Dives en 2007  (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

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