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A quand un drone de combat embarqué en Europe ?

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A quand un drone de combat embarqué en Europe ?

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Les premières manœuvres d’un UCAS (Umanned Combat Air System) sur un porte-avions américain ouvrent la voie au développement de futurs drones de combat embarqués. Une évolution désormais considérée comme naturelle pour les marines disposant d’une force aéronavale. Pour l’heure, seuls les Etats-Unis se sont lancés dans cette technologie, le programme X-47B, porté industriellement par Northrop Grumman, constituant un indéniable succès.  Même si l’aviation embarquée pilotée a encore de belles années devant elle et n’est pas prête de tirer sa révérence au profit d’engins contrôlés à distance, les militaires savent très bien que les systèmes de drones ne peuvent que se développer à l’avenir. En Europe, la question se pose de plus en plus sérieusement, notamment dans le cadre des réflexions et travaux initiés autour de la succession des actuels avions de combat, comme le Rafale, qui interviendra vers 2030/2040.

 

 

 

Le X-47B américain (© : US NAVY)

Le X-47B américain (© : US NAVY)

 

Le X-47B américain (© : US NAVY)

Le X-47B américain (© : US NAVY)

 

 

Le Neuron, premier UCAS européen

 

 

Bien moins avancés que les Etats-Unis dans ce domaine, les Européens rattrapent actuellement une partie de leur retard en matière d’UCAS. Piloté par la Direction Générale de l’Armement, le programme de démonstrateur Neuron, conçu et réalisé par un consortium international emmené par Dassault Aviation, a vu s’envoler fin 2012 le premier UCAS européen. Mais ce projet est pour le moment purement expérimental et ne répond pas à un besoin opérationnel. Son objectif est, uniquement, d’entretenir et développer les capacités européennes sur des systèmes complexes, comme le pilotage à distance, une furtivité très poussée et la mise en œuvre d’armements par un drone. Il vise, aussi, à construire une coopération intelligente entre pays, le choix des industriels impliqués dépendant de leurs compétences et non de considérations politiques. En cela, le travail mené autour du Neuron par Dassault et ses partenaires Alenia Aermacchi (Italie), Saab (Suède), EADS/CASA (Espagne), HAI (Grèce) et RUAG (Suisse) est présenté comme très concluant. Alors que le Neuron en est aujourd’hui à une phase d’étude de sa furtivité et volera de nouveau pour aboutir au tir d’une bombe en Italie, le premier UCAS européen n’est pas conçu pour embarquer sur un porte-avions. On ne le verra donc jamais sur le Charles de Gaulle, même pour une campagne d’essais.

 

 

Le Neuron (© : DASSAULT AVIATION)

Le Neuron (© : DASSAULT AVIATION)

 

 

La nouvelle coopération franco-britannique

 

 

La navalisation d’un drone de combat pourrait, en revanche, naître d’une nouvelle coopération franco-britannique initiée suite aux accords de Lancaster House, en 2010, et confirmée en 2012 par le gouvernement français. A ce titre, Dassault Aviation et BAE Systems ont été chargés d’oeuvrer ensemble pour développer un UCAS répondant aux besoins des forces armées. L’engin bénéficiera du retour d’expérience du Neuron, mais aussi des travaux effectués par BAE Systems sur son propre design de drone de combat, le Taranis, qui n’a toujours pas volé. Cette coopération franco-britannique doit déboucher sur un nouveau démonstrateur ayant cette fois une vocation opérationnelle. Alors que les échanges entre industriels ont débuté, notamment pour déterminer les compétences apportées par les uns et les autres, les militaires doivent, dans les prochains mois, exprimer un besoin opérationnel qui déterminera les capacités, et donc les caractéristiques, du futur drone. Dans ce cadre, il ne serait pas étonnant que la possibilité de navaliser le démonstrateur soit demandée. Les Français pourraient, ainsi, le tester sur le Charles de Gaulle. Pour le moment, rien n’est décidé, mais il serait étonnant que Paris se prive d’une telle opportunité. Comme ce fut le cas pour le Rafale, la France pourrait en effet profiter d’un même programme pour développer une plateforme commune aux forces aériennes et aéronavales.

 

 

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Apte au tremplin, aux catapultes et aux brins d'arrêt

 

 

Pour le Royaume-Uni, il y a également un intérêt, même si les contraintes ne sont pas les mêmes. Ainsi, la Marine nationale dispose d’un porte-avions à catapultes et brins d’arrêt, ce qui implique un drone du type du X-47B américain, doté d’une structure et d’un train avant renforcés, ainsi que d’une crosse d’appontage. Les Britanniques, en revanche, font construire de nouveaux porte-avions appelés à mettre en œuvre le F-35B, un appareil à décollage court et appontage vertical. Reste que techniquement, les deux concepts de mise en œuvre ne sont pas rédhibitoires. En effet, un drone pouvant être catapulté est aussi en mesure de décoller au moyen d’un tremplin. Les porte-avions britanniques devraient en revanche, pour accueillir un UCAS, être dotés d’une piste oblique avec brins d’arrêt. Ce ne sera pas le cas au moment de leur mise en service mais cette option a été intégrée lors des études et le design des futurs HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales leur permet, en cas de besoin, d’embarquer les équipements nécessaires à la récupération d’appareils dotés d’une crosse d’appontage.

En termes de calendrier, le programme d’UCAS franco-britannique pourrait être lancé en 2014, avec pour objectif de faire voler le démonstrateur vers la fin de la décennie ou au début des années 2020. Les financements inhérents à seront normalement inscrits dans la nouvelle loi de programmation militaire qui couvrira la période 2014-2019.

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