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PROSUPER : La marine brésilienne très convoitée par les industriels

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PROSUPER : La marine brésilienne très convoitée par les industriels

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Confrontés aux restrictions des budgets alloués à la défense, les grands industriels du secteur naval n'ont, actuellement, que très peu d'opportunités de signer des contrats majeurs, notamment à l'export. Avec son projet PROSUPER de renouvellement de sa flotte de surface, le Brésil est l'un des rares pays où des programmes d'envergure sont à l'étude. Il n'est donc pas étonnant que la concurrence soit très vive entre industriels. Au travers de PROSUPER, la marine brésilienne souhaite construire 11 nouveaux bâtiments pour une valeur de plus de 3 milliards d'euros. Le projet porte sur 5 frégates d'environ 6000 tonnes, 5 patrouilleurs hauturiers de 1800 tonnes et un bâtiment de ravitaillement. La France, qui a emporté en 2009 le contrat PROSUB portant sur le renouvellement des sous-marins brésiliens (4 Scorpène vendus), se positionne évidemment. DCNS, qui a créé avec le Brésilien Odebrecht une société commune pour la réalisation des sous-marins, d'un chantier et d'une base navale, propose ses derniers produits : La frégate européenne multi-missions (FREMM), les Offshore Patrol Vessels (OPV) de la famille Gowind et son nouveau concept de bâtiment logistique, baptisé Brave.

FREMM française Aquitaine  (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
FREMM française Aquitaine (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Frégate espagnole du type F100  (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Frégate espagnole du type F100 (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Six pays en lice


Mais les Français ne sont pas les seuls en lice, loin s'en faut. En tout, au moins 5 autres pays seraient sur les rangs (Allemagne, Corée du sud, Espagne, Grande-Bretagne et Italie) pour décrocher le contrat. Ces derniers mois, les Italiens, qui proposent notamment leur version de la FREMM, se sont montrés très actifs au Brésil. Les Espagnols, également, sont récemment montés au créneau. Chose assez inhabituelle, Navantia a même, très officiellement, communiqué sur son offre à l'occasion du salon LAAD 2011, qui s'est tenu du 12 au 15 avril à Rio de Janeiro. Le groupe espagnol met en avant ses frégates lance-missiles du type F100, vendues aux marines espagnole et australienne, les OPV réalisés pour le Venezuela et le ravitailleur de combat Cantabria, entré en service en 2010 au sein de l'Armada.

Le HMS Cornwall va quitter la Royal Navy  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Cornwall va quitter la Royal Navy (© : ROYAL NAVY)

Les Britanniques en embuscade

Si les Allemands et les Coréens semblent plus discrets, les Britanniques sont, eux aussi, sortis du bois. Londres, qui souhaite nouer un partenariat stratégique avec le Brésil, s'est orienté vers une voie originale. Si la vente de matériel neuf reste en ligne de mire à long terme, la Grande-Bretagne propose au Brésil, dans un premier temps, d'acquérir des bâtiments d'occasion. Face aux difficultés budgétaires, qui n'épargnent pas les militaires brésiliens, cette solution présente l'avantage de différer les investissements les plus lourds. Ainsi, peuvent être rapidement transférées les quatre frégates du type 22 batch III, en cours de désarmement au sein de la Royal Navy. Ces bâtiments, qui disposent encore d'un bon potentiel puisqu'ils ont été livrés entre 1988 et 1990, sont une version améliorée des trois ex-frégates britanniques du type 22 batch I, déjà transférées à la marine brésilienne entre 1995 et 1997. En matière de patrouilleurs, BAE Systems essaiera peut être, dans le même temps, de placer les trois patrouilleurs de 2000 tonnes réalisés pour Trinidad et Tobago mais auxquels ce pays a finalement renoncé l'an dernier. Il y a sans doute là, pour la marine brésilienne, une bonne opération à faire, à la fois financièrement et aussi en termes de calendrier (les OPV sont déjà construits).

Vue du futur HMS Queen Elizabeth  (© : ROYAL NAVY)
Vue du futur HMS Queen Elizabeth (© : ROYAL NAVY)

Porte-avions à l'horizon ?

Sur le plus long terme, en dehors de frégates de nouvelle génération, un éventuel partenariat stratégique anglo-brésilien pourrait aussi déboucher sur une offre en matière de porte-avions. La marine brésilienne, qui souhaite remplacer à la fin de la décennie le Sao Paulo (ex-Foch français), pourrait bien être intéressée par le futur HMS Queen Elizabeth, le premier des deux nouveaux porte-avions britanniques, qui ne doit pas être conservé par la Royal Navy après la mise en service de son quasi-sistership, le HMS Prince of Wales (vers 2020). Moyennant la mise en place de catapultes et de brins d'arrêt (ce qui sera fait pour le Prince of Wales), le HMS Queen Elizabeth, pour le moment prévu pour être doté d'un tremplin dans le cadre de la mise en oeuvre d'avions à décollage court et appontage vertical, pourrait tout à fait convenir à la marine brésilienne.
En matière de porte-avions, on notera que seuls les Français semblent également en mesure de proposer une offre aux Brésiliens. DCNS, qui attend toujours qu'une décision soit prise concernant la construction, ou non, du second porte-avions de la Marine nationale, a travaillé sur un nouveau design de bâtiment, qui pourrait lui-aussi convenir au Brésil. Une coopération franco-brésilienne serait, d'ailleurs, une excellente manière de relancer le projet dans l'Hexagone...

Vue du nouveau « PA2 » de DCNS  (© : MER ET MARINE)
Vue du nouveau « PA2 » de DCNS (© : MER ET MARINE)

Marine brésilienne