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Présidentielle : Quelles perspectives pour l'Outre-mer ?

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Présidentielle : Quelles perspectives pour l'Outre-mer ?

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Saint-Pierre et Miquelon, Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélémy, Guyane, la Réunion, Mayotte, Wallis et Futuna, îles Eparses, Terres australes et antarctiques, Polynésie, Nouvelle Calédonie, Clipperton... Les collectivités d'outre-mer donnent à la France le deuxième espace maritime mondial. Ces possessions assurent au pays une présence sur toutes les mers de la planète et des points d'appuis stratégiques primordiaux. Pêche, tourisme, transport maritime, recherche, défense, les activités maritimes sont bien entendu au coeur du développement des territoires français d'outre-mer. Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont été interrogé sur cette question par l'Institut Français de la Mer et le Cluster Maritime Français. Quelles perspectives de développement des activités maritimes de l'Outre-mer français voient les trois favoris des sondages dans la course à la présidentielle ?
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Ségolène Royal : Les situations sont contrastées et méritent une analyse fine, mais je suis convaincue que l'Outre-mer a un rôle majeur à jouer dans le développement des activités maritimes françaises, y compris en matière de recherche. Dès mon élection, je souhaite d'ailleurs que s'engage une véritable réflexion stratégique, avec les territoires concernés, sur les enjeux de développement de l'outre-mer français. La mer et les échanges internationaux doivent être au coeur de cette réflexion. C'est l'intérêt de l'Outre-mer, mais c'est aussi l'intérêt de la métropole. Je regrette que rien n'ait été engagé en ce sens jusqu'à présent.

Nicolas Sarkozy
: Il est dommage que l'Outre-mer français n'exploite pas mieux le formidable potentiel qui est le sien. Il a bien évidemment des handicaps, comme l'éloignement de la métropole ou l'étroitesse des marchés locaux. La politique commune de la pêche, qui s'applique dans les départements d'Outre-mer, y est parfois contreproductive. Il n'en a pas moins de vrais atouts.
Plusieurs axes me semblent fondamentaux.
Il faut d'abord, dans la formation, réfléchir à la possibilité d'implanter une première école nationale de la marine marchande ultramarine sur le modèle de celles du Havre et de Marseille. Située au coeur des départements français d'Amérique, elle formerait des officiers sur la base des normes internationales. Un développement de la formation des marins pêcheurs, y compris des capitaines de pêche, est également à promouvoir tant à la Réunion qu'en Guyane. Un lycée maritime et aquacole - ce serait le premier Outre-mer - pourrait également être créé.
Il faut ensuite développer la R&D dans des domaines tels que l'aquaculture ou la pêche. L'aquaculture tropicale, dont il faut saluer les succès en Nouvelle-Calédonie avec la crevette et en Polynésie française avec la perle grise, est à développer dans nos collectivités d'Outre-mer sur des espèces à haute valeur ajoutée. La recherche appliquée pour la pêche reste sous-développée Outre-mer alors que les ressources existent.
La mer tropicale est également une source majeure d'énergies renouvelables, malheureusement inexploitée aujourd'hui. Leur développement passe par une recherche appliquée pertinente sur l'éolien offshore, sur l'hydrolien et surtout sur l'énergie thermique des mers, actuellement ignorée.
Sur la pêche, la France doit mener une action vigoureuse auprès des autorités européennes pour que la spécificité de nos régions ultrapériphériques soit prise en compte et que certains règlements, qui s'appliquent aux mers européennes, ne soient pas transposés sans discernement à nos départements d'Outre-mer.
La promotion de la plaisance est à poursuivre : la location de plaisance est un facteur moteur du développement des destinations touristiques ultramarines. Elle attire des flux touristiques à haut pouvoir d'achat.
Enfin, nous devrons réfléchir aux moyens de promouvoir les ports ultramarins. Je constate que les ports de Mayotte, de la Réunion et de la Guadeloupe sont bien situés géographiquement pour participer au trafic de conteneurs. Il s'agit de les mettre en mesure d'accueillir de grands navires et de leur permettre d'être compétitifs pour le transit maritime du fret par conteneurs. Les ports d'Outre-mer ont également vocation à être des ports d'escale et terminaux pour la croisière : il faudra travailler dans ce sens, afin de lever leurs handicaps.

François Bayrou : Les pays, territoires et régions d'outre mer donnent à la France une dimension maritime exceptionnelle. Grâce à leurs zones économiques exclusives notre pays dispose du deuxième espace maritime au monde après celui des Etats-Unis. Ceci renforce la présence de la France sur l'ensemble de la planète mais cela lui donne aussi des responsabilités importantes, notamment en ce qui concerne la protection de la biodiversité marine. Les eaux françaises d'outre-mer recèlent, en effet, de véritables trésors faunistiques et floristiques.
Il paraît évident que leur dimension maritime constitue pour ces territoires un atout de première importance et offre de réelles perspectives de développement.
Les espaces maritimes sont sources de développement régional, notamment dans le domaine du tourisme et dans celui de la pêche.
L'Outre-mer devrait également bénéficier de la mise en oeuvre d'un véritable co-développement durable. Elles doivent pouvoir s'ouvrir plus encore vers leurs voisins proches et organiser avec eux les moyens d'un développement régional commun. Ce faisant, l'outre mer français confortera la place de notre pays sur tous les océans du monde.
Enfin je crois que les Régions d'outre mer sont sources de valeur ajoutée pour la communauté nationale tout entière en ce qui concerne sa relation avec la mer. La nécessité plus évidente qu'ailleurs de la protection des écosystèmes marins et littoraux contre les agressions des hommes ou contre les conséquences de catastrophes naturelles y favoriser le développement de la recherche et de l'innovation. Ceci permet, j'en suis convaincu, la valorisation de leur potentiel économique grâce, par exemple au développement des biotechnologies marines.
Mais je veux redire également que la solidarité nationale doit être sans cesse réaffirmée avec ces territoires éloignés. C'est pour cette raison que l'engagement de l'Etat ne doit pas être relâché. La lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte et en Guyane, le trafic de stupéfiants aux Antilles et la pêche illégale dans les eaux des terres australes et antarctiques françaises nécessite le maintien d'une capacité opérationnelle de surveillance et d'intervention.
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