Pêche
Recherche halieutique : L'Ifremer signe un accord de coopération en Manche-Est

Actualité

Recherche halieutique : L'Ifremer signe un accord de coopération en Manche-Est

Pêche

L'Ifremer vient de signer un accord de coopération avec le consortium ERANET MariFish pour une collaboration sur la recherche halieutique en Manche-Est. Regroupant 18 partenaires, l' l'ERANET MariFish q pour objectif « le dialogue, la coopération et le partenariat entre les principaux bailleurs de fonds nationaux et européens de recherche halieutique en vue de l'élaboration d'une stratégie de gestion durable des pêcheries basée sur les écosystèmes », explique l'Ifremer. Le total annuel du budget de recherche halieutique pour l'ensemble des partenaires s'élève à environ 190 millions euros et représente, sur le plan européen, une part très importante des ressources pour la recherche. Sur une période de 5 ans (2006 - 2011), MariFish doit permettre l'échange des informations en matière de R&D et de programmes de recherche, améliorer les pratiques par le partage des connaissances, identifier des collaborations régionales, européennes et internationales, renforcer la coordination entre la recherche halieutique et d'autres disciplines. Il vise également comparer et analyser les programmes de recherche nationaux tout en identifiant les domaines d'intérêt commun, les lacunes et les éventuels doubles emplois. Enfin, Marifish doit permettre la mise en place de programmes de recherche partagés et identifier la stratégie pour le développement de nouveaux programmes de recherche financés conjointement.

Action de l'Ifremer au sein du MariFish : le Défi Manche

L'Ifremer a défendu au sein du consortium l'intérêt d'une démarche régionale. « L'étude des écosystèmes par éco-régions permet de renforcer la coopération sur une perspective à long terme entre Etats ayant des intérêts communs, notamment scientifiques, à gérer la même mer », explique l'institut français, qui rappelle que l'approche multidisciplinaire est également facilitée au niveau régional. Le premier chantier a été développé sur la zone Manche. Il débute cette année pour une durée de 4 ans avec les instituts français, belge, néerlandais et britannique. La collaboration est financée par les programmes nationaux, la composante française (Ifremer) étant le « Défi Manche ». Cette mer, l'une des plus fréquentée du monde, est une zone très riche, l'abondance des ressources biologiques devant cohabiter avec l'accroissement des activités humaines, ce qui rend l'écosystème marin particulièrement sensible. « Toute altération causée par les activités humaines de l'environnement peuvent avoir de graves conséquences sur les ressources biologiques et la qualité de l'habitat, et donc pour la survie des espèces et le fonctionnement de l'écosystème dans son ensemble. Une étude détaillée des habitats et des espèces devient désormais indispensable pour dresser un état de l'écosystème et commencer à évaluer les risques potentiels générés par les activités humaines », explique l'Ifremer. Le Défi Manche a donc pour vocation d'élargir le champ des investigations à l'échelle de la Manche et d'appréhender de manière plus globale les caractéristiques et le fonctionnement des habitats et des ressources renouvelables qu'ils hébergent. Il s'inscrit dans le cadre d'une approche « écosystémique » de la gestion des ressources permettant de mieux adapter la pression des différents usages (dont la pêche) aux capacités de production des milieux.

Accord de coopération

Les partenaires ont souhaité formaliser leur intérêt commun à combiner les programmes nationaux dans la Manche. Les objectifs sont le développement de concepts novateurs par le partage d'expertise ; contribuer à la gestion du même écosystème avec les mêmes poissons et stocks de crustacés et accroître la coopération scientifique. Ce dernier objectif passe par l'échange d'informations sur les priorités nationales, le partage des connaissances et des données scientifiques des campagnes, ainsi que l'utilisation mutuelle des installations et des outils de chaque partenaire. De plus, les échanges de personnels (experts junior et confirmé) ainsi que les accueils d'étudiants doivent être développés. Les partenaires entendent développer un programme régional conjoint intitulé : « Vers l'adoption d'une approche fondée sur les écosystèmes pour la gestion de la pêche dans la Manche : caractérisation spatiale et contribution à la gestion des effets de la pêche ». L'objectif principal est d'identifier plusieurs facteurs : la pression de la pêche par un atlas sur les métiers, les caractéristiques associées à l'habitat (poissons et invertébrés), et la répartition et l'abondance de l'activité socio-économique de chaque métier. Les caractéristiques et la biodiversité des habitats essentiels seront ensuite comparées à la répartition de l'effort de pêche survenant à la même période afin de déduire le niveau de pression soutenue. Des scénarios alternatifs visant à atténuer les impacts seront proposés pour le développement de nouveaux engins moins destructeurs ou encore de la cartographie des zones qui ont besoin d'être protégées. « Les effets des différents scénarios seront analysés avec les modèles biologiques et économiques et les conséquences en matière de gouvernance seront identifiées. Les connaissances scientifiques et empiriques seront mises au point pour contribuer à une gestion durable de ces zones ».

IFREMER | Actualité de l'institut de recherche marine