Marine Marchande
Qu’est devenue la drague Ronceray ?

Actualité

Qu’est devenue la drague Ronceray ?

Marine Marchande
Histoire Navale

Les Normands doivent se souvenir de la drague aspiratrice en marche ouvrante Ronceray que le Port de Rouen a exploitée entre 1995 et 2013 pour travailler dans la partie nord de la Seine. C’est en février 1983 qu’elle est livrée par le chantier néerlandais De Liesbosch sous le nom de Liesbosch. Très rapidement, elle change de nom et devient la Hardinxveld sous pavillon batave jusqu’en 1995.

Devenue trop petite pour travailler sur d’impressionnants chantiers d’extension entrepris dans les ports des Pays-Bas, elle est placée sur le marché de la vente. Le Port Autonome de Rouen s’en porte acquéreur en septembre 1995 et confie aux chantiers ARNO de Dunkerque la délicate mission de l’élargir pour augmenter sa capacité de puits. Après plusieurs mois de travaux, elle en ressort toute transformée avec une largeur portée de 11,67 mètres à 14,30. Quant à sa longueur de 79,45 mètres, elle est restée inchangée. Mais la capacité de son puits s’élève alors à 1438 m3, ce qui n’est pas négligeable pour réduire les navettes sur le fleuve. Renommée Ronceray, elle remplit parfaitement ses missions en étant capable de travailler dans des secteurs de petite profondeur grâce à son faible tirant d’eau de 4,32 mètres, mais peut aussi draguer jusqu’à une profondeur de 16 mètres – avec possibilité de monter une extension pour en atteindre 24 – avec une élinde de 590 mm de diamètre.

 

La Ronceray en mai 2012 part au « vidage » au large du Cap de la Hève

La Ronceray en mai 2012 part au « vidage » au large du Cap de la Hève (© MARC OTTINI)

La Ronceray vient de « claper » et s’apprête à engainer le chenal de la Seine

La Ronceray vient de « claper » et s’apprête à engainer le chenal de la Seine (© PASCAL BREDEL)

La Ronceray en Seine, photographiée depuis le Pont de Normandie en mars 2010

La Ronceray en Seine, photographiée depuis le Pont de Normandie en mars 2010 (© PASCAL BREDEL)

 

Tandis que sa pompe de dragage a une puissance de 405 Kw, sa pompe de refoulement à terre est de 603 Kw. La puissance électrique du bord est fournie par deux alternateurs attelés de 1344 Kw (1680 Kva). Au port, elle bénéficie d’un groupe électrogène de 200 Kw. Son clapage peut également être effectué par l’ouverture hydraulique des demi-coques. Motorisée par 2 diesel 2 Temps SMIT-Bolnes à 9 cylindres de 1125 Kw (1530 ch) chacun, la Ronceray quitte définitivement la Seine le 12 février 2013 sous le nom de Glanford et le pavillon exotique de la Sierra Leone.

 

Le 12 février 2013 en milieu d’après-midi, l’ex Ronceray descend la Seine pour la dernière fois sous le nom de Glanford, immatriculée à Freetown

Le 12 février 2013 en milieu d’après-midi, l’ex Ronceray descend la Seine pour la dernière fois sous le nom de Glanford, immatriculée à Freetown (© PASCAL BREDEL)

Le 12 février 2013 en milieu d’après-midi, l’ex Ronceray descend la Seine pour la dernière fois sous le nom de Glanford, immatriculée à Freetown

Le 12 février 2013 en milieu d’après-midi, l’ex Ronceray descend la Seine pour la dernière fois sous le nom de Glanford, immatriculée à Freetown (© PASCAL BREDEL)

 

Après avoir travaillé plusieurs mois dans le port balte de Kaliningrad, la Glanford a pris le pavillon russe avec le port d’attache de Kaliningrad. Depuis peu, avec une coque repeinte en bleu, elle est repassée en Manche pour rejoindre le port bulgare de Varna où elle travaille actuellement.

Un article de Marc Ottini avec des photos de Pascal Bredel 

 

Port de Rouen