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Projet de LPM : Un moindre mal

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Projet de LPM : Un moindre mal

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Certes, les marins, comme leurs collègues aviateurs et terriens, auraient préféré éviter une nouvelle compression de leur format, tout comme une énième réduction d’effectifs. Evidemment, certains problèmes ne sont pas solutionnés et des trous capacitaires sont à prévoir, alors que des composantes risquent de fonctionner à flux tendu et qu’il va falloir réduire la voilure pour les opérations extérieures. Malgré tout, le projet de loi de programmation militaire adopté le 2 août en Conseil des ministres se révèle, dans le contexte actuel, tout à fait acceptable pour la Marine nationale. Comme d’ailleurs pour les autres armées qui, à l’image de la flotte, conservent leurs grandes capacités et le maintien de l’essentiel des programmes devant assurer la modernisation des équipements. On observe ceci dit un certain nombre de décalages dans les commandes et d’étalement de livraisons, ainsi que de réelles coupes quantitatives dans le matériel. Moyennant quoi, au regard de la situation économique du pays et de l’impérieuse nécessité de réduire la dette publique, ce dénouement est presque inespéré pour les militaires. Ceux-ci ont réellement évité le pire, c'est-à-dire l'abandon pur et simple de certaines grandes capacités et l'annulation de programmes majeurs. Cela, grâce à un ministre proche du secteur et qui a su défendre son budget auprès du président de la République, tout en bénéficiant probablement de l’arrivée opportune de Bernard Cazeneuve (ancien député-maire de Cherbourg) au ministère de Budget.

 

 

Jean-Yves Le Drian lors de la présentation du projet, le 2 août (© : MINDEF)

Jean-Yves Le Drian lors de la présentation du projet, le 2 août (© : MINDEF)

 

 

Un projet qui doit maintenant être acté par le parlement

 

 

Le projet de LPM va, cet automne, être examiné par le parlement, députés et sénateurs pouvant modifier le texte avant son vote, que le gouvernement espère avant la fin de l’année. Le document présenté par Jean-Yves Le Drian le 2 août reste donc un projet, qui  doit être pris comme tel,  avec une relative prudence. A priori, l’Assemblée nationale et le Sénat devraient entériner l’essentiel des propositions. Mais des surprises ne sont pas à exclure, d’autant que certains parlementaires n’ont guère apprécié les annonces du ministre qui, avant même que le projet de LPM soit débattu par la représentation nationale, a fait plusieurs déclarations présentées sous forme de décisions gravées dans le marbre. Un procédé peu conforme aux institutions de la Vème République, qui donnent au seul parlement le pouvoir de légiférer.  Par conséquent, au sein notamment des Commissions en charge de ce dossier à l’Assemblée et au Sénat, on compte bien prendre le temps qu’il faut pour examiner sérieusement le projet de loi et, si besoin, proposer des amendements pour le faire évoluer. Avec au passage la ferme intention de rappeler au gouvernement que le parlement n’est pas une « caisse enregistreuse ».

 

 

La FREMM Aquitaine (© : MICHEL FLOCH)

La FREMM Aquitaine (© : MICHEL FLOCH)

 

 

190 milliards pour les 6 prochaines années

 

 

Le projet de LPM prévoit pour la Défense un budget global de 190 milliards d’euros (en euros courant) entre 2014 et 2019, avec un maintien des dépenses au niveau actuel (31.4 milliards d’euros) pour les années 2014 et 2015, puis une légère augmentation ensuite. Avec, en moyenne, plus de 17 milliards consacrés annuellement aux équipements. Sur l’ensemble de la période, 6.1 milliards d’euros doivent provenir de « ressources exceptionnelles » constituées de cessions d’emprises immobilières, de crédits provenant du programme des Investissements d’avenir, de la vente aux enchères de fréquences radio, comme des redevances versées par des opérateurs privés pour les fréquences déjà cédées. Pourront s’y ajouter d’éventuelles cessions de participations dans les entreprises du secteur de la Défense dont l’Etat est actionnaire.  Si ces fameuses recettes exceptionnelles ne furent pas totalement au rendez-vous dans la précédente LPM, où elles étaient déjà présentes, Jean-Yves Le Drian assure que, cette fois-ci, ce sera le cas.

 

 

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

(© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Réduction d’effectifs

 

 

Concernant les effectifs, une nouvelle décrue est programmée afin de soutenir le redressement des comptes publics. En plus des 54.000 suppressions de postes déjà entérinées dans la précédente loi de programmation, le projet de LPM prévoit une réduction

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