Marine Marchande
Qu’est devenue La Paimpolaise de l’Armement Garnier ?
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Qu’est devenue La Paimpolaise de l’Armement Garnier ?

Marine Marchande

En France jusqu’à la fin des années quatre-vingt, de nombreux petits armements exploitaient un ou quelques navires sur des routes très différentes. Parmi eux, l’Agence Maritime de l’Ouest – AMO – fondée en 1912 et basée à Paimpol, dans les Côtes d'Armor. Aussi connue sous le nom d’Armement Garnier, la société a armé plusieurs caboteurs dont les noms ne seront pas indifférents pour les lecteurs. Ils se nommaient Le Goëlo, Armoricain, La Paimpolaise, Léonard, Trégor, Trieux, Rozenn et Tourmaline bien que ces deux derniers furent uniquement en gérance. Puis sitôt avoir exploité le petit cargo La Paimpolaise – troisième du nom – pendant 10 ans, l’armement a orienté son choix vers une unité plus grande et différente. Du type Ro-Lo et avec un port en lourd de 5822 tonnes, ce navire était sorti du chantier allemand Peene Werft de Wolgast le 10 décembre 1996 sous le nom de Scan Pacific.

En décembre 2001, il prenait le nom de Palamos pendant onze mois avant d’être affrété par le GIE français France Euro Tramp (FRET) réunissant les armements Louis Dreyfus, la Navale Française Leduc et la Méridionale de Navigation sous le nom de Fret Marne. Actif dans le transport de colis lourds et de projets industriels, il restera affrété jusqu’en août 2003. Puis après avoir repris son nom de Palamos pendant quelques semaines, il a été loué à l’armement Harren & Partner et rebaptisé La Paimpolaise – le 4ème du nom – en janvier 2004. Sous ce vocable, il naviguera principalement au marché spot dans les eaux européennes mais sera assez souvent mis à la disposition de l’armée de terre et des commandos marines pour transporter du matériel vers les Antilles ou la Guyane ou en Afrique de l’Ouest.

Mais contrairement à tous les précédents navires de l’Agence Maritime de l’Ouest, celui-ci n’aura jamais été peint aux couleurs maison, à savoir un vert clair pour la coque et des superstructures blanches, mais sera resté bleu. Très polyvalent, La Paimpolaise pouvait embarquer des cargaisons par roulage à travers sa porte arrière, mais également par levage grâce à ses deux grues de 100 tonnes positionnées sur bâbord et pouvant être jumelées. Son unique cale était prévue pour embarquer d’encombrants colis mais aussi des conteneurs. Sa capacité totale –cale + pontée – est de 501 evp, dont 40 pouvant être raccordés électriquement au réseau du bord. Sa production électrique est assurée un alternateur attelé de 700 kw/h et deux diesel-alternateur de 360 kw/h. Côté propulsion, il est équipé d’un diesel MAN-B&W V12 développant 5280 Kw (7174 hp) lui autorisant une vitesse maximale de 16 nœuds.

Long de 101,30 mètres et large de 18,60 pour un tirant d’eau de 6,63 m, il possède des emménagements placés sur l’extrême avant particulièrement  peu confortables pour l’équipage pendant sa navigation dans de mauvaises conditions météorologiques. En mars 2007 et à la fin de son affrètement, La Paimpolaise quittait le pavillon français – registre des Kerguelen – pour prendre le diminutif de Paimpol sous pavillon d’Antigua & Barbuda. Le 28 mai 2012, il a été acheté par l’armement indonésien SELOG qui le rebaptisa Serasi X et le 25 avril 2019, il prenait la direction de la Mer Rouge pour devenir le panaméen Princess Nabiha. Depuis cette date, il assure une rotation entre l’Egypte et Yanbu en Arabie Saoudite pour la société omanaise Khasab Silver Maritime Trans avec un équipage composé de onze ukrainiens.     

Texte et photos : Marc OTTINI

Le Scan Pacific en sortie du Bosphore en juin 2001 avec un plein chargement de matériel de travaux public et militaire.

Le Scan Pacific en sortie du Bosphore en juin 2001 avec un plein chargement de matériel de travaux public et militaire.

La Paimpolaise arborant le logo A.M.O sur sa coque et l’emblématique hermine blanche, symbole de l’armement dans ses deux cheminées.

La Paimpolaise arborant le logo A.M.O sur sa coque et l’emblématique hermine blanche, symbole de l’armement dans ses deux cheminées.

Le Paimpol aux couleurs de Combi-Lift dans le Détroit du Pas de Calais.

Le Paimpol aux couleurs de Combi-Lift dans le Détroit du Pas de Calais.