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Aménagement du Littoral
Rance: le désenvasement avance... lentement
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Rance: le désenvasement avance... lentement

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Désenvasement de la Rance rime avec patience. Avec un an de retard, l'opération « Lyvet 3 » vient d'avoir le feu vert du préfet de la région Bretagne, pour un démarrage « à la fin de l'été ». En attendant, EDF va draguer le chenal près de l'écluse du Châtelier dans les semaines à venir, ce qui devrait permettre aux bateaux de passer sans s'échouer. Mais le grand plan quinquennal de désenvasement, lui, attend toujours.
 

1. L'opération « Lyvet 3 » lancée avec un an de retard. Le piège à sédiments de Lyvet, au pied de l'écluse du Châtelier, entre Saint-Samson et La Vicomté, sera vidé « à partir de la fin d'été prochain ». Son contenu, près de 100.000 m³ de vases, ira rejoindre le centre de transit des sédiments créé en 2014 à quelques centaines de mètres de là, à La Hisse. La vase y subira un traitement naturel qui lui permettra, au bout de deux ans, de servir d'amendement pour les terres agricoles des environs. Voilà en quoi consiste l'opération « Lyvet 3 », qui aurait dû être menée cet hiver, mais ne l'a pas été, faute d'argent. « On a perdu un an, constate le président de Coeur Émeraude, Didier Lechien, aux manettes de cette opération. Le préfet de région vient de nous demander de lancer l'opération, sachant que sont réunis 1,3 M€ sur les 1,5 M€ nécessaires. Les trois communautés de communes concernées participent, la Région et l'État, mais il manque le Département et l'Agence de l'Eau. Je pense que l'État bouclera le financement. Je rappelle que nous sommes sur le domaine public maritime, qui est sous sa responsabilité », insiste le maire de Dinan. 

2. EDF va draguer un peu avant la saison. Le vidage du piège ne peut se faire quà partir cet automne, « pour des questions de navigation estivale et de contingences naturelles », résume Dominique Mélec, responsable développement durable chargé de ces questions au sein de Coeur. Mais alors, comment s'assurer que la Rance soit navigable jusqu'au port de Dinan, alors que les échouages de navires se sont multipliés ces deux dernières années autour de l'écluse du Châtelier ? La technique de la « chasse » (une vidange soudaine de l'écluse censée repousser les sédiments), employée jusque là par EDF, n'a pas été efficace, l'an dernier. Elle avait même attisé la colère des associations comme Rance Environnement vis-à-vis d'EDF, censée assurer la navigabilité du fleuve selon le contrat de concession du barrage passé avec l'État. Finalement, EDF avait procédé à un dragage d'urgence, courant juillet, en pleine saison. Cette année, le géant de l'énergie va s'y prendre plus tôt : dans les semaines qui viennent, entre 5 et 10.000 m³ de vase seront dragués par une barge, devant l'écluse, pour dégager le chenal de navigation. Les sédiments dragués iront d'ailleurs eux aussi rejoindre le centre de transit où ils seront valorisés. 

3. Navigabilité : « ça devrait aller ». Les bateaux pourront-ils descendre jusqu'à Dinan sans se planter dans une montagne de vase ? Dominique Mélec se veut plutôt confiant, même si la réponse repose aussi sur les conditions météo à venir. « La navigabilité sera meilleure, au moins la première moitié de l'année. Ensuite, cela dépend de la pluviométrie et du débit de la rivière, puis Lyvet 3 prendra le relais en octobre. Ça devrait aller ». 

4. Le plan quinquennal toujours en attente de sous. Le gros morceau du désenvasement, c'est le plan quinquennal (2018 - 2023) préconisé par le fameux rapport ministériel commandé la ministre d'alors, Ségolène Royal. Sauf que là encore, l'État peine à réunir les 9,5 M€ nécessaires. « Il manque 2 M€, et Coeur Émeraude n'a évidemment pas le début dun centime pour cela. Il n'y a plus de temps à perdre, il y a une impatience sur les bords de Rance. J'attends que l'État et la Région aillent jusqu'au bout de la logique et bouclent le financement dès que possible. Et que Coeur soit désignée comme porteuse de ce plan, après tout le travail qu'elle a accompli sans en avoir le mandat », lance Didier Lechien. 

Un article de la rédaction du Télégramme