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Réparation : Damen Shiprepair Brest dans la course mondiale

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Réparation : Damen Shiprepair Brest dans la course mondiale

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En 2012, le géant hollandais Damen sauvait la réparation navale à Brest. Il vise la rentabilité du chantier dans les deux prochaines années. Des trois repreneurs qui étaient sur les rangs, Damen et sa dimension internationale s'est aisément imposé sur un site de réparations idéalement positionné à la pointe bretonne, au carrefour de la Manche et de l'Atlantique, disposant de cales sèches de belle dimension, parfaitement entretenues. Le site de réparation brestois a évité la désintégration en préservant une grande partie de ses salariés (210), à l'exception de la cellule de direction pilotée aujourd'hui par deux charismatiques Hollandais, Jos Goris et André Hollander.

 

 

Le chantier Damen de Brest (© DAMEN)

Le chantier Damen de Brest (© DAMEN)

 

 

Gros potentiel

 

 

En limitant la casse, Damen est arrivé avec sa méthode et la puissance d'un groupe implanté dans le monde entier (1,7 milliard d'euros de chiffre d'affaires).

Côté infrastructures, la cale de radoub nº3 fait toujours partie des trois plus grandes cales sèches jamais construites en Europe, réalisée au milieu des années 70 dans l'optique d'accueillir les supertankers de 500.000 tonnes. Les Hollandais ont évidemment immédiatement perçu le potentiel du site Brestois alors mené par une entreprise décramponnée dans la course commerciale effrénée et sans pitié de la réparation navale mondiale. La concurrence directe avec les chantiers asiatiques n'a jamais été aussi rude. Les distorsions de concurrence entre pays européens n'arrangent rien. Il faut aller chercher le client, le séduire, le garder et coller à un marché fortement impacté par la mondialisation.

Là encore, Damen a su s'adapter en proposant des prestations sur mesure, des forfaits ou l'intervention d'équipes spécialisées à l'étranger. Mais à Brest, l'enjeu consiste précisément à capter les navires qui descendent ou remontent le long du rail d'Ouessant. Toutes sortes de navires puisque le chantier est spécialisé dans le carénage, l'entretien et les travaux d'adaptation, toutes tailles et tous genres confondus.

 

 

Le chantier Damen de Brest (© MER ET MARINE)

Le chantier Damen de Brest (© MER ET MARINE)

 

 

Atteindre la rentabilité 
 

 

Depuis la reprise d'il y a deux ans, les Hollandais ont parfaitement tenu leurs engagements en stabilisant les effectifs de la Sobrena. Mais ils n'ont de cesse de consolider et développer la charge de travail du chantier, dans un contexte mondial des plus concurrentiels. L'année dernière, Damen-Brest réalisait 69 arrêts techniques, contre une centaine, durant les meilleures années, pour la Sobrena.

Si la rentabilité du chantier brestois n'est toujours pas au rendez-vous, le géant de la construction et de la réparation navale espère redresser la barre dans les deux prochaines années, le groupe ayant décidé d'amplifier la part de la réparation (de 25 à 30 %) dans son chiffre d'affaires global.

 

 

Méthode et pragmatisme hollandais

 

 

Dans un monde aussi concurrentiel, le prix de la prestation ne fait pas tout. La notion de sécurité et de fiabilité d'un chantier de réparation navale est essentielle dans le processus de fidélisation et de progression de parts de marché. « Les armateurs sont très attachés à la notion de sécurité. Et particulièrement les plus grosses sociétés qui considèrent que sécurité et productivité vont de paire ». « C'est un élément essentiel de notre méthode de travail », confirme le secrétaire général et numéro deux à Damen Brest, André Hollander.
 

 

Le chantier Damen de Brest (© DR)

Le chantier Damen de Brest (© DR)

 


« Safety first » 
 


La Sobrena avait été frappée de plein fouet par une série d'accidents, parfois mortels, qui avaient ébranlé les équipes et fissuré la confiance dans un milieu extrêmement réactif. De gros clients n'avaient pas reconduit leur contrat à cause de cet enchaînement d'accidents du travail. « Cela a fait partie de l'une de nos priorités lorsque nous sommes arrivés », explique André Hollander. Remettre à plat les procédures de travail, réviser et rappeler les mesures de sécurité, concerner tous les salariés sans exception. « Nous nous sommes retroussé les manches et avons, dès février 2013, soit moins d'un an après la reprise, entamé une démarche d'obtention de certification professionnelle. En novembre de la même année nous décrochions la certification ISO 9001 ! ».
 

 

Le chantier Damen de Brest (© DR)

Le chantier Damen de Brest (© DR)

 


Arrêt minute
 


Le chantier brestois en a profité pour lancer un original concept d'« arrêt minute » qui permet aux navires de profiter d'un carénage express sans perdre plus de trois ou quatre jours. La peinture de coque refaite et les hélices poncées à blanc permettent de réaliser des économies en améliorant la glisse du bateau. Le tarif est fixe, le chantier garantit un retour rapide sur investissement et particulièrement en ces temps de difficultés économiques. Seul un navire a pour le moment bénéficié de ce service imaginé à Brest.

 

 

Le chantier Damen de Brest (© DR)

Le chantier Damen de Brest (© DR)

 

 

Les pistes pour monter en puissance

 

 

La construction navale concentre 75 % de l'activité de Damen (29 chantiers à travers le monde), le dernier quart concernant les activités de réparation et de transformation des navires. Avec 210 salariés, Brest accueille l'un des 16 sites de réparation de Damen. Le site Arno de Dunkerque, racheté en décembre 2012, compte 90 salariés français supplémentaires. Une goutte d'eau parmi les 8.000 salariés de la société présente dans quinze pays.

Créée en 1927, l'entreprise familiale Damen suit de près le développement des énergies marines renouvelables, tant en matière de construction de navires dédiés que de matériels de production.

Avec sa chaudronnerie très proche du polder en cours de stabilisation (dédié aux énergies marines renouvelables), Damen espère entrer dans la boucle de production et de montage des engins de production d'énergie (équipements secondaires). Une aubaine pour le site de réparation brestois qui sera évidemment, dans un deuxième temps, en capacité de réceptionner et d'entretenir les navires de servitude et d'entretiens de ces matériels.
 

 

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 


Offshore et paquebots
 


Mais à court terme à Brest, c'est le marché des plateformes offshore et des bateaux de production offshore flottant qui pourrait profiter au chantier qui a répondu à un grand nombre d'appels d'offres en 2013.

Damen ne vise pas seulement les immenses méthaniers (sept arrêts techniques en 2013) pour développer son volume d'activité à Brest.

La prise en charge des paquebots fait également partie de ses cibles, avec une collaboration possible avec le chantier STX de Saint-Nazaire. En résumé, les trois cales sèches, mises à disposition par la CCI, sont, pour le moment, loin d'être utilisées à leur maximum.

 

 

Un article de la rédaction du Télégramme

 

Damen Shiprepair Brest (ex-Sobrena) Port de Brest