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Renseignement spatial : Mise en orbite des microsatellites du projet Elisa

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Renseignement spatial : Mise en orbite des microsatellites du projet Elisa

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Les quatre microsatellites du projet Elisa, visant démontrer la capacité à localiser et caractériser des radars au sol depuis l'espace, ont été mis en orbite le 17 décembre, à 700 kilomètres d'altitude, par une fusée Soyouz tirée depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane. La phase de mise à poste permettant aux satellites de rejoindre l'orbite définitive de leur vol en formation durera environ 3 mois. A l'issue de cette période, les équipes de la Direction Générale de l'Armement (DGA) installées à Bruz (près de Rennes), en collaboration avec les forces armées, notamment la Direction des Renseignements Militaires (RDM) installée à Creil, vont explorer pendant au moins 3 ans les moyens d'améliorer la précision et la qualité des informations recueillies.
Elisa est un démonstrateur technologique lancé par le ministère français de la Défense en 2006. « Le projet Elisa s'inscrit dans la logique engagée il y a 15 ans avec les satellites Cerise et Clémentine poursuivie à partir de 2004 avec le démonstrateur Essaim qui a permis d'expérimenter le recueil de renseignements électromagnétiques dans le domaine des télécommunications. La France conforte ainsi sa place parmi les pays maîtrisant le recueil de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) depuis l'espace et de leader européen en ce domaine », rappelle la DGA, qui a confié à Thales Systèmes Aéroportés et Astrium, filiale d'EADS, la réalisation des quatre satellites et du segment sol.

Les quatre microsatellites du projet Elisa  (© : DGA)
Les quatre microsatellites du projet Elisa (© : DGA)

Préparation du programme CERES

L'ensemble des enseignements tirés de ces démonstrateurs vise à préparer le programme CERES (Capacité de Renseignement Electromagnétique Spatiale) dont la mise en orbite des satellites est prévue d'ici la fin de la décennie. Ce programme permettra de localiser et identifier des signaux émis par les systèmes adverses, notamment pour cartographier les centres de télécommunications et les radars dans les zones de crise, et pour évaluer leur niveau d'activité. Ainsi, CERES permettra par exemple de préciser le danger que représentent les radars ennemis en matière de défense aérienne afin de garantir la suprématie des avions français en cas d'intervention, ou encore de déterminer l'architecture des réseaux de communication adverses. S'ajoutant aux satellites d'imagerie, comme Helios, CERES, basé sur une constellation de trois satellites, doit procurer aux forces armées un atout tactique et de renseignement considérable. Complémentaire des moyens actuels de détection electromagnétique fournis par les navires et avions, ce moyen permettra de recueillir des données en toute discrétion, notamment là où les moyens traditionnels ne peuvent opérer.
D'Après nos confrères d'Air&Cosmos, le programme CERES pourrait voir sa phase de conception lancée en 2012 en vue d'une mise en service à l'horizon 2019, le coût du programme étant estimé entre 350 et 400 millions d'euros.

Astrium Thales