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Rénovation des Atlantique 2 : Premiers vols du prototype avec le Searchmaster

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2016 est une année charnière pour la rénovation des avions de patrouille maritime Atlantique 2 de l’aéronautique navale française. Notifié en octobre 2013 par la Direction Générale de l’Armement, le programme voit sa phase de développement avancer et a connu son premier vol d'essais le 29 janvier. Il s’agit du début d'une campagne de six mois destinée à valider les performances du nouveau radar Searchmaster de Thales. Ces tests, réalisés par une équipe intégrée composée de la DGA, du Centre d’Expérimentations Pratiques et de réception de l’aéronautique navale et de Thales permettra de confronter le Searchmaster à ses environnements réels d’utilisation (air/mer, air/sol et air/air). Bénéficiant des technologies conçues pour le RBE2 AESA du Rafale, ce radar aéroporté multi-rôle à antenne active est conçu pour la lutte anti-sous-marine et antisurface, la patrouille maritime, les missions aéroterrestres et de support aérien tactique. Il est notamment optimisé pour la détection de cibles maritimes, y compris de très petite taille, comme des périscopes (voir notre article détaillé sur ce nouveau radar). Après les tests à terre, l’équipement a été installé sur un avion banc d’essai, ce prototype étant transformé à Istres par Dassault Aviation, en charge de l’intégration globale de l’ensemble des nouveaux équipements.

 

Le radar Searchmaster (© : 

Le radar Searchmaster (© : DGA)

 

Quatre grands sous-systèmes à intégrer

Le Searchmaster est l’un des principaux sous-systèmes de nouvelle génération qui seront installés sur les ATL2 de la Marine nationale dans le cadre de leur refonte. Les autres sous-systèmes, qui feront également l'objet d'essais en vol, concernent l’optronique, avec l’ajout d’une boule électro-optique Wescam MX-20D (des systèmes ont déjà été montés sur certains avions en urgence opérationnelle) ainsi que la visualisation tactique, de nouvelles consoles offrant une représentation de la situation beaucoup plus performantes étant développées par l’atelier industrie de l’aéronautique (IAI) de Cuers. Et puis il y a bien entendu la modernisation des moyens de lutte anti-sous-marine, Thales travaillant sur le sous-système de traitement acoustique numérique. L’Atlantique 2 mettra en œuvre de nouvelles bouées acoustiques avec un système de traitement de données multistatique. En clair, grâce à un système de positionnement par satellite, il sera possible d’améliorer le déploiement en mer de ces systèmes de détection, qui pourront dialoguer entre eux afin d’isoler des bruits intéressants. Capables de détecter des cibles sur un spectre élargi de fréquences, les « barrages » seront ainsi plus performants et optimisés, réduisant le nombre de bouées à employer.

 

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(© : MARINE NATIONALE)

 

DCNS rénovera pour sa part le système de combat LOTI (Logiciel Opérationnel de Traitement de l’Information) qu’il avait développé pour l’Atlantique 2. L’implication du groupe naval sur un avion s’explique historiquement par le fait que la Marine nationale considère les ATL2 comme des frégates aériennes et, pour faciliter les échanges avec ses bâtiments comme l’élaboration d’une situation tactique mutualisée, a dès l’origine souhaité que les appareils et navires disposent de systèmes aussi proches que possible. Le LOTI permet d’établir une situation d’ensemble à partir de différents senseurs et assure la mise en oeuvre de l’armement de l'ATL2, comme les torpilles MU90 et les missiles antinavire Exocet AM39. Le nouveau système, collaboratif, permettra à plusieurs opérateurs d’interagir en même temps.

 

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(© : MARINE NATIONALE)

 

 

15 appareils rénovés pour voler au-delà de 2030

15 Atlantique 2 doivent pour le moment bénéficier de cette rénovation, qui leur permettra de voler au-delà de 2030. Le programme, d’un coût global de 700 millions d’euros, a vu donc vu sa première tranche (400 millions d’euros) notifiée en 2013. Elle couvre la phase de développement et le chantier de modernisation du premier appareil. A priori, la DGA et la Marine nationale devraient réceptionner le nouvel Atlantique 2 d'ici 2019. Après la livraison du prototype par Dassault, le Service industriel de l’aéronautique (SIAé) prendra la maîtrise d’œuvre du programme. Son site de Cuers-Pierrefeu, dans le Var, livrera deux à trois avions par an, le 15ème et dernier ATL2 rénové devant dans le meilleur des cas être remis à la Marine nationale en 2023. Le calendrier dépendra des ressources budgétaires.

Pour la Marine nationale, il s’agit en tous cas d’un programme majeur puisque les avions de patrouille maritime sont, en particulier, considérés comme cruciaux pour la protection des sous-marins de la Force océanique stratégique (FOST). Une capacité dont les Britanniques comprennent d’ailleurs cruellement l’intérêt depuis le retrait du service de leurs anciens Nimrod, l’absence de ces appareils constituant une faille importante dans la couverture des SNLE de la Royal Navy.

 

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(© : MARINE NATIONALE)

 

De la mer à la terre, un outil très précieux et polyvalent

On rappellera que Dassault avait initialement livré à l’aéronautique navale 27 Atlantique 2 entre 1989 et 1997 afin de succéder aux Atlantic. Aujourd’hui, seuls 22 avions demeurent opérationnels, affectés aux flottilles 21F et 23F basées à Lann-Bihoué, près de Lorient. Conçus pour la lutte anti-sous-marine et antinavire, les ATL2 sont chargés de la protection des approches maritimes et des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Egalement employés au profit du groupe aéronaval, ainsi que pour le sauvetage en mer, ces appareils sont par ailleurs très sollicités sur des théâtres d’opérations terrestres, notamment sur le continent africain, mais aussi au Moyen-Orient (Irak, Syrie) où ils effectuent des missions de renseignement et de détection d’objectifs au profit des avions de chasse, avec aussi la possibilité de réaliser des bombardements grâce à l’emport de bombes GBU12. 

 

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(© : MARINE NATIONALE)

 

 

Marine nationale Dassault Aviation Thales Naval Group (ex-DCNS)