Croisières et Voyages
Rencontre : Jérôme Sueur, directeur de croisière de l’Allure of the Seas

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Rencontre : Jérôme Sueur, directeur de croisière de l’Allure of the Seas

Croisières et Voyages

C’est un Français qui est à la tête de l’animation et des divertissements de l’Allure of the Seas.  A 36 ans, Jérôme Sueur occupe le poste très convoité de directeur de croisière sur l’un des deux plus gros paquebots du monde. Un géant hors normes qui offre une incroyable variété de spectacles et d’activités, au sein d’une compagnie américaine, Royal Caribbean International, où comme partout aux Etats-Unis le sens du show a quelque chose de génétique. «  On trouve ici un entertainment à l’Américaine, tout à fait comparable à Las Vegas. Royal Caribbean est de plus pionnière dans l’industrie de la croisière. C’est elle qui a lancé de nombreuses innovations, comme ici le théâtre aquatique, où nous avons des shows en soirée avec d’anciens plongeurs olympiques ».

« Il y en a pour tous les goûts » 

362 mètres de long, 66 mètres de large, plus de 225.000 GT de jauge… L’Allure of the Seas et son jumeau, l’Oasis of the Seas, surclassent de très loin tous les navires à passagers actuellement en service. « Il est plus grand et plus gros, c’est le meilleur navire de croisière et aucune autre compagnie ne propose la même chose. Nous avons à bord une multitude d’espaces publics et d’activités : une grande rue commerçante, un parc paysager à ciel ouvert avec des vrais arbres, un centre de bien-être, une patinoire où se produisent chaque jour une dizaine de patineurs professionnels, une immense salle de spectacle avec des comédies musicales de Broadway, une vingtaine de restaurants, des bars, un casino, une discothèque… Il y a tout à bord de ce navire, qui est une petite ville flottante ». A chaque passager, ensuite, d’adopter le rythme de vie qu’il souhaite pour sa croisière : « Chacun peut faire ce qu’il veut. Il y a une offre considérable en termes d’activités et de divertissements, ce qui permet de passer des vacances très énergiques. Mais le navire est organisé de telle manière que si quelqu’un souhaite être relax, c’est possible. En fait, il y en a pour tous les goûts ».

A la tête d’une équipe de 250 personnes

Pour faire vivre le paquebot géant, le directeur de croisière est à la tête de 250 personnes, soit un peu plus de 10% de l’équipage. « J’ai sous ma responsabilité les équipes d’animation, les artistes, chanteurs, danseurs, plongeurs patineurs et aussi les personnages de Dreamworks, sans oublier les techniciens du son, des lumières et des vidéastes ». De Shrek aux animaux de Madagascar, les héros des films d’animation de Dreamworks parcourent le navire et défilent dans la Royal Promenade, la grande rue commerçante située au cœur du bateau, pour le plus grand plaisir des enfants. Sous les imposants costumes, on en vient presque à oublier qu’il y a de vraies personnes. « Entre nous, on les identifie beaucoup à leurs personnages ». Dans les locaux réservés à l’équipage, Alex est donc devenu Shrek. En coulisses, l’ambiance est en fait très bonne, confie Jérôme.  C’est d’ailleurs un pré-requis puisque les 2380 membres d’équipage de l’Allure of the Seas travaillent à bord sur une longue durée, de trois à huit mois selon les postes. Malgré l’éloignement des familles et la promiscuité, Jérôme se dit ravi par son métier. « En fait, l’équipage est une énorme famille et on est là parce que l’on a voulu travailler sur un navire. Le sourire est naturel puisqu’on aime notre job ». Avec, dit-il, une belle ouverture sur le monde : « Ce qui est assez génial, c’est qu’il y a plus de 70 nationalités différentes dans l’équipage. C’est un monde de tolérance. On apprend beaucoup, on découvre des cultures et on a des amis dans le monde entier, chez qui l’on va d’ailleurs pendant les vacances. C’est vraiment très enrichissant tant d’un point de vue humain que professionnel ».

« C’est un boulot génial, je ne me vois pas faire autre chose »

7 jours/7, avec plus d’une douzaine d’heures de travail quotidiennement… sur un paquebot, les journées sont longues, le rythme est très soutenu et, après ses quatre mois à bord, Jérôme Sueur confie qu’il commence toujours ses deux mois de vacances « par dormir deux semaines ». Mais qu’importe, le jeune Français s’éclate et le dit très clairement : « c’est un boulot génial, je ne me vois pas faire autre chose ». Pour remplir sa mission, le directeur de croisière donne de sa personne. Car son métier ne consiste pas uniquement à gérer ses équipes. Il est en première ligne face aux passagers et anime des soirées, passant du costume sur la scène du grand théâtre au mode « clown », patins aux pieds et casque à gyrophare, lorsqu’il conclut le show de la patinoire.

Des carrières qui peuvent évoluer très vite

Natif de Chevreuse, dans les Yvelines, puis ayant passé une partie de son enfance à Ténériffe avant de faire ses études universitaires à Londres, Jérôme Sueur a travaillé dans l’hôtellerie avant de rejoindre il y a quatre ans la croisière et effectuer son premier contrat chez Royal Caribbean. A l’époque, il n’a pas d’expérience sur un paquebot et doit donc se contenter d’un petit poste. Mais dans ce secteur, quelque soit l’origine et les diplômes, si la recrue est bonne et motivée, les carrières progressent très vite. « Comme tout le monde qui arrive dans la croisière, j’ai commencé en bas de l’échelle, comme animateur. Après trois mois je suis devenu assistant directeur de croisière et au bout d’un an et demi j’étais directeur de croisière ». Après avoir œuvré sur différents paquebots, dont le Majesty of the Seas, l’Adventure of the Seas et le Liberty of the Seas, Jérôme a donc été nommé il y a quelques mois sur l’un des deux navires amiraux de la compagnie. Un poste clé et une sacrée reconnaissance pour le petit « Frenchie ». Il faut dire que le directeur de croisière est un personnage. L’œil vif, en perpétuel mouvement, Jérôme Sueur se donne à fond et attend autant de son équipe. Il parle couramment quatre langue, « et je me débrouille avec trois autres », a le sens du spectacle et de la communication.

Première escale à Marseille

Le mardi 26 mai était pour Jérôme une date particulière puisque, pour la première fois, l’Allure of the Seas a fait escale hier dans l’Hexagone. Une visite à Marseille qui constituait un véritable évènement. « L’amener en France c’est quelque chose d’impressionnant et d’exceptionnel ». Le directeur de croisière espère d’ailleurs que le coup de projecteur médiatique autour de cette escale incitera de nombreux Français à venir passer leurs vacances à bord. « Petit à petit, les Français embarquent sur des paquebots mais la perception de la croisière dans l’Hexagone est encore trop souvent mauvaise et erronée. Les gens ont peur de la mer alors qu’un navire énorme comme celui-ci ne bouge pas. Ils pensent aussi qu’ils vont s’ennuyer alors que c’est impossible tant il y a de choses à faire. Ce bateau, c’est un super-hôtel avec une très grande qualité de service, de restauration et de spectacles, mais aussi avec des activités telles qu’on n’en trouve dans aucun resort à terre. En plus, le navire se déplace, permettant de découvrir différents pays ».

Encore peu de Français à travailler sur les paquebots

Si le marché hexagonal de la croisière, longtemps poussif, commence enfin à décoller et compte aujourd’hui plus de 600.000 passagers par an, les Français sont encore très peu nombreux à travailler sur les paquebots. A bord de l’Allure of the Seas, ils se comptent sur les doigts d’une main. Le rythme de travail ainsi que l’environnement international, mais aussi l’éloignement de son foyer, semblent rebuter beaucoup de jeunes. Pourtant, assure Jérôme, il s’agit d’une expérience incroyable et la croisière offre de vraies perspectives de carrière. « Comme je le disais, un équipage c’est une famille et on apprend beaucoup de tout le monde. Travailler sur un navire de croisière, c’est une expérience exceptionnelle et si l’on est motivé, on peut progresser vite. Les seules conditions sont d’avoir au moins 21 ans et de parler Anglais. Bien entendu il faut vouloir partir de chez soi et sortir de la France. Mais le monde est merveilleux et, surtout quand on est jeune, il faut saisir de telles opportunités pour le découvrir ». 

Royal Caribbean | Actualité de la compagnie de croisière