Formation et Emploi
Rentrée tendue à l'ENSM

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Rentrée tendue à l'ENSM

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Les rentrées des différents sites de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime se déroulent en ce moment, asseyant définitivement le plan de spécialisation : la filière monovalente machine à Saint-Malo, avec désormais une formation Officier chef de quart machine- 8000 KW en trois ans ; la filière professionnelle pont, les DESMM et les futurs chercheurs à Nantes ; les trois premières années à Marseille et pour le Havre, dans ses nouveaux locaux, la filière Officier Chef de quart passerelle international, les DESMM et les modules « nautiques » complémentaires (6’) de troisième année.

Une lettre des armateurs au ministre

Si l’organisation semble désormais plus fixée, les tensions, toujours vives au sein de l’ENSM, ne s’apaisent pas. Elles n’ont même pas observé de trêve estivale. Fin juillet, Gildas Maire, président d’Armateurs de France, a ainsi envoyé un courrier à Alain Vidalies, ministre de tutelle, au sujet de l’école. 

« Nous sommes saisis par nos mandants, par des élèves et par les syndicats de la branche de dysfonctionnements sérieux », écrit Gildas Maire au ministre. Une démarche relativement inédite puisque les armateurs ont souhaité saisir directement l’autorité de tutelle de l’Ecole, avant même la tenue du conseil d’administration de l’ENSM, dont ils sont membres aux côtés des représentants de l’Ecole et des Affaires Maritimes et qui doit se tenir fin septembre.

La lettre des armateurs, qui qualifie la situation de l’ENSM de « dégradée », commence par s’alarmer des résultats des examens de fin de première année. « Le jury a écarté près de la moitié de la promotion, soit par exclusion soit par redoublement. Les raisons invoquées tiennent notamment à la dégradation du niveau de recrutement, à la pénurie d’enseignants et à une certaine démotivation des élèves ».

Un malaise tangible

On sait les armateurs septiques depuis la transformation de la filière d’officier polyvalent en filière « ingénieur ». A mots couverts ou très officiellement, ils ont fait savoir à plusieurs reprises, qu’en tant que futurs employeurs, ils avaient avant tout besoin de navigants et non d’ingénieurs.

« Nous sommes très inquiets du chute du nombre de candidats, qui appelle une politique énergique de la promotion de la filière et de soutien à l’emploi maritime », poursuit Armateurs de France, qui dénonce, ensuite « un malaise profond ». « La démotivation des enseignants et des élèves en est le symptôme le plus inquiétant. Elle est le reflet du manque de visibilité quant à l’avenir de l’école et de l’emploi ».

Le malaise est en effet réel et tangible, sur les quatre sites de l’Ecole. Le manque d’enseignants et de moyens pédagogiques, la dispersion administrative liée à l’éclatement des services entre les quatre sites, le statut des professeurs, toujours en suspens, et des élèves, qui s’inquiètent d’un cursus qui semble être condamné à la géométrie variable tant il a été modifié. Et dont ils se demandent s’il va réellement les mener quelque part.

La quadrature du cercle imposée à l'ENSM

Le problème fondamental, c’est que l’ENSM n’a pas vraiment le choix. Depuis son baptême, elle est à la merci des affichages politiques de sa tutelle, des batailles d’influence des élus locaux et, surtout, d’une gouvernance, incarnée par son conseil d’administration, au fonctionnement très complexe et sujette à des pressions pour le moins variées sinon contradictoires.

Ces premières années d’existence lui ont vu successivement imposé le maintien de quatre sites, la construction d’une gigantesque école au Havre, la transformation d’un cursus navigant vers une formation d’ingénieur et l’alignement de ses formations sur le modèle européen LMD. Le tout à périmètre budgétaire constant et, désormais, dans un contexte de crise économique qui a profondément tendu le marché du travail et laisse, chaque année, davantage d’élèves sur le quai.

C'est dans ce contexte que le prochain conseil d’administration se tiendra dans quelques jours. En décembre, il devrait y avoir un vote sur la direction de l’Ecole, le mandat de la direction actuelle arrivant à son échéance.

Le ministère de tutelle, interrogé sur ces différentes questions fin août, ne nous a toujours pas répondu.

 

 

 

 

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