Construction Navale
Procès du Queen Mary 2 : Le verdict provoque la colère des victimes

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Procès du Queen Mary 2 : Le verdict provoque la colère des victimes

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Colère, indignation, écoeurement... A Saint-Nazaire, les parties civiles étaient sous le choc, hier, à l'énoncé du verdict dans le procès de l'effondrement de la passerelle du Queen Mary 2. La rupture de l'ouvrage, le 15 novembre 2003, avait précipité des dizaines de visiteurs au fond de la cale sèche accueillant le paquebot géant. L'accident fera 16 morts et 29 blessés. Quatre ans après les faits, les Chantiers de l'Atlantique, alors propriété du groupe Alstom, et Endel, constructeur de la passerelle, étaient poursuivis en tant que personnes morales pour « homicides et blessures involontaires ». Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire les a condamnés, chacun, à 150.000 euros d'amende auxquels s'ajoutent 11 amendes de 2500 euros pour les blessures ayant entrainé plus de trois mois d'incapacité temporaire et totale de travail. Faute de pouvoir, semble-t-il établir clairement une responsabilité, le tribunal a retenu un « défaut d'organisation dans la chaîne des contrôles » pour le constructeur du navire et estimé, concernant son sous-traitant, que la passerelle n'avait pas été « construite dans les règles de l'art ». Pour mémoire, le 27 octobre dernier, le parquet avait réclamé la peine maximale, soit en tout 307.000 euros d'amendes à l'encontre de chacun des deux prévenus. Le procureur avait, dans le même temps, requis 3 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre quatre salariés des chantiers et quatre autres d'Endel, comparaissant pour les mêmes motifs d'inculpation que leurs employeurs. Alors que les familles des victimes réclamaient des peines de prison ferme, les huit prévenus ont finalement été relaxés. A la sortie du palais de justice, les proches des disparus n'ont pas caché leur colère ni leur incompréhension.
En plus des peines d'amendes, Chantiers de l'Atlantique, dont Alstom est toujours légalement responsable, et Endel, filiale du groupe Suez, ont été condamnés à verser 9.5 millions d'euros de dommages et intérêts.

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