Croisières et Voyages
RCCL restructure Pullmantur

Actualité

RCCL restructure Pullmantur

Croisières et Voyages

Sauver le soldat Pullmantur. C’est que va tenter de faire le groupe américain Royal Caribbean Cruises Ltd, qui a décidé de restructurer sa filiale espagnole. Suite aux difficultés du marché ibérique de la croisière après la crise de 2008, Pullmantur était partie à la conquête de l’Amérique latine. Une stratégie qui s’est soldée par un échec, cette région connaissant à son tour d’importantes difficultés économiques, notamment au Brésil, impactant le tourisme local, mais aussi une concurrence accrue. « Notre stratégie en Amérique latine s’est heurtée à un mur », a déclaré sans détour Richard Fain, le grand patron de RCCL.

 

Le Monarch (© : PULLMANTUR)

Le Monarch (© : PULLMANTUR)

 

Abandon de l’Amérique latine et retour de l’Empress chez RCI

Alors que Pullmantur perd de l’argent et a vu sa valeur fortement dépréciée, sa maison-mère a donc décidé de lui administrer un traitement de choc. L’Amérique latine, à l’exception des Caraïbes en hiver, est abandonnée et le paquebot Monarch, qui y était affecté, retraversera l’Atlantique l’année prochaine. Il sera basé en Europe du nord, alors que son sistership, le Sovereign, sera exploité en Méditerranée. Quant à l’Empress, il réintègrera la flotte de Royal Caribbean International, la principale filiale de RCCL, dès le mois de février. Après un important arrêt technique, le navire reprendra son précédent nom, Empress of the Seas. Aucune précision n’a encore été donnée sur son exploitation future mais un positionnement à Cuba fait partie des options les plus logiques. Sauf refonte majeure, l’Empress est en effet trop vieux et ses standards sont dépassés (cabines trop petites et presque toutes dépourvues de balcon) pour un usage standard chez RCI, alors qu’il parait très complexe, pour le moment, de baser des gros paquebots à Cuba, où il faudra développer toute une infrastructure logistique.

La restructuration de Pullmantur, qui va donc se recentrer sur l’Europe et le marché espagnol, intervient après des mois d’incertitude et de signes négatifs. A deux reprises, la compagnie n’a, en particulier, pas bénéficié du transfert d’un nouveau navire, d’abord le Celebrity Century, finalement envoyé sur le marché chinois, puis le Majesty of the Seas, que RCI a préféré garder. Malgré son âge, le sistership des Monarch et Sovereign demeure en effet très rentable avec sa programmation de mini-croisières vers les Bahamas, justifiant pas son transfert au sein d’une filiale espagnole en difficulté.  

 

L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Horizon (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le cas de CDF

Pour ce qui concerne Croisières de France, des questions demeurent également. Deux navires sont actuellement exploités pour le compte de la marque française de Pullmantur : l’Horizon à l’année et le Zenith en été. Alors que CDF a sérieusement réduit la voilure en matière de destinations pour sa programmation 2016, la saison du Zenith vient d’être raccourcie, six croisières dont les départs étaient prévus entre le 8 octobre et le 12 novembre 2016 étant supprimées. En revanche, la compagnie devrait bénéficier du rétablissement de la formule « all inclusive », qui constituait un fort argument de vente depuis son lancement en 2008 et a été supprimé au printemps dernier. Ce sera un atout pour faire face à une concurrence accrue, en particulier en Méditerranée, mais ne solutionne pas le problème du vieillissement de la flotte, CDF devant composer avec les paquebots flambants neufs de ses compétiteurs. Alors que l’Horizon et le Zenith ont été mis en vente cet été, la question du transfert d’un autre paquebot du groupe RCCL, plus récent et doté d’un nombre suffisant de cabines avec balcon, n’est toujours pas tranchée. Ce sera pourtant un élément déterminant pour l’avenir de Croisières de France, qui bénéficie toujours, et heureusement, du soutien de Richard Fain, à l’origine de sa création. 

Royal Caribbean | Actualité de la compagnie de croisière