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Marine Marchande

Actualité

Quand les « pontons » transportaient le nickel

Marine Marchande

La société des Hauts Fourneaux de Nouméa a été créé par André Ballande en 1909 et l’usine métallurgique de la pointe de Doniambo a été inaugurée en 1910.  Depuis, le transport maritime du minerai de nickel entre les centres miniers de l’intérieur de l’île et l’usine n’a jamais cessé.

De 1910 à 1937, le transport du minerai de nickel s’effectuait par des navires à vapeur qui remorquaient des « pontons » chargés de minerai.  Sur mine, le chargement du minerai se faisait à la pelle dans des wagons qui étaient ensuite acheminés jusqu’au bord de mer ou de  rivière puis, le minerai était déversé dans des chalands. Ces derniers étaient alors remorqués par une chaloupe à moteur jusqu’aux « Ponton », d’anciens voiliers démâtés, transportant le minerai de nickel en étant remorqués.

«  Ces vieux voiliers qui ont toute une histoire sont de beaux bateaux. La société Ballande les achetaient et coupaient les Bas-mats pour transporter le minerai à bord. Ils ne pouvaient pas marcher sous voile ni sous moteur, ils étaient tractés par des remorqueurs à vapeur », explique le passionné d’histoire, Alain Le Breüs. A bord, l’équipage était composé d’un capitaine, d’un second et d’un équipage de 15 à 20 matelots Tonkinois, javanais et indigènes.  De 1929 à 1935, le trafic maritime des Pontons s’intensifia entre les centres miniers et l’usine pour disparaître, en 1937.

A partir de 1934, les navires à vapeur vont remplacer progressivement les pontons qui seront remorqués les uns après les autres, au fil des ans, pour être échoués à l’Anse Uaré à Nouméa. « C’est l’histoire de nos cimetières marins qui racontent un pan de l’histoire maritime de la Nouvelle-Calédonie » conclut Alain Le Breüs, membre de l’association Fortunes de mer et du musée maritime qui a pour ambition de faire revivre le riche passé maritime de l’archipel.

Le France II

Le plus grand Cap-Hornier sorti du chantier de la Gironde, le France II, a navigué pour la SLN de 1913 à 1922. Il chargeait le minerai de nickel et en Nouvelle-Calédonie pour l’amener en Europe. Ce Cap-Hornier a marqué l’histoire de la SLN. Navire mixte à voile et à moteur, le France II a été construit tout en acier spécialement pour le transport du nickel calédonien, il faisait 145 mètres de long et était gréé en cinq-mâts barques. En 1919, il fut décidé d’enlever les moteurs Schneider de 99 chevaux qui retardaient la marche à la voile. L’absence de moteur le mena à sa perte, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1922, il s’échoua sur le récif de Ouano.

N.D-D

Nouvelle-Calédonie