Marine Marchande
Procès de l'Erika : Après la proposition de Total, plusieurs parties civiles envisagent de faire appel

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Procès de l'Erika : Après la proposition de Total, plusieurs parties civiles envisagent de faire appel

Marine Marchande

Le groupe pétrolier français a finalement décidé, vendredi, de faire appel de sa condamnation, qu'il estime « injustifiée », dans le procès du naufrage de l'Erika. Le 16 janvier, le tribunal avait condamné Total à une amende de 375.000 euros et à payer solidairement, avec l'armateur de l'Erika, son gestionnaire et la société de classification Rina, 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux parties civiles. « Il est reproché à Total d'avoir provoqué le naufrage en commettant une faute d'imprudence dans la sélection du navire, alors que Total a été trompé par des certificats qui ne correspondaient pas à la réalité de l'état gravement dégradé de la structure du navire. En tant qu'utilisateur de bateaux, Total n'a pas à se substituer aux sociétés de contrôle et de classification, à l'armateur et à l'État du pavillon ; ce n'est ni son rôle ni son métier », explique Total. De plus, selon le groupe, la décision de justice va à l'encontre de l'amélioration de la sécurité maritime : « Car en voulant obliger les utilisateurs à être des contrôleurs, elle risque d'entraîner la déresponsabilisation de ceux qui ont le savoir-faire, le devoir et le véritable pouvoir de contrôler les navires et en particulier leurs structures. A l'inverse du but recherché par le tribunal, cette confusion des responsabilités nuirait in fine à la sécurité des transports maritimes ».
Dans l'attente du résultat de cet appel, Total a décidé de « verser immédiatement et de manière irrévocable aux victimes de la pollution les indemnités fixées par le tribunal ». Le groupe rappelle que ces indemnités s'ajouteront aux 200 millions d'euros débloqués suite au naufrage du pétrolier maltais, en décembre 1999. Cette somme avait été affectée au nettoyage des côtes, notamment dans les lieux les plus difficiles d'accès, au pompage du fioul demeuré dans l'épave de l'Erika et au retraitement de l'ensemble des déchets collectés sur le littoral.
Dénonçant l'appel formé par Total et la proposition du groupe d'indemniser immédiatement les parties civiles en échange de leur retrait de la procédure, plusieurs colletctivités locales et associations ont annoncé qu'elles comptaient, elles aussi, faire appel. C'est le cas de la région Pays-de-la-Loire, de Greenpeace ou encore de la LPO. Cette dernière souhaite, dans le cadre d'un nouveau procès, réclamer une réévaluation à la hausse des dommages et intérêts liés au préjudice écologique.

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