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 « Qu'on arrête de dire que la Marine va mal et qu'elle a le moral dans les godasses »

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« Qu'on arrête de dire que la Marine va mal et qu'elle a le moral dans les godasses »

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En visite vendredi sur la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué, l'amiral Forissier s'est exprimé sur l'état de la flotte. Alors que la Marine nationale a été confrontée à la collision du Triomphant avec un sous-marin britannique et que le Charles de Gaulle est toujours immobilisé, un récent rapport parlementaire évoque des difficultés pour la marine à remplir ses missions. Interrogé sur ces sujets par Le Télégramme, Pierre-François Forissier s'est voulu très clair. « Je suis dans la Marine depuis 37 ans et cela fait 37 ans que j'entends dire que nous n'avons pas assez de moyens, pas assez d'argent... La France n'est pas l'Amérique. Aujourd'hui, je remplis toutes les missions assignées par le livre blanc de la Défense et le président de la République (...) On est toujours en train de dire que dans un monde idéal, tout pourrait être mieux... La morosité, stop ! Non ! Notre matériel n'est certes pas tout neuf, mais on fait le mieux qu'on peut avec ce que l'on a », a-t-il expliqué au quotidien breton.
Le chef d'état-major de la marine est également revenu sur les problèmes que connaît actuellement le porte-avions français sur son système propulsif. Depuis la fin février, le Charles de Gaulle, qui sortait d'un an et demi de grand carénage, est bloqué à Toulon. Les investigations se poursuivant pour déterminer avec exactitude les causes de l'usure anormale de deux pièces d'accouplement reliant deux des quatre turbines à leurs lignes d'arbres. « Les avaries ne sont pas des choses scandaleuses ! Quand plus de la moitié de la flotte du Vendée Globe est victime de casse, on ne dit rien. Quand un navire de la Marine nationale casse, on crie au scandale ! Un bateau, ça casse tous les jours. Et tous les jours on répare. Je voudrais qu'on arrête de dire que la Marine va mal et qu'elle a le moral dans les godasses (...) Les dégradations ont été identifiées. Elles ne concernent qu'une pièce mécanique. Nous savons la changer. Mais nous voulons savoir pourquoi cela s'est produit. Il n'est pas question de reprendre la mer en prenant le risque que ce problème se produise à nouveau. Nous repartirons quand nous aurons toutes les garanties. Cela prend du temps », précise l'amiral Forissier au Télégramme.
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