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Propulsion nucléaire : Paris dément formellement tout accord avec le Brésil

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Propulsion nucléaire : Paris dément formellement tout accord avec le Brésil

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Il y a quelques jours, la presse brésilienne se faisait l'écho d'un accord entre Paris et Brasilia en vue de permettre au Brésil « l'acquisition progressive des technologies nécessaires à la construction d'un sous-marin nucléaire ». La question aurait, selon les médias locaux, été évoquée le 19 juin dernier au cours d'une rencontre entre Hervé Morin et son homologue Waldir Pires. « Aucun accord n'existe sur ce qui pourrait être une coopération ou une aide en matière de propulsion nucléaire. C'est hors de question », affirme-t-on au cabinet du ministre français de la Défense. L'Hôtel de Brienne dément donc « formellement » un possible transfert de technologie sur la propulsion nucléaire. Très sensible, cette technologie n'a jamais été exportée par les Occidentaux. Seul un projet de vente de sous-marins nucléaires d'attaque du type Rubis au Canada avait été envisagé dans les années 80, avant de finalement avorter.

Si la France ne souhaite pas vendre ses secrets de fabrication au Brésil, elle est en revanche très intéressée pour exporter vers ce pays des sous-marins classiques. Dans cette optique, DCNS est en compétition, avec son Scorpène, contre l'U214 allemand et l'Amur russe. Or, le Brésil, qui souhaite maîtriser la propulsion nucléaire, aurait tenté à plusieurs reprises de faire pression sur les compétiteurs disposant de cette technologie pour obtenir leur aide en échange de l'achat de sous-marins conventionnels.
La marine brésilienne souhaite disposer de son premier SNA à l'horizon 2020. Le navire, baptisé Riachuelo, devrait présenter un déplacement de 2700 tonnes en plongée pour une vitesse de 25 noeuds, soit des caractéristiques voisines des Rubis français. En juillet, le président Lula a annoncé que l'usine d'enrichissement d'uranium et de production de combustible nucléaire, construite à Ipero en 1988, allait bénéficier de 400 millions d'euros d'investissements dans les 8 prochaines années. Le réacteur du futur bâtiment est, quant à lui, étudié à l'Institut de recherches de Sao Paulo mais les ingénieurs brésiliens semblent rencontrer un certain nombre de difficultés techniques inhérentes à la complexité du projet.