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RCCL : vaste plan social chez le numéro 2 mondial de la croisière
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RCCL : vaste plan social chez le numéro 2 mondial de la croisière

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Le groupe américain Royal Caribbean Cruises Ltd, numéro 2 mondial de la croisière, a décidé de supprimer un quart de ses effectifs aux Etats-Unis, où il emploie 5000 personnes. Du jamais vu depuis la crise qui avait secoué l’industrie du tourisme suite aux attentats du 11 septembre 2001. RCCL avait à l’époque licencié 800 personnes et fermé plusieurs bureaux à l’étranger, dont celui de Paris.

Durement touché comme ses homologues par la crise du coronavirus, qui a mis toute la flotte mondiale de navires de croisière à l’arrêt, le groupe américain n’a aujourd’hui que peu de marges de manœuvre. Pour des raisons de rentabilité, il avait déjà, ces dernières années, largement compressé ses coûts et effectifs, le dernier plan social en date concernant la fermeture de ses bureaux commerciaux en Europe continentale, décidée fin 2019 et effective depuis la fin mars. Une centaine d’emplois a disparu, pour l’essentiel en Espagne. Il ne lui reste désormais plus comme implantations commerciales significatives, en dehors des USA, que ses bureaux au Royaume-Uni, en Australie et en Amérique latine. L’annonce de coupes drastiques dans les effectifs du siège ne semble pas avoir eu d’incidence particulière sur les marchés financiers, le titre RCCL clôturant vendredi  à la bourse de New York sur une hausse de 9.94% à 37.39 dollars le titre, alors que les deux autres majors du secteur, Canival Corporation et Norwegian Cruise Line Holdings, terminaient respectivement à 12.56 dollars (+5.99%) et 12.38 dollars (+9.07%). Très loin de leur niveau d’avant crise. Ainsi, le 17 janvier, le titre Carnival s’échangeait à 51.9 dollars, celui de RCCL à 135 dollars et NCLH à 59.65 dollars.

Pour la suite, alors que l’arrêt de la flotte semble durable et que personne n’espère plus de retour à activité significative avant l’année prochaine, que pourrait donc faire RCCL de plus, qui rassemble les marques Royal Caribbean International, Celebrity Cruises et Azamara Cruises ? D’abord, dans la perspective d’une reprise progressive, désarmer plus ou moins durablement ses plus vieux navires, en particulier ceux qui sont déjà amortis. On pense notamment chez RCI aux Majesty et Empress, mais aussi aux Enchantment, Grandeur, Rhapsody et Vision. Et si vraiment la situation est critique, pourraient aussi être mis à l’arrêt les quatre unités de la classe Radiance (Radiance, Brillance, Serenade, Jewel). La flotte de RCI s’appuierait alors sur ses unités les plus grosses et les plus récentes, à savoir les quatre Oasis (Oasis, Allure, Harmony, Symphony et Wonder en 2021), les Quantum (Quantum, Anthem, Ovation, Spectrum et dans quelques mois l’Odyssey, qui est en achèvement), les Freedom (Freedom, Liberty Independence) et Voyager (Voyager, Adventure, Explorer, Navigator et Mariner).

Du côté de Celebrity Cruises, tout ou partie des quatre Millennium (Millennium, Infinity, Summit, Constellation) pourrait être désarmé, la compagnie conservant ses logiquement ses nouvelles unités (Edge et Apex).

Quant à Azamara, c’est la grande question car la compagnie elle-même, qui exploite trois petits paquebots (Journey, Quest, Pursuit), pourrait servir de variable d’ajustement. L’annonce en fin de semaine du départ de son patron, Larry Pimentle, qui a démissionné de ses fonctions, n’augure rien de bon.

Il conviendra aussi de voir ce que RCCL fera concernant ses participations dans d’autres compagnies, dont sa société commune TUI Cruises avec le voyagiste allemand TUI, mais aussi et surtout sa présence au capital de la compagnie espagnole Pullmantur, dont elle détient encore 49% ainsi que la propriété des trois paquebots que l’opérateur ibérique exploite encore (Monarch, Sovereign, Horizon).

Et enfin quelle sera sa stratégie concernant les nouveaux paquebots en construction ou commandés, en particulier dans les chantiers français (Oasis et Edge) et finlandais (Icon), sachant qu'il ne lui reste plus en Allemagne que l'Odyssey of the Seas, dont l'assemblage vient de se terminer. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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