Marine Marchande
RDIF, Rosatom, Nornickel et DP World s’associent pour développer le passage du Nord-Est

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RDIF, Rosatom, Nornickel et DP World s’associent pour développer le passage du Nord-Est

Marine Marchande

Le Russian Direct Investment Fund (un fonds souverain créé par le gouvernement russe pour investir dans les secteurs clés), Rosatom, Nornickel (société russe qui se place parmi les premiers producteurs de nickel et de palladium) et DP World (exploitant portuaire dubaïote) se sont associés pour développer le passage du Nord-Est. Le parlement russe a confié à Rosatom le contrôle de cette nouvelle route maritime stratégique.

La Russie, qui appelle cette route NSR (Northern Sea Route), veut en faire une alternative au passage par le canal de Suez, en particulier pour les navires venant des ports chinois. Elle doit aussi servir de plus en plus au trafic de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance de la zone de Yamal, ainsi que pour d'autres matières premières. Le Kremlin avait annoncé l'an passé sa volonté de garder la voie navigable pratiquable toute l'année à l'horizon 2023-2025.

Les quatre partenaires doivent créer une joint venture pour augmenter le trafic maritime commercial en Arctique. L’accent sera mis sur le trafic linéaire de conteneurs et de marchandises en vrac. Les modalités de ce partenariat n’ont pas encore été précisées, mais DP World souhaiterait devenir l’opérateur des ports et des infrastructures que la Russie prévoit de construire. En effet, pour le développement de cette route, les partenaires envisagent la construction de brises-glaces et de d'installations portuaires. Rosatom a d’ailleurs lancé le mois dernier l’Ural, son troisième nouveau brise-glace à propulsion nucléaire.

La route du Nord-Est nécessite un investissement de 735 milliards de roubles (10.27 milliards d’euros), selon des propos du patron de Rosatom, Alexey Likhachev, rapportés par l’agence Reuters. Cet investissement doit être partagé entre la Russie à la hauteur d’un tiers environ (274 milliards de roubles), Rosatom, de grands groupes russes spécialisés dans l’exploitation de matières premières (Rosneft, Novatek, Gazpromneft, Gazprom, Nornickel) et des crédits bancaires. Sollicitée, Rosatom a confirmé les chiffres sans apporter de précisions supplémentaires, en particulier sur la nature des investissements.