Croisières et Voyages
Qu’est devenu l'ancien Diamant, ex-roulier transformé en paquebot ?
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Qu’est devenu l'ancien Diamant, ex-roulier transformé en paquebot ?

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Au début des années soixante-dix, le concept du navire roulier (Ro-Ro) était en pleine expansion et nombreux étaient les chantiers navals à construire ces unités sous des versions différentes, avec soit les superstructures placées sur l’avant, soit placées sur l’arrière, et parfois même conçues pour des services spécifiques. Parmi ces constructeurs, le chantier norvégien Kristiansands Verksted. Concepteur d’une série de Ro-Ro pour naviguer en Mer du Nord, il livrait en février 1974 le Begonia, initialement commandé sous le nom de Femhill. D’autres sister-ships avaient déjà été mis en service comme les Gardenia, Normandia…etc

 

Le Zain – qui fut autrefois le Normandia armé par la Société Navale Caennaise – SNC – tout en étant devenu ensuite le transport de bétail Abou Karim 1 avant sa démolition était un sister-ship du Begonia devenu en 1986 le paquebot que l’on connaît. Ces photos donnent un aperçu des impressionnants travaux de conversion.

Le Zain – qui fut autrefois le Normandia armé par la Société Navale Caennaise – SNC – tout en étant devenu ensuite le transport de bétail Abou Karim 1 avant sa démolition était un sister-ship du Begonia devenu en 1986 le paquebot que l’on connaît. Ces photos donnent un aperçu des impressionnants travaux de conversion. (© MARC OTTINI)

(© MARC OTTINI)

(© MARC OTTINI)

 

Travaillant de concert avec le Gardenia, le Begonia allait voir sa carrière de Ro-Ro s’arrêter en 1986. Le navire venait d’être acheté par la société américaine Radisson Seven Seas Cruises et fut confié à un chantier naval italien avec la mission de le convertir en paquebot de croisière, ou plutôt paquebot d’expédition. Près d’un an plus tard, il reprenait la mer complètement métamorphosé sous le nom d’Explorer Starship avec des destinations très peu connues des croisiéristes. Long de 124,20 mètres et large de 16, le navire affichait alors un faible tirant d’eau de 4,98 mètres lui permettant de naviguer dans des zones inaccessibles aux unités géantes. En 1989, il devient le Song of Flower (Chant des Fleurs) et on le retrouve assez régulièrement dans les eaux européennes. Puis au début de l’année 2004, le voyagiste Tapis Rouge Croisières et la Compagnie du Ponant - deux filiales de CMA CGM – s’associent pour acheter à part égales le Song of Flower. Renommé Le Diamant et placé sous le pavillon français de Wallis et Futuna – avec Mata-Utu pour port d’attache, il subit quelques travaux de modernisation et d’adaptation à sa future nouvelle clientèle. En mai 2004, c’est au départ de Nice qu’il effectue sa croisière inaugurale en mettant le cap sur l’Europe du Nord, le Spitzberg, le Groenland et ensuite la côte ouest de l’Amérique du Sud.

 

Le Diamant à Brest en 2011 (© MICHEL FLOCH)

Le Diamant à Brest en 2011 (© MICHEL FLOCH)

Le Diamant à Brest en 2011 (© MICHEL FLOCH)

Le Diamant à Brest en 2011 (© MICHEL FLOCH)

 

Avec un équipage de 57 personnes, ce sont 226 passagers qui peuvent embarquer et loger dans 113 cabines, cinq ponts leur étant dédiés. Le Diamant effectue de nombreuses croisières dans les zones polaires jusqu’à la mise en service du Boréal, premier d'une nouvelle génération de navires d'expédition commandés par Ponant. Au printemps 2010, Le Diamant quitte l’hémisphère sud pour rejoindre l’Asie du Sud-Est, mais très rapidement suite à l’arrivée en flotte de L’Austral, premier sistership du Boréal, il devient excédentaire au sein de l’armement. C’est le 15 décembre 2011 qu’il troque son pavillon français contre celui des Bahamas à la suite de son rachat par un fonds de pension américain. Quelques mois passent avant qu’il ne soit renommé Ocean Diamond sous affrètement de Quark Expéditions. Bénéficiant d’une certification pour naviguer en zone antarctique avec une exigence de zéro rejet à la mer, il continue de proposer des croisières autour de l’Amérique du Sud, en Patagonie et en Antarctique avec régulièrement Ushuaia comme tête de ligne. En plus de Quark, il est aussi affrété par Iceland Pro Cruises pour des croisières estivales autour de l'Islande.

 

L'Ocean Diamond en Islande (© JEAN-CHARLES THILLAYS)

L'Ocean Diamond en Islande (© JEAN-CHARLES THILLAYS)

 

Côté propulsion, cet ancien roulier devenu aujourd’hui un paquebot de 8282 tonneaux de jauge brute est équipé de deux diesel Wichmann V10 développant 5502 kw (7476 ch) lui donnant une vitesse maximale de 15 nœuds. Pour les passagers, l’Ocean Diamond est toujours équipé d’un bossoir positionné à la poupe supportant un tender – grosse vedette de plusieurs places - servant au transfert des passagers entre le bord et le quai quand il est au mouillage puis d’une dizaine de canots pneumatiques utilisés pour les expéditions.

Un article de Marc OTTINI

 

Compagnie du Ponant