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Reportage : A bord du porte-avions USS Harry S. Truman

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Reportage : A bord du porte-avions USS Harry S. Truman

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Nous vous embarquons aujourd'hui à bord du porte-avions USS Harry S. Truman (reportage photo en fin d'article). Après les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, ce bâtiment et ses sisterships sont ce que l'on peut considérer comme les plus puissantes machines de guerre imaginées par l'homme. Avec ses 332.84 mètres de long et ses 104.000 tonnes de déplacement, le CVN 75 a de quoi impressionner. Capable d'embarquer 70 avions et hélicoptères, le navire rejoindra début juin sa base de Norfolk, sur la côte Est des Etats-Unis. Il en était parti le 5 novembre pour une longue mission de 7 mois dans le golfe Persique, opération au cours de laquelle son groupe aérien embarqué a appuyé les troupes terrestres déployées en Irak. « Les missions duraient de 5 à 6 heures », explique le lieutenant Pete Langley, pilote de Super Hornet, qui a réalisé 31 missions au dessus de l'Irak. Si l'aéronavale américaine semble avoir tiré moins de bombes durant cette campagne que par le passé, les F/A-18 ont maintenu une présence dissuasive. « Nous passions au dessus des zones en faisant du bruit, de manière à ce qu'en bas, on sache que des avions étaient en l'air, prêts à intervenir en cas de besoin ».

Le porte-avions : une culture historique chez les Américains

Aux Etats-Unis, la population reste très sensible à l'image que représentent ces redoutables navires de combat. « Pour les gens, savoir que nous avons des porte-avions dans le monde donne un sentiment de sécurité ». La culture américaine du porte-avions remonte aux années 30. Protégés par deux océans, les USA semblent alors intouchables mais, dans le même temps, doivent pallier au problème de la mise en oeuvre de l'avion, dont on perçoit déjà le potentiel militaire, dans ces immenses espaces maritimes. Plusieurs bâtiments spécialisés dans l'emport d'appareils sont alors mis en chantier. L'intérêt de ces navires sera démontré de manière éclatante en décembre 1941, lorsque l'attaque de Pearl Harbor met hors de combat la flotte du Pacifique. Grâce à leurs porte-avions, les Japonais sont parvenus à déployer une force considérable à des milliers de kilomètres et à attaquer par surprise et en plein coeur leurs adversaires. La Navy retiendra la leçon. Par chance, les trois porte-avions américains alors en service échappent au raid nippon et c'est justement sur eux que la marine va s'appuyer pour débuter la reconquête du Pacifique. A la fin de la seconde guerre mondiale, les Américains aligneront une centaine de porte-avions lourds et de porte-avions d'escorte. Grâce à l'indispensable maîtrise des mers, ils assureront leurs approvisionnements, tout en privant leurs ennemis du leur, et seront à même de reprendre les territoires occupés par les Japonais.

 L'USS Harry S. Truman et son groupe aéronaval (© : US NAVY)
L'USS Harry S. Truman et son groupe aéronaval (© : US NAVY)

Une arme toujours considérée comme indispensable

Soixante ans plus tard, la problématique ne semble pas avoir beaucoup évolué dans la stratégie américaine. Les Etats-Unis sont toujours bordés par deux océans et les zones d'opérations sont toujours aussi éloignées des bas