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Qualification du Rafale F3-R

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Le nouveau standard de l’avion de combat français a été qualifié le 31 octobre par la Direction Générale de l’Armement. « Le standard F3-R est une évolution du standard F3 du Rafale, dont il renforce encore l’exceptionnelle polyvalence. Il s’inscrit dans la démarche d’amélioration continue de l’avion selon les exigences des opérationnels et leurs retours d’expérience », souligne Dassault Aviation, qui a mené à bien le développement de ce nouveau standard dans le cadre d'un programme lancé en 2013.

Le Rafale F-3R peut mettre en œuvre le nouveau missile européen de supériorité aérienne Meteor, couplé au radar à balayage électronique et antenne active RBE2 AESA de Thales, monté de série sur l’avion depuis mi-2013. Le nouveau standard intègre également le pod de désignation laser Talios, développé par Thales. Principalement utilisé pour la mise en oeuvre des frappes air-sol, de jour comme de nuit, cet équipement améliore encore la grande précision dont le Rafale fait preuve depuis ses premiers engagements. Parmi les nouveaux armements mis en œuvre, on trouve également, en dehors du Meteor, la version à guidage terminal laser de l’Armement Air Sol Modulaire (AASM), de Safran. Cette famille de bombes à guidage principal GPS et propulseur additionnel permet au Rafale de détruire des objectifs à plusieurs dizaines de kilomètres de distance, avec une précision métrique. La version à guidage terminal laser est particulièrement adaptée aux cibles mobiles, terrestres mais aussi maritimes.

Le standard F3-R comprend par ailleurs des mises à jour pour les capteurs du Rafale et pour les systèmes assurant son interopérabilité au sein de forces interarmées et internationales.

« La démarche d’amélioration continue du Rafale a maintenant pour nouvel horizon le standard F4, dont les études de levée de risques sont en cours et dont le développement doit être lancé prochainement. Ce futur standard améliorera notamment la connectivité du Rafale et sa capacité à opérer en réseaux », précise Dassault.

La mise en service du F4 est aujourd’hui prévue en 2025. Ce futur standard devra répondre à la problématique du développement des concepts de déni d’accès. Il permettra d’accroître les opérations en réseau grâce à une connectivité accrue et d’accélérer le cycle de décision et d’engagement. Les capacités offensives comme défensives de l’avion face aux nouvelles menaces seront améliorées. Le F4 comprendra une évolution de la motorisation ainsi que de capteurs et armements, dont le nouveau missile air-air Mica NG

Seul avion de combat européen totalement polyvalent, le Rafale a, ces dernières années, démontré toute l’étendue de ses capacités lors des opérations militaires en Libye en 2011, au Mali en 2012, en Centrafrique en 2013 et depuis 2014 contre le groupe terroriste Daech en Irak et en Syrie. Déployé depuis des bases terrestres et le porte-avions Charles de Gaulle, l’appareil, doté de la nacelle de désignation d’objectifs Damocles (Thales), a mis en œuvre, avec succès, une grande variété d’armements, notamment des bombes à guidage laser, l’AASM Hammer (Safran) et le missile de croisière Scalp EG (MBDA). Alors que le système de guerre électronique Spectra (Thales) a été éprouvé face aux stations radars et moyens antiaériens adverses, le Rafale a utilisé son pod de reconnaissance Areos (Thales) pour réaliser des prises de vue à très haute résolution en moyenne altitude, ainsi qu’à basse altitude et haute vitesse. Offrant une capacité de renseignement stratégique, ce système, auquel va donc succéder le Talios, permet le transfert d’images directement, via la liaison de données tactiques (L16) entre l’avion et sa base, ou vers le porte-avions, avec ou sans relais. En dehors des opérations extérieures, le Rafale s’est également qualifié pour la mise en œuvre du missile antinavire Exocet AM39 et du missile nucléaire ASMPA.

Le Rafale est, pour mémoire, doté de 14 points d’emport et compte un canon de 30mm. Il peut emporter 1.5 fois son poids en armements et carburant. En plus des missions de combat et de reconnaissance, il peut servir sans sa fonction « nounou » au ravitaillement en vol d’autres appareils.

Entré en service en 2001 dans la Marine nationale (alors dans un standard initial F1 retrofité ensuite) et en 2006 dans l’armée de l’Air, le Rafale a remplacé 7 types d’avions dans les forces françaises, dont les Crusader, Etendard IVP et Super Etendard Modernisés de l’aéronautique navale.

Sur les 180 Rafale commandés à ce jour par la France, 151 ont été livrés, dont 46 à la Marine nationale. Celle-ci compte actuellement 42 Rafale Marine en parc suite à la perte accidentelle de quatre avions (M18, M22, M24 et M25) entre 2009 et 2012. Alors que le M1 continuera de servir de banc d’essais en vol et ne sera pas rénové comme les 9 autres ex-F1, un dernier Rafale Marine reste en commande et doit être livré à partir de 2020. Les Rafale Marine sont mis en œuvre par les flottilles 11F, 12F et 17F, le Charles de Gaulle étant prévu pour embarquer en général 24 avions de ce type. En cas de besoin, son groupe aérien embarqué peut cependant être porté à 36 Rafale.

Outre les forces françaises, le Rafale a également été vendu à l’export. Trois pays ont pour le moment décidé de s’en équiper, l’Egypte (24 avions), le Qatar (36) et l’Inde (36). Une vingtaine de ces appareils ont déjà été livrés.

 

Dassault Aviation Marine nationale