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Quiberon : Au cœur d’un débarquement franco-britannique
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Reportage

Quiberon : Au cœur d’un débarquement franco-britannique

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Alors qu’une imposante flotte croisait au large, la presqu’île de Quiberon a vécu la semaine dernière au rythme des survols d’aéronefs et des débarquements de troupes et de véhicules militaires. Ces imposants moyens étaient réunis pour l’exercice franco-britannique Catamaran, qui s’inscrit dans la cadre de la création d’une force expéditionnaire conjointe. Constituée de forces navales, aériennes et terrestres des deux pays, cette Combined Joint Expeditionary Force (CJEF) doit être pleinement opérationnelle et déployable, sous faible préavis, d’ici 2020. Les militaires français et britanniques y travaillent depuis la signature du traité de Lancaster House, fin 2010. Pour cela, différents exercices ont été régulièrement organisés depuis, permettant de renforcer l’intégration opérationnelle des deux armées. Catamaran vient couronner la qualification de la composante amphibie de la future CJEF.

Réunissant 2000 militaires des deux pays, l’exercice, qui se déroule du 1er au 15 juin, a mobilisé 14 bâtiments de combat de la Marine nationale et de la Royal Navy, 7 détachements français et britanniques déployés à terre et 10 détachements aériens. Ils sont issus de l’aéronautique navale et de l’aviation légère de l’armée de terre françaises, ainsi que de la Royal Air Force.

 

Le RFA Lyme Bay et le Tonnerre en baie de Quiberon le 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le RFA Lyme Bay et le Tonnerre en baie de Quiberon le 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'opération amphibie franco-britannique du 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'opération amphibie franco-britannique du 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'opération amphibie franco-britannique du 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'opération amphibie franco-britannique du 7 juin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

De La Rochelle à Quiberon en passant par l’île de Ré

Les troupes et le matériel, en majorité français pour ces manoeuvres, ont été embarqués à La Rochelle sur le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Tonnerre, de la Marine nationale, ainsi que le transport de chalands de débarquement (TCD) auxiliaire Lyme Bay, de la Royal Fleet Auxiliary. Après un premier exercice amphibie sur l’île de Ré le 5 juin au petit matin, la force est remontée vers la Bretagne pour se positionner en baie de Quiberon.

Au large, l’armada comprenait, outre les Tonnerre et Lyme Bay, le destroyer britannique HMS Dragon, la frégate antiaérienne Jean-Bart, la frégate multi-missions Aquitaine, la frégate anti-sous-marine La Motte-Picquet et plusieurs chasseurs de mines dont le HMS Chiddingfold de la Royal Navy. Le soutien logistique des unités de combat était assuré par les bâtiments de commandement et de ravitaillement Marne et Somme.

Jeudi dernier, c’est la plage de Fort-Neuf, à l’est de la presqu’île, qui était la cible du TG 471.01, le groupe amphibie dirigé par le contre-amiral Olivier Lebas, dont l’état-major franco-britannique gérait l’ensemble des opérations depuis le vaste centre de commandement du Tonnerre.

La journée débute par une météo assez maussade, ciel gris, crachin breton et brume sur la mer, réduisant la visibilité. Ce qui présente aussi l’avantage de masquer tout ou partie de la flotte aux yeux des observateurs. Alors que la zone d’exercice est sécurisée par la Gendarmerie maritime, qui fait la police du plan d’eau et éloigne les plaisanciers curieux ou ceux sortant de Port-Haliguen, les bâtiments les plus proches sont les chasseurs de mines, avec l'Andromède et le Chiddingfold.

 

Au matin du 7 juin, devant Quiberon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Au matin du 7 juin, devant Quiberon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lyme Bay, le chasseur Andromède et la vedette Sèvre de la Gendarmerie maritime (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lyme Bay, le chasseur Andromède et la vedette Sèvre de la Gendarmerie maritime (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La batellerie du Tonnerre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La batellerie du Tonnerre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Commandos marine passant devant l'Andromède (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Commandos marine passant devant l'Andromède (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Reconnaissance et déminage

Ce sont eux et les hommes du groupement des plongeurs démineurs (GPD) de la Méditerranée qui sont chargés de détecter les menaces tapies sous l’eau ou en surface, mines comme engins explosifs improvisés (IED). Les spécialistes de la guerre des mines vont nettoyer et sécuriser un couloir maritime pour les engins de débarquement.

Ils ne sont toutefois pas les premiers à intervenir. D’abord, il faut reconnaitre la plage et les environs. C’est la mission des moyens de renseignement, qu’il s’agisse de surveillance aérienne ou satellitaire, et des unités de reconnaissance des forces spéciales. L’objectif est de déterminer la nature exacte du lieu de débarquement, les pièges éventuels et les défenses dont dispose l’adversaire, dans l’environnement immédiat comme la zone alentours.

Avant le débarquement, les sites militaires adverses (centres de commandement et de communication, stations radars, batteries côtières, défense sol-air, casernes…) peuvent être neutralisés par la flotte et l’aviation. Des frégates comme l’Aquitaine disposent par exemple de missiles de croisière et peuvent user de leur artillerie, alors que les appareils basés à terre ou depuis un porte-avions sont à même d’effectuer des raids sur les installations ennemies.  

 

La frégate Jean Bart apparait au loin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La frégate Jean Bart apparait au loin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le Jean Bart s’approche pour soutenir le débarquement

Dans la matinée, le soleil commence à pointer et la brume se dissipe. On aperçoit désormais une bonne partie du dispositif, avec en plus des chasseurs de mines le Lyme Bay et le Tonnerre, dont les engins de débarquement sont à l’eau et prêts à rejoindre la côte. Sur le pont du BPC, on distingue aussi des hélicoptères. Il y a là des Tigre et Puma, ainsi qu’un Chinook britannique. La frégate Jean Bart apparait à l’horizon, se rapprochant du littoral pour soutenir la force amphibie. Elle peut ainsi assurer la défense aérienne à courte portée contre des missiles antinavire ou aéronefs adverses mis en œuvre depuis la côte, tout en pouvant employer ses moyens de guerre électronique, notamment de brouillage. Elle est par ailleurs, dans cette position, en mesure de fournir un appui feu aux troupes débarquées avec son canon de 100mm, qui peut tirer 78 obus par minute à une portée d’une quinzaine de kilomètres.

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les autres frégates veillent au large

Les autres frégates évoluent en fonction de la menace, qu’elle soit sous, sur ou au-dessus de la mer. L’Aquitaine et le La Motte-Picquet peuvent ainsi, avec leurs sonars et hélicoptères embarqués, dresser un barrage contre des sous-marins, leurs autres moyens leur permettant de se défendre elles-mêmes et les unités à proximité contre des attaques en surface et aériennes. C’est toutefois le HMS Dragon, l’un des six destroyers du type 45 de la Royal Navy, qui dispose de toutes les capacités pour coordonner la défense aérienne de la zone. Mis en service en 2012, le puissant bâtiment de 152 mètres et 7450 tonnes de déplacement en charge, équivalent britannique des frégates franco-italiennes du type Horizon, dispose pour cela d’un radar de surveillance d’une portée supérieure à 400 kilomètres et de missiles surface-air Aster 30 et Aster 15.

 

Arrivée des commandos marine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée des commandos marine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée des commandos marine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Arrivée des commandos marine (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les commandos marine en premier

L’ordre d’investir la plage de Fort-neuf est enfin donné. Les premiers à débarquer sont les commandos marine, qui arrivent silencieusement à bord de leurs embarcations gonflables. En tenue noire et le visage peint de la même couleur, afin d’être le moins visibles possible, ils sont en position pour faire feu avant même d’atteindre la plage. Ils ont rapidement mis pied à terre, se mettent en position défensive et progressent avec précaution. Avec eux, des sapeurs, qui sortent leur matériel de détection. Il s’agit de s’assurer que le site n’est pas piégé. Au moindre doute, le sable est inspecté et un chem

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