Défense
Q 790 : L'épopée pathétique...

Reportage

Q 790 : L'épopée pathétique...

Défense

L'attribution du démantèlement de l'ex-porte-avions à Able UK marque la fin d'une épopée médiatique et juridique assez surréaliste. Retiré du service en 1997, le Clemenceau ne sera pas, comme son sistership le Foch, vendu au Brésil, qui s'était pourtant montré un temps intéressé pour l'utiliser comme stock de pièces détachées. Comme tout navire désarmé, le porte-avions est cédé par la marine aux Domaines, service du ministère des Finances en charge de la gestion du patrimoine de l'Etat. En juin 2003, le vieux bâtiment est vendu à Gijonesa de Desguaces. Cette société espagnole souhaite assurer le désamiantage de la coque à Gijon. Les infrastructures portuaires se révèlent néanmoins trop petites pour accueillir le porte-avions. Malgré tout, la coque Q 790 quitte Toulon le 13 octobre 2003. Contrairement à ce qu'on imagine à l'époque, le convoi ne fait pas route vers l'Espagne, mais vers la Turquie. Greenpeace affirme d'ailleurs que les autorités françaises en étaient parfaitement conscientes. Repéré au large de la Sicile, il est rattrapé par la frégate Guépratte. La Turquie annonçant son refus d'accueillir le Clemenceau, le bateau reste en attente, alors que l'Etat rompt le contrat avec Gijonesa le 20 octobre. Un nouvel accord est signé, cette fois avec la société Ship Decommissioning Indutries (SDI). Cette dernière évoque le 24 octobre un chantier en Grèce pour assurer le démantèlement. Le convoi reprend sa route mais, après une escale à Tarente, le Clemenceau se voit refuser l'accès aux eaux territoriales grecques, alors qu'il approche de Syracuse. C'est le retour à la case départ. En novembre, le Q 790 revient à Toulon et l'Etat subit un premier camouflet.

 Le Clemenceau a servi de 1961 à 1997 dans la marine (© : MARINE NATIONALE)
Le Clemenceau a servi de 1961 à 1997 dans la marine (© : MARINE NATIONALE)

Amiante : La guerre des chiffres


Sous la pression des organisations environnementales, l'Etat et son prestataire s'orientent alors vers un désamiantage partiel avant d'expédier la coque en Asie. SDI confie le marché à Technopure, qui devra retirer les matériaux amiantés sur les parties accessibles du navire. La dépollution ne concernera en revanche pas les parties structurelles de la coque, qui doit pouvoir supporter un long voyage. Une bataille se livre alors entre les associations et le ministère de la Défense pour savoir quelle quantité exacte d'amiante restera à bord. L'Hôtel de Brienne n'évoque que quelques dizaines de tonnes, l'Andeva, Ban Asbest

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