Croisières et Voyages
Princess Cruises met à l’arrêt ses 18 paquebots pour deux mois

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Princess Cruises met à l’arrêt ses 18 paquebots pour deux mois

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Quelques heures après Viking Cruises, et avant d'autres opérateurs, la compagnie américaine Princess Cruises a annoncé hier qu’elle suspendait à son tour toutes ses croisières à travers le monde en raison du développement du coronavirus. Cela, pour une durée de 60 jours. Les 18 paquebots de Princess, qui accueille en temps normal 50.000 passagers quotidiennement, vont être mis à l’arrêt une fois les clients actuellement à bord débarqués, à priori d’ici le 17 mars selon les possibilités de débarquement. La compagnie prendra en charge les rapatriements (quand les débarquements n’ont pas lieu dans les ports prévus), procèdera à des remboursements et propose à ses clients de réserver gratuitement une nouvelle croisière ultérieurement, avec un certain nombre d’avantages à titre de dédommagement. Tous les départs jusqu’au 10 mai sont annulés, Princess ayant également, ce qui est important, annoncé que cela n’impacterait pas pour les croisières déjà vendues les commissions des agences de voyages, un réseau essentiel gravement atteint par la crise du covid-19 et que l’armateur souhaite ainsi soutenir.  

Filiale du groupe américain Carnival, Princess Cruises, l’une des plus importantes compagnies au monde, a été durement touchée depuis le début de l’épidémie. Il y a d’abord eu la dramatique quarantaine du Diamond Princess au Japon le mois dernier (plus de 600 passagers infectés et 6 décès), aggravée par la mauvaise gestion des autorités nippones qui en confinant tout le monde à bord ont facilité la propagation du coronavirus. Et puis il y a eu en fin de semaine dernière la découverte de cas sur le Grand Princess, dont les passagers ont été débarqués en Californie et pris en charge par les autorités sanitaires.

Compte tenu de l’évolution de la situation et malgré toutes les mesures de prévention sanitaire prises ces dernières semaines, la compagnie a estimé qu’il était préférable de cesser ses opérations en attendant que la crise se calme. Une décision sans précédent et lourde de conséquences, puisque désarmer toute la flotte pendant deux mois aura évidemment un coût très élevé. Mais il s’agit d’une décision de bon sens à un moment où la clientèle n’est plus rassurée et où il devient impossible de sécuriser des itinéraires compte tenu du développement de l’épidémie et des mesures de protection prises par de nombreux pays.

C’est ce qui avait déjà poussé la compagnie italienne Costa Croisières, autre filiale de Carnival, à annoncer dès mardi soir l’interruption de ses croisières en Méditerranée suite aux mesures de quarantaine imposées à toute l’Italie, un pays central pour les opérations dans cette région. Elle y exploite son navire amiral, le Costa Smeralda, cinq autres paquebots de sa flotte devant prochainement arriver en Méditerranée pour la saison estivale. Ces mesures courent pour le moment jusqu’au 3 avril, date fixée à l’heure actuelle pour la quarantaine générale de l’Italie.

Mais alors que les paquebots exploités en Asie sont à l’arrêt depuis plus d’un mois, on voit bien que le phénomène va inévitablement faire tache d’huile à l’échelle de la planète. Ainsi, dans la nuit de mercredi à jeudi, Viking Cruises, propriété de l’armateur norvégien Torstein Hagen, a été le premier opérateur du secteur à décider de suspendre l’ensemble de ses opérations à travers le monde. Ce qui implique pour lui la mise à l’arrêt de 70 navires de croisière fluviaux et 6 paquebots maritimes. Princess a pris les mêmes mesures et Virgin Voyages a également annoncé hier le report de la croisière inaugurale de son premier paquebot, le Scarlet Lady, au 15 juillet (l'inauguration devait initialement avoir lieu à New York le 7 mars et avait déjà été reportée quelques jours plus tôt). Dans la journée, Celestyal Cruises a également annoncé qu'elle suspendait ses croisières en Grèce jusqu'au 1er mai. Plusieurs compagnies fluviales ont par ailleurs décidé d'interrompre temporairement leurs opérations en Europe. A n’en pas douter, les autres armateurs devraient suivre, qu'ils le décident volontairement ou y soient contraints. 

Car, entre l’expansion de ce que l’OMS considère désormais comme une pandémie, la peur d’une partie de la clientèle (souvent âgée) qui se traduit par des annulations en cascade et des réservations en berne, la multiplication des refus des ports d’escales de voir les navires accoster à la moindre alerte de malades à bord (la plupart du temps de simples grippes) ou par simple peur de contamination, la pression des opinions publiques locales ou encore les difficultés de plus en plus grandes pour assurer les pré et post acheminements (les Etats-Unis ont par exemple fermé hier l’accès à leur territoire aux Européens, les Norvégiens imposant quant à eux des mesures de quarantaine à tous les étrangers entrant dans le pays), l'exploitation des navires devient ingérable. Dans ces conditions, il ne sert plus à grand-chose de s’acharner à vouloir maintenir des navires en activité. D'autant que maintenant d'autres pays majeurs pour la croisière que l'Italie annoncent la fermeture de leurs ports, à l'image de l'Espagne et de la Norvège. 

Certes, le désarmement de tout ou partie de la flotte pour quelques semaines va se solder par une facture colossale, mais d’un autre côté c’est un coût maîtrisable et la note sera sans doute moindre que si l’industrie persiste à exploiter des bateaux partiellement vides, à bord desquels se démultiplient les dédommagements voire les remboursements à cause de croisières perturbées. Pour certains experts du secteur, un arrêt temporaire généralisé pourrait être à même de rassurer les investisseurs, qui ont plus que tout horreur des risques et de l’inconnu. 

En attendant, dans le sillage du nouveau krach boursier qui s'est déroulé hier sur toutes les places financières mondiales, les titres des trois leaders de l'industrie de la croisière se sont de nouveau effondrés à la bourse de New York, avec une journée encore pire que celle de lundi : -31.24% par rapport à la veille pour Carnival Corporation, dont l’action est tombée à 14.97 dollars (contre 21.7 dollars après le premier krach de lundi) ; -31.76% pour Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL) avec un titre à 30.27 dollars (48.3 dollars à la clôture lundi), et – 35.62% pour Norwegian Cruise Line Holding (NCLH) qui est passé sous la barre des 10 dollars (9.65) après être tombé lundi à 19.8 dollars. Des niveaux à mettre en face des valeurs de ces trois groupes avant le début de la crise du coronavirus. Ainsi, le 17 janvier, le titre Carnival s’échangeait à 51.9 dollars, celui de RCCL à 135 dollars et NCLH à 59.65 dollars. Cela signifie qu'en moins de deux mois, Carnival a perdu 72% de sa valorisation boursière, RCCL 78% et NCLH 84%... 

 

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