Marine Marchande
Qu’est devenu le sablier Moniflor ?

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Qu’est devenu le sablier Moniflor ?

Marine Marchande

Commandée par la Compagnie Européenne de Transports de l’Atlantique – CETRA – au chantier néerlandais Scheepswerf & Machinefabriek de Ijsselwerf, la drague aspiratrice en marche Moniflor est entrée en service en 2000. Immatriculée à Saint Nazaire, elle était prévue pour travailler principalement dans l’estuaire de la Loire et ravitailler les ports de Montoir, Nantes (au poste à sable de Cheviré), ainsi que Lorient (au poste du Rohu) et La Pallice. D’un port en lourd de 4124 tonnes, ce « sablier » comme on nomme ces navires qui partent extraire du sable de mer sur des concessions définies par les Affaires maritimes, avait une élinde de 650 mm de diamètre située sur bâbord lui permettant de travailler dans des fonds allant jusqu’à 30 mètres.

 

Le Moniflor arrivant à Lorient en août 2005 (

Le Moniflor arrivant à Lorient en août 2005 (© MARC OTTINI)

 

Long de 78,80 mètres et large de 14,80 pour un tirant d’eau maximal de 5,73 mètres, le Moniflor avait un puits de 2040 m3 qui pouvait être déchargé en quelques heures par sa pompe de dragage entraînée par un moteur Caterpillar 3512. En machines, c’est le motoriste Wärtsilä qui avait été choisi pour installer un diesel à 8 cylindres – type 8L26 A – développant 2400 Kw (3260 ch) sur lequel était couplé un alternateur attelé de 800 Kw/1000 Kva qui lui donnait une allure de 10 nœuds. Lorsque la drague était au port, l’électricité du bord était produite par un groupe électrogène de 146 Kw. Aussi, à l’instar de tous navires de ce type, un propulseur d’étrave de 320 Kw avait été installé. Jusqu’au début de l’année 2015, ce navire à la livrée verte a extrait des milliers de tonnes de sable en Atlantique ; puis CETRA l’a mis en vente.

Quelques semaines plus tard, le Moniflor quittait définitivement Saint Nazaire en prenant la direction de l’hémisphère sud. Achetée par l’armement australien Riverside Marine de Brisbane, il est arrivé à Singapour au printemps 2015 pour subir quelques transformations afin de le rendre opérationnel pour sa nouvelle tâche. Sur le pont, une pelleteuse positionnée sur rails translatant au-dessus de la cale fut installée. Mais c’est surtout un système pour réduire les rejets de déblais de dragage par débordement créant des turbulences d’eaux troubles qui fut mis en place à bord. Ce qui offre un résultat de meilleure qualité sur l’environnement marin dans cette région australienne préservée. Pendant les travaux, sa coque a pris la couleur bleue. Le navire est arrivé dans la capitale de l’Etat du Queensland en octobre suivant et travaille dans la région depuis maintenant cinq ans sous le nom de Riverside Rosolute.  

Un article de  Marc Ottini

 

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