Construction Navale
Qui peut encore commander des paquebots ?

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Qui peut encore commander des paquebots ?

Construction Navale

C'est la grande question qui taraude actuellement les chantiers navals. Car la construction navale européenne a faim, très faim même. Et il n'y aura probablement pas à manger pour tout le monde. En France, en Italie et en Finlande, les carnets de commandes ont atteint un niveau très bas, voire critique, provoquant des vagues de licenciements ou des mesures de chômage partiel. Même en Allemagne, où Meyer Werft était jusque là épargné, les livraisons seront réduites d'un tiers à partir de l'an prochain. Après la grande frénésie des années 2000, où l'activité des chantiers, en dehors de quelques exceptions, avait atteint des sommets, la signature de nouveaux contrats a commencé à décliner en 2007. Et aujourd'hui, l'heure est clairement à la retenue. D'abord, la crise économique et financière a des répercussions, à la fois sur le pouvoir d'achat de la clientèle, mais aussi sur les capacités d'investissement des compagnies. Celles-ci ont désormais beaucoup plus de mal à boucler les montages financiers, une situation qui ne va sans doute pas s'arranger avec la volonté de plusieurs grandes banques de se retirer du secteur maritime.

 (© : MER ET MARINE)
(© : MER ET MARINE)

Dans le même temps, la rentabilité de certaines compagnies est mise à mal cette année, par la conjonction de plusieurs facteurs : Une politique tarifaire très agressive pour compenser la baisse des ventes au premier trimestre suite à la catastrophe du Concordia (due essentiellement à l?arrêt des actions de marketing), le contexte économique morose en Europe qui réduit les dépenses et provoque de l'attentisme au sein de la clientèle, le prix incertain du pétrole qui pèse sur les frais de soutes et, au final, une surcapacité de la flotte dans cet environnement très négatif. Car, actuellement, si l'industrie de la croisière poursuit sa croissance, une part importante des néo-croisiéristes présente un pouvoir d'achat limité, peu compatible avec le modèle économique des paquebots, basé notamment sur les ventes à bord (boissons, restaurants à supplément, centres de bien-être, attractions, excursions...)
Du coup, les perspectives de commandes de nouveaux navires paraissent en ce moment très limitées. Elles sont subordonnées aux capacités financières des armateurs, à leur endettement (qui est parfois très important), au bon vouloir des banques qui ne prêtent plus aussi facilement qu'avant, mais aussi aux projections sur l'évolution du contexte économique et donc les estimations de croissance, en nombre de passagers comme en revenus, les deux courbes n'évoluant pas forcement au même rythme.

Navire en construction chez Fincantieri (© : COSTA CROISIERES)
Navire en construction chez Fincantieri (© :

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