Marine Marchande
Procès de l'Erika : A l'heure du jugement

Actualité

Procès de l'Erika : A l'heure du jugement

Marine Marchande

Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre, cet après-midi, son jugement dans le procès du naufrage de l'Erika. Le pétrolier maltais, rongé par la corrosion, avait sombré en décembre 1999 au large de la Bretagne, provoquant une vaste marée noire sur les côtes françaises. Le procès, ouvert le 12 février 2007, s'était achevé le 13 juin après quatre mois de débats, marqués notamment par les batailles d'experts. Six ans d'instruction, menée par le juge Dominique de Talancé, 100 000 pages de dossiers, toute l'histoire du navire et des différents acteurs ont été passés en revue.
Le président du tribunal, Jean-Baptiste Parlos, devra répondre à de multiples questions, à commencer par la responsabilité de l'armateur, Giuseppe Savarese, celle de l'affréteur, le groupe pétrolier Total, mais aussi le rôle de la société de classification italienne Rina.
Dans le même temps, les collectivités locales et les associations environnementales souhaitent, également, faire reconnaître par la justice la notion de préjudice écologique. Les chercheurs de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) l'ont évalué à 370 millions d'euros.

Sept condamnations et huit relaxes requises par le parquet

Sur les 15 personnes morales et physiques comparaissant dans ce procès au pénal, sept condamnations et huit relaxes ont été réclamées, le 4 juin, par les procureurs Marjorie Obadia et Laurent Michel. « Désinvolture », « imprudence », « rafistolage »... Avec une grande fermeté, le parquet a accusé tour à tour l'armateur, le gestionnaire, l'affréteur et la société de classification d'être responsables, chacun à leur niveau, du naufrage du tanker maltais. Pour le Rina, qui avait délivré le certificat de navigabilité de l'Erika, le parquet a requis une condamnation pour « pollution » et « mise en danger de la vie d'autrui », avec amende de 375.000 euros. L'armateur, Giuseppe Savarese, et son gestionnaire, Antonio Pollara, ont vu requérir à leur encontre une peine d'un an de prison avec possibilité de sursis, et une amende de 75.000 euros. Concernant le commandant de l'Erika, le parquet a réclamé une condamnation pour « pollution » et 10.000 euros d'amende. Le chef d'inculpation de mise en danger de la vie d'autrui n'a toutefois pas été requis contre Karun Mathur. Quant à Total, l'affréteur du navire, une condamnation pour « pollution maritime » ainsi qu'« imprudence et négligence » a été requise, tout comme 375.000 euros d'amende. La relaxe du groupe pétrolier et de ses filiales a néanmoins été demandée en ce qui concerne la « complicité de mise en danger de la vie d'autrui ». Total Transport pourrait, en outre, se voir condamner pour « pollution », avec 375.000 euros d'amende, alors qu'une autre condamnation pour « pollution », assortie d'une amende, a été requise contre Total Petroleum Services.

Accidents, pollutions