Croisières et Voyages
Queen Mary 2 : En route vers la Légende...

Reportage

Queen Mary 2 : En route vers la Légende...

Article gratuit
Croisières et Voyages

Bientôt six ans après son achèvement par les chantiers de Saint-Nazaire, nous vous emmenons à bord du plus grand liner jamais construit. Chaque année, le Queen Mary 2 renoue avec la légende en traversant l'Atlantique nord. De Southampton à New York, les passagers ont l'occasion de vivre une expérience unique, replongeant chacun dans l'histoire de ces millions d'immigrants qui quittaient l'Europe pour gagner le nouveau monde. Fleuron de la compagnie britannique Cunard, le Queen Mary 2 est évidemment bien plus moderne que ses illustres aïeux et les passagers, aujourd'hui, traversent pour le plaisir et non pour changer de vie. Reste que, des dizaines d'années après l'âge d'or des transats, une telle traversée sur le dernier né d'une prestigieuse lignée marque, profondément.
C'est ce que nous raconte François Defontaine dans ce carnet de voyage, écrit pour Mer et Marine à bord du « QM2 », entre l'Angleterre et les Etats-Unis...







Premier jour : Southampton

Comme tout à chacun, qui depuis des années, projette de traverser l'Atlantique dans ce qu'il estime « la seule vraie façon de voyager », le moment du départ pour rejoindre le port de Southampton, et ce navire déjà mythique que l'on appelle Queen Mary 2, on est terriblement impatient.

Le QM2 quittant Saint-Nazaire, le 23 décembre 2003
Le QM2 quittant Saint-Nazaire, le 23 décembre 2003

Construit à Saint-Nazaire en 2003, la légende de l'Atlantique fait déjà vibrer les coeurs des six passagers que nous sommes. Cunard fait bien les choses, à l'arrivée de l'avion Air France, les hôtesses de la compagnie vous accueillent avec le sourire, en vous orientant vers un petit salon, en attendant de réunir tous les autres passagers... Une poignée de minutes plus tard, direction le grand car de tourisme en route pour Southampton. En vous posant à Heathrow, il faut compter environ 1h25 de transfert pour enfin découvrir sa Majesté, amarrée dans le port de Southampton... Berceau des paquebots Cunard, depuis la création de la compagnie au milieu du XIXe siècle, cette ville transpire encore les départs des plus illustres navires transatlantiques d'antan, de la Cunard à La White Star, tout en passant par la French Line. Ainsi, tous les grands paquebots du XX ème siècle touchaient Southampton avant de rallier New York. La différence, c'est qu'en 2009, le but n'est pas de rejoindre New York en peu de temps, il est juste de profiter pleinement d'une traversée à bord du plus célèbre navire en service actuellement.




Mais avant de le découvrir, il faut tout de même s'arrêter sur cet étrange hangar qui fait office de gare Maritime (pour encore quelques semaines avons nous appris par la suite)... Pour les premiers « Cunarders » (les passagers empruntant les navires de la compagnie Cunard) qu'au moins la majorité d'entre nous sommes !, j'admets que la surprise est totale en découvrant que le plus prestigieux navire du monde embarque ses passagers dans un simple hangar aménagé... Lorsqu'on voit les nouvelles infrastructures des autres compagnies du groupe Carnival (dont Cunard fait partie aujourd'hui), je pense notamment au Palacrociere de Savone pour Costa, ou à l'embarquement des navires Carnival de Miami, la surprise est immense. Passé l'étonnement, nous abandonnons nos bagages, que nous avions préalablement étiqueté grâce aux étiquettes autocollantes fournies dans le carnet de voyage par la compagnie, et procédons à l'enregistrement pour pouvoir, enfin, réaliser un rêve d'enfant. La file d'attente est en S, incroyablement longue, pour rejoindre les comptoirs mis à dispositions, mais finalement, tout se fait assez vite. Nous nous retrouvons devant le comptoir d'Anne, hôtesse anglaise de grande expérience, qui nous met ainsi dans le bain de ce que seront nos compagnons de traversée. Car il faut bien avouer que si la moyenne d'âge des croisiéristes est d'une quarantaine d'années sur les autres compagnies, le mythe, lui, attire essentiellement des passagers habitués et passionnés de croisières. Le Queen Mary 2 est un navire dont la moyenne d'âge dépasse les 60 ans allègrement. C'est aussi un choix pour les passagers de naviguer sur un navire dont le calme et la volupté feront de cette traversée, une croisière unique et magique !

Photo souvenir sur l'ancien Queen Mary
Photo souvenir sur l'ancien Queen Mary

Anne, s'occupe parfaitement de nous, dans un Anglais très « british », elle nous explique tout : Quel ascenseur nous devrons prendre pour nous rendre à notre cabine, si nous avons bien rempli tous les formulaires d'entrées aux USA (le fameux ESTA, dont tout le monde parle et que personne n'utilise d'après elle)... Elle nous prend même en photo... « Pourquoi ?! », me demande un ami novice en croisière. Et bien pour que l'équipage du navire sache que le passager « propriétaire » de la « Cunard's card » (le Saint Graal offrant l'accès au navire, officiant également comme clef de cabine, sans compter que s'est avec elle que chaque paiement se fera à bord) est bien celui qui apparaîtra sur l'écran lorsqu'en pénétrant dans le paquebot, notre carte sera bipée. Nous laissons la charmante Anne pour procéder à l'embarquement... En nous désinfectant les mains. Grippe A oblige, la compagnie Cunard a mis en place un système très en vogue aux USA, la désinfection des mains par gel alcoolisé ! Nous passons les détecteurs de métaux, comme à l'aéroport, puis recevons la lettre d'accès à bord. L'embarquement se fait à l'appel des lettres. Nous héritons de la lettre « L ». Je demande à l'hôtesse à quel numéro l'embarquement en est, et nous apprenons par retour que nous en sommes à « K ». Notre découverte du plus majestueux navire du monde se fera dans très peu de temps...

Maquette du QM2 dans la gare maritime
Maquette du QM2 dans la gare maritime

A nous la découverte de la salle d'embarquement, toujours peu accueillante, bien qu'elle soit ornée de sublimes affiches anciennes de Cunard Line et White Star Line, la plus visible étant celle du sublime Normandie qui, après Le Havre son port d'attache, faisait escale à Southampton avant de partir à la découverte du nouveau monde. Sans compter que deux superbes maquettes habillent majestueusement le hall d'embarquement, celle du QM2, mais également celle du jeune retraité le non moins fameux Queen Elizabeth 2, aujourd'hui en passe de devenir hôtel flottant à Dubaï (ouverture prévue courant 2010 si la crise ne persiste pas trop!). La visite des lieux tourne court, car la lettre « L » est appelée !! A nous le Queen Mary 2...

Embarquement
Embarquement

Pour être sincère, il y a encore une étape avant : La photo de la bouée de sauvetage. En effet, les croisiéristes sauront se souvenir qu'avant chaque embarquement, la tradition veut que l'on se fasse photographier prêt de la bouée du navire, souhaitant ainsi un « WELCOME ABOARD QUEEN MARY 2 »... La chose étant faite, nous pouvons embarquer. La coupée paraît immense, tellement elle nous sépare encore de notre rêve, puis nous donnons notre « cunard's card », le fameux pass permettant l'accès à bord. Notre visage resplendit, nous voici à bord pour 6 jours de mer direction New York.

Le Grand Lobby
Le Grand Lobby

Le Grand Lobby
Le Grand Lobby

Le Grand Lobby
Le Grand Lobby

Le Grand Lobby
Le Grand Lobby

Nous arrivons dans le « Grand Lobby » au niveau du pont numéro 3, à notre gauche le superbe « Veuve Clicquot Champagne's bar », à droite E.STERN, le grand joaillier brésilien, suivie de Chopart et Hermès. Nous voilà informés, le Queen Mary accueille, à son bord, les plus prestigieuses enseignes du monde. Nous contemplons « notre » navire, regardons le hall depuis le petit balcon qui domine le pont 2, découvrons qu'au-dessous se trouve la réception, le bureau des excursions. Bref, nous sommes éblouis, les vacances commencent LA ! Maintenant direction la cabine. Pour la rejoindre, les grooms, tout de rouge vêtus, comme à la grande époque des transatlantiques, nous guident vers l'ascenseur.

Les grooms au garde à vous
Les grooms au garde à vous

Un peu bornés et un peu impatients, nous choisissons de prendre l'ascenseur panoramique. Il ne s'arrête qu'au pont 7 ? Et alors, bien suffisant pour nous permettre de découvrir un premier jet du navire dans la balade, le plan indiquait que les espaces communs intérieurs se situaient aux ponts 2-3-7, et bien nous découvrirons cela pendant la traversée, il nous faut d'abord déposer nos sacs dans notre cabine... Le Queen Mary 2 compte plus de 1200 cabines de diverses catégories. Cela va de la petite cabine intérieure à la cabine avec hublot ou balcon, en passant par la mini-suite, la suite et de véritables appartements, en duplex, de plus de 200 m² !

Cabine intérieure
Cabine intérieure

Cabine extérieure avec hublot
Cabine extérieure avec hublot

Mini-suite
Mini-suite

Suite Queen Anne
Suite Queen Anne

Suite Holyrood
Suite Holyrood

Suite Balmoral
Suite Balmoral

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour la cabine avec balcon ! Oui, c'est un choix en croisière. La cabine balcon, offre tellement de plaisirs qu'il est pour beaucoup impensable, même pour une Transatlantique, de se retrouver dans une cabine intérieure... C'est la qu'apparaît notre première déception ! Car à la surprise de l'ensemble des croisiéristes qui connaissent d'autres compagnies du groupe américain, les cabines du Queen Mary sont très élégamment décorées, c'est peu de le dire, mais, par contre, elles ne sont pas très spacieuses, et les salles de bains ridiculement petites... Nombre sont ceux qui disent : « Nous passons peu de temps dans la cabine », mais je me porte en faux dans cet argument un peu à l'emporte pièce ! En intérieure ou extérieure fenêtre, je le concède, mais lorsqu'on a le plaisir de naviguer avec un balcon, la détente, le repos et le silence se font aussi depuis votre cabine. La sérénité règne et c'est un bonheur que d'y passer du temps, pour une transat, ou pour une croisière.

Le Carvery est l'un des quatre buffets du Kings Court
Le Carvery est l'un des quatre buffets du Kings Court

Il est 13 heures ! Levés depuis l'aube, le ventre réclame son dû, il est temps de se rendre au pont 7, au Kings Courts Restaurant, pour découvrir les 4 buffets qu'ils proposent : Le Cavery (Gastronomie internationale), le Lotus (Gastronomie Asiatique), le Chef's Galley (sandwich à base de viandes réalisé par le chef devant vous) et la Piazza (Gastronomie à l'italienne).
Notre choix : Le Lotus. Excellente première approche avant de partir à la découverte du géant. Nous arpentons le paquebot par le pont numéro 7, mais nous le développerons pendant la traversée. Pour l'heure, retour en cabine, afin de mieux appréhender la fin de journée. Tout d'abord, Cunard offre à ces « guests » - on ne parle jamais de passagers, mais d'invités sur un paquebot - une petite bouteille de vin à la méthode champenoise, ce qui n'est pas pour déplaire, puis l'oeil se pose automatiquement sur le lit, où se trouve en Anglais et en Français le Daily Programme : La bible ! Ce journal de bord, qui sera déposé chaque soir en cabine pour les activités du lendemain, doit être absolument lu pour se tenir au courant de toute la vie du bord. Nous apprenons d'ailleurs, dans celui-ci, qu'une fête de départ aura lieu au moment de l'appareillage du navire, à l'arrière du navire, au pont 8. Et bien nous en serons ! Avec le programme se trouve également le plan du restaurant et le numéro de notre table pour le second service. Grande idée que de mettre le plan du restaurant, cela évite bien des minutes perdues avant de trouver sa table, comme cela se voit malheureusement ailleurs. En supplément, nous trouvons également un petit livret sur toutes les informations importantes de la vie à bord du QM2, ce guide de quelques pages étant très utile pour les novices nous sommes. Et, pour finir, Corinne, notre hôtesse francophone, a traduit en Français le message de bienvenue du Commodore Bernard Warner (Commandant principal de la flotte Cunard, et Pacha du Queen Mary 2), mais également les consignes de sécurité, car ce paquebot est monolingue, et seules des annonces en anglais sont diffusées le long de la journée.

Cabine extérieure avec balcon
Cabine extérieure avec balcon

Aussitôt avons nous terminé la première lecture que nous apprenons deux informations relatives à la transat. Tout d'abord, nous changerons d'heure chaque soir (ou presque), facile pour récupérer les 6 heures de décalages que nous avons entre la France et New York (plutôt 5 heures en fait, entre Southampton et New York). D'autant que dans ce sens, précisément, le décalage se fera excellemment bien, nous reculerons chaque soir nos montres d'une heure, nous permettant ainsi de profiter de nos soirées, et du navire une heure de plus chaque jour (contre une heure de moins dans le sens NYC/Europe). Seconde information extrêmement importante, Corinne propose une réunion d'information à 16 heures pour les hôtes français du navire, afin d'expliquer le déroulement de la croisière et de nous faire participer tous ensemble à l'exercice de sauvetage qui doit avoir lieu juste avant le départ du navire.

Avant l'appareillage
Avant l'appareillage

Avant l'appareillage
Avant l'appareillage

L'exercice terminé, nous nous retrouvons sous le soleil de Southampton, Pont 8, prêt de la piscine des adultes et des jacuzzis, non loin du fameux restaurant Todd English. Comme tout Cunarder qui se respecte, nous décidons d'appareiller coupe de champagne à la main. La compagnie propose du Veuve Clicquot et du Lanson. Notre choix se porte sur le second, et sitôt le bouchon sauté, le navire largue les amarres, sirènes hurlantes, si caractéristique ! En effet, le QM2 possède 7 sirènes, dont deux sur la cheminée et la particularité de celles-ci, c'est que la corne de brume tribord était précédemment installée sur la cheminée numéro 1 du premier Queen Mary. Elle fut acheminée à Saint-Nazaire lors de la construction du navire par un livreur de luxe, Queen Elizabeth 2, via Southampton bien sûr ! La seconde est une reproduction identique mais, malgré cela, le son qui sort de tribord est beaucoup plus sourd que celui de bâbord.

L'appareillage
L'appareillage

Le QM2 quitte Southampton
Le QM2 quitte Southampton

Le QM2 quitte Southampton
Le QM2 quitte Southampton

Appareillage en musique donc, puis descente du fleuve jusqu'à l'île de Wight et la Manche, avant quelques jours plus tard de pénétrer dans l'Atlantique Nord... Un seul mot : Magique. J'ajouterai même féerique, puisque Queen Mary 2 oblige, il est toujours accompagné d'une flottille de petites embarcations venant à sa rencontre. La Reine et sa cour... Le départ engagé, les ponts du navire se vident peu à peu... Les passagers choisissant de découvrir le navire, ou alors de prendre possession de leurs cabines... C'est notre choix, avec une lecture sur le transat du balcon... Quel compagnon de lecture pour un tel voyage ? Je recommanderai « Paquebot de Hervé Hamon ». Quoi de mieux qu'une Histoire Maritime pour se mettre dans le bain...

Le Chart Room
Le Chart Room

Les premières pages dévorées, l'heure de l'apéritif sonne à bord. Ayant choisi le second service de restauration lors de notre réservation, nous serons attablés vers 20h30. Avant cela, nous souhaitons découvrir les cartes du sublime Chart Room, inspiré des grands liners des années 30. L'atmosphère du Queen Mary et du Normandie flotte dans l'air de ce salon, accompagné d'un Martini dry, et de Champagne, la croisière s'annonce bien, la mer est calme, les passagers sont heureux. Il est maintenant l'heure de répondre à l'invitation d'Alistaire Greener, notre Directeur de Croisière (il est en charge de toute l'animation et des activités proposés à bord du navire), qui nous propose un premier spectacle cabaret de belle facture, avant de conclure par une présentation de ses équipes...

Le Royal Court Theatre
Le Royal Court Theatre

La Queen's Room
La Queen's Room

L'Empire Casino
L'Empire Casino

Le restaurant Brittania
Le restaurant Brittania

Notre envie de découvrir la table du Queen Mary 2 est forte, à la sortie du théâtre, nous descendons d'un niveau pour rejoindre le pont 2 et son grand restaurant Le Brittania. En effet, sur le Queen Mary 2, les passagers en cabines intérieures, extérieures, balcons et balcons de luxe sont invités à se restaurer au Brittania, quand les passagers des Mini-Suite sont eux invités à rejoindre le Princess Grill et les passagers des appartements sont, eux, au Queens Grill. C'est la seule et unique différence que les passagers peuvent percevoir, le Queen Mary 2 étant « mono-classe ». Qu'on se le dise, il ne fait aucune autre distinction que la partie restauration entre les différentes catégories de cabines.

Le Brittania
Le Brittania

Queens Grill
Queens Grill

Princess Grill
Princess Grill

Au restaurant, les passagers français se trouvent souvent placés à des tables où nous accueillent de très sympathiques serveurs mauriciens. Ceux-ci sont très appréciés des passagers francophones, car ils sont très souvent familiers de la langue de Molière. Nous n'en perdrons pas une miette, la gentillesse des explications fait que nous donnerons toute confiance à nos garçons de table pour nous restaurer chaque soir. A noter que les menus sont également traduits en français. Le premier dîner est très agréable. La qualité de la gastronomie n'a rien de très exceptionnelle comme nous pourrions nous y attendre, mais c'est bon et très joliment présenté. Après dîner, tels les passagers les moins vaillants du paquebot, nous avons décidé d'aller nous coucher. En effet, le décalage horaire nous offre une heure de sommeil supplémentaire, et étant tous partis de très bonne heure le matin même, nous pensons qu'un petit tour sur le pont promenade sera amplement suffisant avant de regagner notre cabine pour la nuit...

Entre Southampton et New York
Entre Southampton et New York

Jour 2 : Entre L'Europe et le Nouveau Monde

Le réveil, le matin, se fait en douceur, à... 6 heures... Chic, encore 3 heures de sommeil avant le rendez-vous fixé la veille avec nos amis... Alors, on y retourne... Puis quelques heures plus tard... DEBOUT ! La Cunard, comme beaucoup de compagnie de croisière à travers le monde, offre 3 possibilités différentes de « petit-déjeuner ». La plus simple et la plus traditionnelle consiste à commander en cabine, mais c'est un petit déjeuner continental. Comme sur un paquebot, rien n'est « usuel », il faut donc partir à la découverte du buffet, un havre de gourmandises s'offrant à vous. Des pans cakes au sirop d'érable, en passant par les gaufres, les croissants, le bacon, les montagnes de fruits et les 1001 possibilités de se restaurer, font qu'on oublie très vite le « continental breakfast » qu'on pourrait déguster dans son lit. Ultime possibilité, le restaurant Brittania, que découvrirons plus tard. Après, ce moment d'éveil, les chemins se séparent afin de découvrir et de s'approprier SON programme de Transat. Pour certains cela sera une sieste, pour d'autres 2 heures de sport, et pour moi, un bon livre apporté dans les bagages autour d'un expresso au « Commodore Bar » au pont 9 du navire, tout à l'avant.

Le Commodore Bar
Le Commodore Bar

Le Commodore Bar
Le Commodore Bar

Ce salon offrant un panorama sublime sur l'océan, et pour qui aime l'Océan, c'est probablement la plus belle vue que le Queen Mary 2 offre sur la navigation, dans un cadre élégant et sobre, et d'un calme olympien... Quelques pages plus tard, midi sonne. Comment le saurais-je puisque je n'ai pas de montre (un phénomène partagé par beaucoup de passagers en transatlantique) ? Tout simplement parce qu'à midi moins 2, le Directeur de Croisière annonce au micro que les sirènes du navire vont annoncer le passage vers l'après-midi... Ainsi, à midi pile, les 7 cornes de brume du paquebot retentissent, de la proue vers la proue, en passant par les deux sirènes de cheminée, un moment émouvant pour l'ensemble des passagers. Puis le Commodore Bernard Warner, éminent « Amiral Civil » de la flotte Cunard, prend la parole et nous donne les premières informations, qui ne sont pas fameuses. En effet, outre la navigation et le vent dominant aux abords du grand navire rouge et noir, le Commodore nous annonce que depuis quelques minutes, le paquebot tourne en rond, car nous sommes en attente de l'arrivée d'un hélicoptère. Nous apprendrons plus tard qu'une passagère, victime d'une crise d'appendicite, a été évacuée. Le navire a donc repris sa route, quelques heures plus tard, sans se mettre en retard par rapport à son programme initial, assure le Commordore Warner.




« L'animation » de l'hélicoptère n'a pas été autorisée aux passagers. Et pour cause, c'est une mission délicate, nous étions donc dans le navire, sans autorisation de nous mettre sur les balcons, ni sur les ponts extérieurs. Mais l'intervention ayant eu lieu au moment du déjeuner, je vous garantis que les gastronomes profitaient du spectacle derrière les baies vitrées.

Le Canyon Ranch Spa
Le Canyon Ranch Spa

Une croisière étant aussi synonyme de bien-être, près le déjeuner, sur les vifs conseils de mes compagnons de voyages, je pars visiter le Canyon Ranch Spa, avec l'idée de rendre à mon dos et mes cervicales une nouvelle jeunesse, l'activité professionnelle étant quelques peu stressante. Je prends donc rendez-vous avec une charmante masseuse pour retrouver sommeil et souplesse dans le cou... Rendez-vous est pris en fin d'après midi, après la conférence sur le plus bel avion du Monde : Concorde. Puis retour sur la plage arrière avec un bon livre. La soirée sera très calme, le stress nous quitte, la détente s'installe... Le QM2, havre de paix maritime, nous offre ce que nous recherchions par cette croisière : Un repos, bien mérité.







Jour 3 : Au milieu de l'Atlantique Nord

Les journées en mer se suivent en Transatlantique, mais ne se ressemblent pas toutes, loin s'en faut... Au jour 3, en plein Atlantique, j'admets que les températures n'étaient pas très clémentes pour la saison... Car, le 27 mai, nous pouvions espérer avoir moins de mer et plus de soleil... Néanmoins, les terrasses du Liner sont protégées du vent, et les bourrasques très atténuées par les paravents... Le choix de cette journée s'articulait autour du Planétarium, du Canyon Ranch Spa et des conférences d'Ian Smith. Cet ancien pilote de Concorde,chez British Airways, nous conte tous les jours à 15.30 les récits de ses aventures à bord du plus prestigieux des avions, longtemps partenaire du Queen Elizabeth 2 dans les traversées de l'Atlantique. A l'époque, les passagers fortunés avaient le choix de voyager à l'aller en paquebot, et de rentrer en Concorde... Le must, à mon avis, d'un voyage aussi mythique qu'une traversée transatlantique.

La salle de fitness
La salle de fitness

En bref, le Queen Mary 2 nous offre calme, volupté et surtout, bonheur de la détente ou des animations. Le matin de ce 3ème jour, c'est petit déjeuner au King's Court. Comme d'habitude depuis le départ de Southampton, muffins pour les uns, gaufres pour les autres... Les buffets du bateau offrent ce que les papilles peuvent espérer de mieux... Ensuite, les uns retournent au lit, les autres vont à la salle de sport du pont 7, et moi, 10 heures sonnant, je ne déroge pas à ma prise de position, avec un bon livre, à l'ouverture du splendide et tranquille Commodore Bar.

Vue sur la proue
Vue sur la proue

Le serveur mémorise parfaitement le visage et même les habitudes de son client. Il arrive vers vous, avec un souriant « good morning », « long expresso Sir ? », à moi de répondre « yes sir, as usual »... Trois jours à bord de ce mythique navire suffisent à être reconnu dans les salons que vous fréquentez le plus ! Une heure trente de lecture plus tard, il est temps de penser au déjeuner et au programme de l'après midi. Ce jour, c'est déjeuner au Kings Court, puis repos sur la plage arrière avant de rejoindre le théâtre Illumination pour suivre le récit d'Ian Smith... Une heure d'aventure de ce merveilleux oiseau blanc qu'était Concorde et me voici de retour sur la plage arrière du Todd English Restaurant pour quelques minutes.

La plage arrière
La plage arrière

Canyon Ranch Spa
Canyon Ranch Spa

Canyon Ranch Spa
Canyon Ranch Spa

Canyon Ranch Spa
Canyon Ranch Spa

Car à 17 heures, sur les conseils de passager ayant déjà eu le privilège de passer entre les mains délicates des masseurs du navire, rendez-vous au Canyon Ranch pour un massage d'une heure. C'est, comme sur beaucoup de compagnie de croisière ou de centre de bien-être à terre, un moment tout à faire délicieux. Le stress accumulé depuis de long mois disparaît et, en une heure, vos « trapèzes » retrouvent, non sans douleur, une forme normale... Vous sortez du Spa épuisé, mais apaisé. Epuisé me direz vous ? pourquoi ? Et bien, le stress est resté au vestiaire, et à vous désormais de vous retrouver et de reprendre vos petites habitudes...

Le Golden Lion Pub
Le Golden Lion Pub

18.00, il est donc l'heure de se préparer... Préparer pour ? Le « drink » d'avant dîner que les Français nomment affectueusement « l'apéro », et même sur un liner, au milieu de l'Atlantique Nord, l'apéro made in France est sacré... Le petit passage au centre de bien être, l'escale en cabine pour revêtir votre plus beau costume afin de faire honneur à notre pays et à l'état major qui nous accueille pour le Cocktail de bienvenue du Commandant. Que dis-je ? Le Commodore, car Cunard, respectueuse de la tradition, a nommé, il y a quelques années, lorsque le célèbre Commodore Warwick est parti à la retraite, le Commandant Bernard Warner comme Commodore de la flotte (c'est à dire l'équivalent civil de notre amiral dans la Royale).

L'Atlantique
L'Atlantique

début de soirée
début de soirée

Le Commodore Bar en soirée
Le Commodore Bar en soirée

Le bar à vins Sir Samuels
Le bar à vins Sir Samuels

Le Churchill Cigar Bar
Le Churchill Cigar Bar

La mer est agitée ce soir, avec des creux de 4 à 5 mètres. Bien que Queen Mary 2 tienne parfaitement la mer, on sent les vagues et le mouvement du paquebot. Les plus valeureux vont donc honorer l'invitation du Commodore... Dans leurs plus belles toilettes, ces dames attendent pour saluer le commandant et les officiers... Les hommes, faisant bonne figure, attendent eux aussi que Bernard Warner prenne la pose avec eux. Pour nous, Français, le Commodore Warner aura une attention très touchante. Il évoque, d'une très jolie façon, le chantier de Saint-Nazaire et les hommes qui ont bâti ce sublime navire. L'orgueil et notre fierté sont de mise.

Le Champagne Bar
Le Champagne Bar

Après quelques minutes, au cocktail, nous voici en route vers le restaurant Brittania, les petits plats dans les grands, pour la soirée du commandant. Après dîner, certains vont se reposer en cabine, car ne rien faire est épuisant ! D'autres, vont boire un digestif au Veuve Clicquot Champagne Bar ou dans l'un des nombreux autres salons. Csaba, probablement l'un des meilleurs serveurs de ce navire, s'occupe de vous à merveille, toujours un petit mot sympathique, et très disponible pour n'importe quelles requêtes. A l'issu de ce dernier verre, retour en cabine, au pont 11, le sourire aux lèvres, le stress évacué définitivement. A ce moment, vous savez que la nuit sera excellente... Cela se confirme... Vous vivez un instant inoubliable.

Au milieu de l'Atlantique
Au milieu de l'Atlantique

Jour 4 : Près de 30 degrés sur les ponts extérieurs !

J'évoquais hier matin que les journées ne se ressemblent pas. C'est vrai, sauf pour les matinées. Car le plaisir de l'ouverture du Commodore à 10.00, avec votre nouveau livre est chaque jour un moment divin. La journée passe mais rien, non rien, ne vous retire le plaisir du quotidien que vous avez, vous-mêmes, instauré depuis 4 jours. Vous vivez un rêve éveillé, ce navire et magnifique et vous jubilez à chaque instant et contemplez le bonheur qui vous entoure. Le jour 4 sera proche de la journée précédente. Néanmoins le soleil nous accompagne et la température monte : Près de 30 degrés sur les ponts extérieurs, ceux la même que nous arpentions quasiment seuls les jours précédents. Aujourd'hui, David, le responsable du Terrace bar, nous a gardé nos transats. Sachant que nous aurions plus de mal à en obtenir avec l'invasion des passagers qui, soudain, se rappellent de la présence des ponts extérieurs !

Piscine couverte
Piscine couverte

Ponts extérieurs
Ponts extérieurs

Ponts extérieurs
Ponts extérieurs

Ponts extérieurs
Ponts extérieurs

Ponts extérieurs
Ponts extérieurs

Midi tapante ! Les cornes de brumes et sirènes donnent de la voix. Comme chaque jour, mais au soleil de l'Atlantique plus rien ne vous étonne. Personne n'écoute ce mélodieux concert. Seul deux passagers, une dame et moi, nous retrouvons sur le pont 13 afin d'immortaliser, à la caméra, ce moment de notre quotidien. Puis retour à la position horizontale avant le déjeuner... L'après-midi se passera au soleil. Seul instant de repos de la peau, lorsque 15.30 sonne, et qu'il faut rejoindre le planétarium pour la suite des aventures de Concorde. Juste avant, je prends les places pour profiter, demain à 13.45, d'une invitation au Planétarium pour un rendez-vous intitulé « l'Histoire de notre galaxie ». Le Queen Mary 2 est le premier navire, mais aussi le seul, à être équipé d'une telle installation.

Le planetarium
Le planetarium

Pont promenade
Pont promenade

Fin de conférence, retour sur la chaise longue. Le second livre est terminé... les grilles de mots fléchés achevées... Rarement, on ne prend le temps de lire, de se reposer et de penser à soi. En transat, c'est un let motiv ! La soirée sera plus calme que la veille, avec pour « dress-code » une tenue de ville, c'est à dire en costume, alors que le smoking était de rigueur hier soir. De manière générale, la tradition se perd sur les compagnies de croisières mais, chez Cunard, la vraie tradition du dress-code reste de mise. C'est un moment unique, fatiguant pour les usagers quotidiens du costume, mais tellement agréable pour ceux qui découvrent, où redécouvrent, les joies de s'habiller. La table, qu'on soit en soirée de gala, ou bien en soirées traditionnelles, reste d'un bon niveau... Peut être différente de l'époque du Queen Elizabeth 2, mais toujours bien présentée et très bonne.

Au Royal Court Theatre
Au Royal Court Theatre

Je ne parle pas des spectacles ? En effet, les spectacles des compagnies de croisières sont souvent assez proches les uns des autres. Ceux de Cunard n'en dérogent pas. Il y a cependant de très beaux spectacles, que l'on a pu voir sur les filiales du groupe Carnival (chez Costa en particulier). Les autres soirs, concerts de pianos ou chanteurs lyriques offrent aux passagers de redécouvrir les plaisirs de la musique. Pour ma part, les promenades dans le navire, le shopping dans les mayfairs shops, ou chez Hermès, sont un moment bien agréable. La parité Euro / Dollars nous offre un pouvoir d'achat fort intéressant actuellement. Les valises se remplissent donc de souvenirs et de babioles estampillés « Cunard/Queen Mary2 », qui orneront les réfrigérateurs des cuisines et les salles de bains des passagers et de leurs familles.

Mayfairs shop
Mayfairs shop

La galerie d'art
La galerie d'art

A bord de Queen Mary 2, vous avez besoin de quelque chose ? Vous l'aurez ! Crèmes solaires, caméra, pellicule, serviette de plage, etc... Chacun peut être comblé, y compris les amateurs d'arts, grâce à une galerie dotée de nombreux tableaux et des ventes organisées pendant les traversées. D'ailleurs, si vous n'avez pas pensé à prendre un livre avec vous, une grande bibliothèque est à votre disposition. Très belle et calme, avec vue sur l'océan, elle propose plusieurs milliers d'ouvrages.

La bibliothèque
La bibliothèque

Le soir, les boutiques sont vides, les passagers du 1er service sont au lit ou au spectacle, ceux du 2nd terminent leur dîner au restaurant ou prennent un digestif au Chart's Room ou au Commodore, quand d'autres, écrivent leurs cartes postales au coin d'un salon ou dans le Grand Lobby. Ou alors, retour en cabine, afin de profiter au maximum de la journée du lendemain.

Ponts extérieurs
Ponts extérieurs

Jour 5 : Le dîner de gala

La journée est un condensé des meilleurs moments des jours précédents... Au bout de 5 jours, les habitudes sont prises... Le Commodore, le Kings Court, la plage arrière au soleil, la conférence d'Ian Smith... Et bien non, pas aujourd'hui. Ian Smith est en repos puisque c'est la découverte du Planétarium. J'avoue que c'est probablement ma plus grande déception sur ce navire. A titre personnel, je ne vois, aucunement l'intérêt d'une telle animation. Le théâtre illuminations est très beau. De très belles statues de bronze, des appliques lumineuses ressemblant à s'y méprendre celles qui ornaient le grand restaurant du paquebot Normandie, mais à part y faire des conférences et servir pour le Planétarium, je trouve que cet espace est sous exploité. Quel dommage. A la place du planétarium, un cinéma en 4D, comme il en existe sur les paquebots contemporains, serait plus ludique probablement, et surtout moins inutile. A noter aussi, pour le Planétarium, qu'il n'y a qu'un film en français, tout le reste étant à écouter dans la langue de Shakespeare... Parfait pour nous qui sommes bilingues, plus complexe pour les passagers seniors avides d'une découverte francophone de notre voie lactée.

L'entrée du Théâtre Illuminations
L'entrée du Théâtre Illuminations

Planetarium
Planetarium

Après le soleil, petit escapade au Canyon Ranch dans le parcours aquatique, afin de parfaire la détente avant la soirée. Une soirée importante, d'ailleurs, puisque nous sommes invités à la soirée du Cunard Club... Trois croisières chez Cunard et me voici « GOLD ». J'étais en effet le seul d'entre mes amis à connaître la compagnie, mais pas une transatlantique sur le QM2. De petites attentions en cabine, et un autre cocktail très privé avec le Commodore Warner... Il me reconnaît et me salue d'un appréciable « bonsoir Monsieur », Corinne l'hôtesse française se présente à nous. Habitués des croisières, nous n'avons pas jugé utile de la déranger pendant cette semaine. L'état major nous salue, et le médecin nous demande s'il peut prendre un verre à notre table. Très honorés, nous acceptons et échangeons quelques minutes avec lui. Ils naviguent sur les paquebots de Cunard et ceux de sa maison mère, le groupe américain Princess Cruises, elle même filiale du numéro un mondial, Carnival. D'ailleurs, il nous apprend qu'il quittera le navire à l'issue de la prochaine traversée, afin d'embarquer sur le Crown Princess, navire amiral de la flotte Princess qu'il nous invite d'ailleurs à venir découvrir.
La vie des officiers est belle... Mais ne le dîtes pas à leur famille... Ce soir, c'est notre dîner de gala de l'au revoir.

Soirée au restaurant
Soirée au restaurant

Le paquebot s'est paré de ses plus beaux attributs. Les étendards de la compagne ont été accrochés dans les salons, les serveurs sont tirés à 4 épingles pour que lors de cette dernière soirée de gala, les passagers conservent d'eux un souvenir irréprochable. D'ailleurs, le lendemain matin sera déposé, dans les cabines, le questionnaire de satisfaction. Mais que répondre autrement qu'à l'excellence du service ? En Méditerranée, on voit souvent les passagers, notamment les Français, se plaindre. De la gastronomie, des animations etc... La question qu'il faudrait se poser est plutôt : « Mais comment vivez-vous au quotidien? » Que l'on soit chez Costa, chez Cunard, chez NCL ou ailleurs, le service est toujours fantastique. La gastronomie peu variée, mais toujours meilleurs qu'un jambon / pâtes à la maison ! En bref, même si nous estimons que la restauration ne relève pas du Guide Michelin, nous attribuerons chacun l'excellence en tout point à cette croisière magnifique, comme nous le faisons à chaque croisière.




Jour 6 : Une dernière journée à profiter de la mer

Dernier jour. Un élément très apprécié des passagers à bord du Queen Mary 2 est peut être stupide pour certain, mais très utile pour d'autre. Je suis de cette seconde catégorie. Car en effet, QM2 possède à chaque pont cabines, des « laundrettes ». Qu'est ce qu'une laundrette ? Et bien c'est une petite laverie, où les passagers ont, dans chacune d'entres-elles, 4 machines à laver et 4 sèches-linges et lessive à disposition, sans oublier 2 tables à repasser. C'est un moment incroyable. Abord de ce navire se croisent des personnes d'origines et de catégories sociales très différentes. A la Laundrette, tout le monde est sur le même pied d'égalité. Seule chose à savoir : C'est la guerre ! Si vous voulez une machine à laver, il faut se lever tôt. Mais l'entraide y fait beaucoup et comme c'est le dernier jour, vous êtes de toute façon matinal pour profiter des derniers instants de votre rêve qui s'achève. Une machine à laver et, pendant ce temps, petit déjeuner. Une « nouvelle copine » des laundrettes, que vous avez rencontré le matin même, vous garantie que lorsque la machine sera terminée, elle vous mettra vos affaires au sèche-linge (il faut savoir qu'elle est ravie de récupérer la machine laissée vacante). Vous revenez 1 heure plus tard, le linge est prêt à être repassé.. Dans la joie et la bonne humeur, on s'y colle ! Tout le monde échange sur ses origines, les Français, les Anglais, les Américains etc... C'est très fraternel, et très sympathique. Mesdames, allez sur le Queen Mary 2, le repassage en devient moins pénible ! Une fois la besogne achevée, rendez-vous en cabine.
La chose noire, à roulette, communément appelée valise, et que vous aviez rangé sous le lit 6 jours plus tôt (mais vous êtes tellement détendus que vous avez l'impression que ces 6 jours remontent à une éternité) réapparaît sur le canapé. La cabine devient un capharnaüm. Petit à petit, les affaires qui avaient quitté leur nid en début de semaine y retournent. La cabine reprend un visage présentable et agréable pour les dernières heures que nous passerons à bord de ce paquebot.

Entrée du Todd English
Entrée du Todd English

Le Todd English
Le Todd English

Le Todd English
Le Todd English

La dernière journée est souvent celle de la réflexion : « Qu'est ce que c'est passé vite », « qu'est ce qu'on fait l'an prochain ? », « est ce que j'ai bien tout fait? ». Et là, une erreur ! Vous avez oublié de dîner un soir au restaurant du célèbre chef Britannique Todd English. Vous appelez vos amis, et le couple rencontré pendant la croisière, vous convenez d'une heure pour ce soir, et vous réservez la dernière table disponible. Comment oublier ? Tout simplement car on dîne bien à bord des paquebots de croisière et que le Todd English Restaurant est situé dans un bel endroit dont les passagers ne connaissent pas toujours l'accès direct. Mais avant ce nouveau moment de bonheur, rendez-vous au Commodore pour saluer le personnel qui, quotidiennement et avec le sourire, vous a apporté l'expresso le plus apprécié de la journée. Vous partez à la redécouverte d'un navire que vous connaissez désormais par coeur, mais comme pour des adieux, la promenade, les yeux écarquillés de bonheur comme un enfant, vous redécouvrez, ému et des souvenirs pleins la tête, les espaces que vous avez arpentés pendant 6 jours. La traversée est désormais quasiment achevée, après 3415 miles nautiques de navigation à bord du prestigieux navire. Après ces dernières heures, il faut se coucher tôt. L'arrivée à New York est sublime, mais très matinale.

La brume tombe la veille de l'arrivée
La brume tombe la veille de l'arrivée

Jour 7 : New York s'offre à nous...

Il est 4 heures lorsque le réveil sonne. Et, croyez-moi, si vous ne saviez pas que l'instant est inoubliable, vous prendriez votre téléphone, et le jetteriez par-dessus bord ! Pour Deux raisons : parce qu'il est tôt, mais aussi parce que la nuit précédente, à cause de la brume à couper au couteau, le commandant actionnait toutes les 5 minutes la corne de brume pour signaler notre présence aux navires proches. Le folklore de la corne de brume, vous l'adorez beaucoup moins, surtout lorsque c'est toutes les 5 minutes, au moment ou vous vous rendormez. Mais attention ! Les lois maritimes sont telles qu'on ne plaisante pas avec la sécurité des passagers... Et sincèrement, une telle « purée de pois » était, tout simplement, du jamais vu. Cet « english fog » était justement ma hantise pour l'arrivée à New York. En nous installant dans notre lit pour notre dernière nuit, la question s'est posée : « Et si demain matin, nous avions encore du brouillard en arrivant ? » Le réveil sonne, il est 4 heures, mais je bondis de mon lit pour voir si le ciel est dégagé. On aperçoit parfaitement les côtes, nous sommes à 30 minutes, à vue de nez, du passage sous le pont du Verrazzano, qui relit le Queens au New Jersey. C'est la porte d'entrée de la baie de New York et embouchure de l'estuaire de l'Hudson et d'East River. On saute sous la douche histoire d'être présentable, on court au petit déjeuner, où les serveurs ont le même visage enjoué que nous. Fatigue + arrivée à New York... les esprits sont en émois.




Au petit matin à l'approche de New York
Au petit matin à l'approche de New York

Direction les ponts 13 et 14 pour voir l'arrivée. Tout le paquebot s'est donné rendez-vous ici. Pour ma part, c'est la seconde fois que j'arrive à New York par la mer mais le spectacle reste juste majestueux, à hauteur du navire sur lequel nous naviguons. Faufilez-vous, prenez place et... silence, ça commence ! Il fait nuit noire lorsque le paquebot s'éveille. Quinze minutes avant le passage sous le pont du Verrazzano, les passagers sont sur les ponts. Il fait froid mais tout le monde retrouve des couleurs, par la bise matinale, et par le spectacle qui s'offre à nous. Car depuis quelques minutes, les premiers rayons de soleil apparaissent. New York est encore loin, mais nous prenons le pilote du port et entrons dans la baie. Le passage sous ce pont gigantesque est toujours incroyable.

Le pont du Verrazzano
Le pont du Verrazzano

Car, effet d'optique oblige, lorsque nous sommes sur le point le plus haut, devant le mat radar du navire, ou derrière la cheminée, nous avons l'impression que, jamais, le navire ne pourra passer. Chacun retient son souffle. Plus un bruit, le navire passe, sous un tonnerre de hourras et d'applaudissement, chacun se retourne en se demandant s'il en sera de même pour la cheminée. Le Commodore Warner actionne la corne de brume, il est 5 heures du matin, nous sommes dans la baie de New York, le plus beau paquebot du monde arrive, Manhattan s'éveille...

En baie de New York
En baie de New York

En baie de New York
En baie de New York

En baie de New York
En baie de New York

En baie de New York
En baie de New York

Nous sommes en « avant lente », le navire navigue donc à très faible allure. Le jour continue de se lever, le Verrazzano est déjà derrière nous. Notre nouvel objectif est un cadeau que la France a fait à l'Amérique. Bartholdi et Eiffel ont dessiné ensemble cette Statue de la Liberté, qui est désormais contemplée par l'ensemble des passagers du paquebot. Personne ne parle. Comme au théâtre, les gens se taisent tant le spectacle et magnifique. Sur tribord, Manhattan est désormais parfaitement visible (petit hommage à Tours Jumelles, tout le monde y pense, mais on ne dit rien, par respect. La luminosité est telle qu'on croirait à une aurore boréale. C'est inimaginable, c'est juste à vivre !

La statue de la Liberté
La statue de la Liberté

Arrivée à New York
Arrivée à New York

Arrivée à New York
Arrivée à New York

Arrivée à New York
Arrivée à New York

Tranquillement, le Commodore Warner fait éviter son navire dans la rade, en arrière, le navire vient se positionner à quai, le jour se lève, un autre paquebot nous suit, conscient, que nous venons tous de vivre un moment parfaitement unique. Queen Mary 2 reprend vie, chaque passager sachant maintenant qu'il est entré dans la légende de Cunard. Chaque passager à un sourire figé sur le visage, chaque conversation autour d'un nouveau café décrit ce que chacun vient de vivre. Pendant que nous remontons une dernière fois les escaliers pour monter vers notre cabine, petit clin d'oeil à ce navire, qui a abrité notre rêve pendant une semaine... Nous sommes déjà au pont 3, prêts à débarquer. Good Bye Queen Mary 2, and Merci beaucoup... Bonjour New York, Here we are! Et comme le Commodore nous l'avait promis... Parfaitement à l'heure !
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- Renseignements sur les traversées sur le site français de Cunard

Arrivée à New York
Arrivée à New York

Le Queen Mary 2 au milieu de l'océan
Le Queen Mary 2 au milieu de l'océan
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CREDITS PHOTOS DE CE REPORTAGE : MER ET MARINE, CUNARD

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