Défense
Rafale indiens : Rien de neuf sous le soleil

Actualité

Rafale indiens : Rien de neuf sous le soleil

Défense

Certains media français se sont un peu emballés, hier,  en évoquant le fait que l’Inde pourrait commander jusqu’à 189 avions de combat Rafale, soit 63 de plus que les 126 du contrat actuellement en cours de négociation. Cette éventualité, soulevée lors de la venue en France du ministre indien des Affaires étrangères, n’est en réalité pas nouvelle. Depuis le début, et cela a été officiellement dit à plusieurs reprises, le programme indien MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft) doit porter sur 126 appareils, avec une tranche optionnelle comprenant une éventuelle  commande ultérieure d’un lot additionnel équivalent à 50% du contrat initial (soit précisément 63 appareils).

En finale face à l’Eurofighter, le Rafale s’est imposé en 2012 comme choix prioritaire pour les autorités indiennes. Celles-ci sont, dès lors, entrées en négociations exclusives avec l’équipe française, emmenée industriellement par Dassault Aviation. Les discussions se poursuivent en vue d’un dénouement - que Paris espère heureux - en 2013. Un délai qui peut paraitre long mais qui s’explique facilement par la complexité de ce contrat, qui implique un important transfert de technologie permettant aux Indiens de réaliser sur place leurs futurs avions.

 

 

Appontage d'un Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE)

Appontage d'un Rafale Marine sur le Charles de Gaulle (© : MER ET MARINE)

 

 

La version navalisée reste une hypothèse

 

 

Ceux-ci sont destinés à l’armée de l’air indienne mais New Delhi pourra, éventuellement, recourir si elle le souhaite au Rafale pour équiper ses porte-avions. Dès sa conception, l’appareil de combat français a, en effet, été décliné dans une version navalisée, en service depuis 2001 au sein de la Marine nationale, qui la met en œuvre à partir du Charles de Gaulle. Appontant sur une piste obliques dotée de brins d’arrêt et lancé au moyen de catapultes sur le porte-avions français, le Rafale Marine est également en mesure d’embarquer sur des bâtiments dotés d’un tremplin au lieu de catapultes (mais toujours avec une piste oblique et des brins d’arrêt), ce qui est le cas des nouveaux porte-avions indiens Vikramaditya et Vikrant. Des études menées par les ingénieurs français ont permis de valider la faisabilité de cette configuration. Pour le moment, l’Inde n’a jamais évoqué officiellement, dans le cadre du projet MMRCA, l’intégration d’appareils navalisés pour son aéronautique navale, qui doit normalement être équipée de MiG-29K russes. Mais il semble clair que les autorités de New Delhi se sont ménagé cette potentialité. Cela expliquerait en tous cas l’apparition, durant la compétition entre industriels, de vues d’artistes présentant un Eurofighter navalisé (version qui de l’avis des spécialistes est techniquement infaisable, sauf à refaire entièrement l’avion, puisque celui-ci n’a pas été conçu dès l’origine pour les contraintes de l’aviation embarquée, comme la nécessité d’un train plus robuste et d’une structure renforcée pour les appontages). Sans oublier bien entendu les études réalisées en France sur la capacité à mettre en œuvre un Rafale Marine avec un tremplin. Au cas où…

 

 

Le Vikramaditya est en essais en Russie (© : INDIAN DEFENSE NEWS)

Le Vikramaditya est en essais en Russie (© : INDIAN DEFENSE NEWS)

 

Dassault Aviation