Marine Marchande
Qu’est devenu l’éphémère hydroptère Normandy Princess ?
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Qu’est devenu l’éphémère hydroptère Normandy Princess ?

Marine Marchande

Les Dieppois se souviennent certainement de l’hydroptère – ou Jetfoil – qui a assuré pendant quelques mois une liaison avec l’Angleterre au départ de leur port en 1979. Le Jetfoil Boeing, baptisé Normandy Princess, et mis en service le 27 avril 1979, n'a pas atteint les objectifs escomptés. Construit par Boeing Marine System à Renton – Etat de Washington – cet hydroptère long de 30,10 mètres et large de 9,50 reliait Dieppe à Brighton (Marina). Afin d’assurer le transfert des passagers dans de bonnes conditions et au plus près du centre-ville du port normand. Une passerelle avait été spécialement construite et installée dans l’avant-port. Et, par de bonnes conditions météorologiques, le Normandy Princess pouvait traverser la Manche à la vitesse de 45 nœuds avec 261 passagers, ce qui mettait Brighton (Marina) à 100 minutes. Mais la Manche étant une mer assez hachée, le navire devait parfois annuler des traversées, ce qui n'a pas contribué à obtenir le seuil de rentabilité fixé à la fin de la saison estivale. Seajet, la société créée pour l’occasion a été contrainte de jeter l’éponge et de débarquer l’équipage.

 

Le Terceira, ex-Normandy Express (© MARC OTTINI

Le Terceira, ex-Normandy Express (© MARC OTTINI)

 

Après une courte période de désarmement en Belgique, le Normandy Princess a été embarqué à bord d’un cargo à destination de Hong Kong. Depuis 1980, l’hydroptère du type Boeing 929-115 assure des rotations régulières entre ce port et Macao pour le plus grand plaisir des joueurs de casinos. Rebaptisé Terceira, il appartient à l’armement Far East Hydrofoil – TurboJET et navigue aux côtés de six autres hydroptères Boeing baptisés Santa Maria, Urzela, Funchal, Lilau, Cacilhas et Taipa. Un septième, le Madeira, a été victime d’un grave accident en baie de Hong Kong en novembre 2013 et mis sous cocon, servant pour les pièces de rechange. Il avait heurté à pleine vitesse un objet flottant non identifié faisant 85 blessés.

 

Le Taipa (© MARC OTTINI

Le Taipa (© MARC OTTINI)

Le Madeira en 2013, avant son accident (© MARC OTTINI

Le Madeira en 2013, avant son accident (© MARC OTTINI)

 

Construits dans les chantiers navals de Renton, puis sous licence par Kawasaki H.I de Kobé et CSSC de Shanghai Simno, les 26 Jetfoil Boeing se différencient en 4 modèles quelque peu différents, notamment en ce qui concerne la propulsion. Au total, dix du type 929-100, treize du type 929-115, un du type 929-117 puis deux du type 929-119 ont été construits entre 1974 et 1985. Cette année là, le chantier indonésien de Surabaya a entrepris la construction de deux 929-120, mais ces derniers n’ont pas été terminés et ne sont donc jamais entrés en service. Ils étaient destinés à naviguer entre l’Indonésie et Singapour.

D’un poids d’une trentaine de tonnes, ces hydroptères peuvent naviguer entre 43 et 47 nœuds à pleine vitesse grâce à deux turbines Gas Rolls-Royce Allison 501 KF développant 5442 Kw et consommant environ 2150 litres par heure. La capacité des 17 Jetfoils Boeing toujours en service aujourd’hui – 9 étant désarmés – varie de 160 à 400 passagers répartis sur 2 ponts. L’équipage se compose de dix ou onze personnes.

 

Le Kobe EV arrivant à Busan (© MARC OTTINI

Le Kobe EV arrivant à Busan (© MARC OTTINI)

 

Par ailleurs, les Princess Clémentine et Princess Stéphanie ont opéré entre Ostende et Ramsgate entre 1981 et 1997. Sous les couleurs de la « Malle d’Ostende » (ou RMT), ils traversaient le Détroit à pleine vitesse en donnant des frayeurs aux équipages des navires de commerce. Ces derniers sont actuellement les japonais Seven Island Niji et Seven Island Yume, mais suite à une importante avarie, celui-ci est désarmé depuis 2014.

Texte et photos: Marc Ottini