Défense
Reportage : Avec les forces navales de l'ONU au Liban (1/2)

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Reportage : Avec les forces navales de l'ONU au Liban (1/2)

Défense

Nous vous embarquons aujourd'hui sur la Somme et le Latouche-Tréville, deux bâtiments de la Marine nationale qui achèvent plusieurs mois de déploiement devant les côtes libanaises. En naviguant avec la « FINUL maritime », Mer et Marine a voulu en savoir plus sur la mission de ces navires, au coeur de l'une des zones de crise les plus complexes du monde.

Les marins français en béret bleu (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Les marins français en béret bleu (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Depuis le conflit entre Israël et le Hezbollah, à l'été 2006, l'ONU a renforcé les moyens de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), déployée dans le pays après le déclenchement de la guerre civile, en 1975. Aux éléments terrestres, positionnés au sud-Liban, s'est ajoutée depuis le 15 octobre 2006 une force navale, premier dispositif du genre activé par les Nations Unies depuis la guerre de Corée, au début des années 50. Forte d'une dizaine de bâtiments, la Task Force 448, dont le commandement a été confié à l'EUROMARFOR, agit conformément aux résolutions 1701, 1773 et 1832 du Conseil de sécurité de l'ONU.

(© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
(© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Son mandat consiste à contrôler les flux maritimes, à veiller à ce qu'aucune livraison illégale d'armes ne parvienne par mer sur le sol libanais, à fournir une capacité d'évacuation de ressortissants et à former la marine libanaise pour qu'elle puisse, à terme, assurer toutes ses missions de souveraineté. La France assure depuis le mois de septembre le commandement de cette force et dispose sur zone de deux navires, le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme et la frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville (qui seront relevés dans quelques jours par les De Grasse et Germinal). Avant de nous attacher à détailler cette mission, nous vous proposons un petit aperçu du contexte politique et historique libanais, panorama fondamental pour comprendre cette région très complexe.

Le port de Beyrouth aujourd'hui (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Le port de Beyrouth aujourd'hui (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Beyrouth en pleine résurrection

Vue de France, la situation au Liban reste marquée par les images de 2006. Suite à l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah, Tsahal déclenche le 12 juillet une opération de représailles contre la « milice » libanaise. Extrêmement violente, l'offensive fait, côté libanais, plus d'un millier de morts chez les civils et entre 700.000 et un million de déplacés. Pas moins de 15.000 logements sont détruits et 130.000 autres endommagés, sans oublier les infrastructures, durement éprouvées par les bombardements israéliens. Ainsi 73 ponts sont pulvérisés, sans parler des dégâts occasionnés dans les ports. On se souvient, évidemment, de l'exode massif des réfugiés et de la fuite des ressortissants, embarqués par milliers sur les navires militaires européens affluant à Beyrouth. L'image des hangars du bâtiment de projection et de commandement Mistral, remplis de centaines de lits de camp, restera à ce titre symbolique.

Eté 2006 : Le hangar du Mistral tranformé en dortoir (© : MARINE NATIONALE)
Eté 2006 : Le hangar du Mistral tranformé en dortoir (© : MARINE NATIONALE)

Eté 2006 : Ressortissants embarquant sur le Mistral (© : MARINE NATIONALE)
Eté 2006 : Ressortissants embarquant sur le Mistral (© : MARINE NATIONALE)

Malheureusement, plus de deux ans après le conflit, le Liban est encore vu, par beaucoup, comme une terre brûlée. La réalité est pourtant différente. Habitués aux destructions, les Libanais ont très vite décidé de rebâtir leur pays. Aidée par la manne financière d'une puissante diaspora et par les investissements étrangers, notamment en provenance d'Arabie Saoudite, Beyrouth est aujourd'hui en pleine résurrection. Rues rénovées, nouveaux immeubles... Progressivement, les stigmates de la guerre sont effacés, au point qu'il parait difficile désormais, dans le centre ville, d'imaginer l'ampleur des destructions de l'été 2006. Ici et là certains bâtiments restent bien criblés d'impacts mais leur nombre se raréfie aussi sûrement qu'une intense activité fait bouillonner les grandes artères de la capitale. Place financière historique au Proche-Orient, Beyrouth a vu rouvrir en son coeur ses boutiques de luxe et les rues du centre sont encombrées d'un nombre incroyable de berlines et autres voitures de luxe, un concessionnaire Ferrari s'étant installé non loin du quartier très branché de Gemmayzeh. Haut lieu de la vie nocturne beyrouthine, cette partie de la capitale accueille une armada de bars, discothèques et restaurants branchés qui feraient le bonheur des « oiseaux de nuit » parisiens. Mais, Gemmayzeh et son étalement de richesses ne sont qu'une réalité du Liban. D'autres quartiers de Beyrouth sont beaucoup plus pauvres. Quant au reste du Liban, il est à l'image du pays et de ses habitants, fait de différences, de contrastes et de complexité.

Beyrouth vue du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Beyrouth vue du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Beyrouth vue du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)
Beyrouth vue du Latouche-Tréville (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

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