Défense
Reportage : A la découverte de la frégate Forbin

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Reportage : A la découverte de la frégate Forbin

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Trois ans après sa mise à flot, la frégate de défense aérienne Forbin a rejoint hier son port d'attache. Parti mercredi dernier de Lorient, où il fut construit chez DCNS, l'imposant bateau, long de 153 mètres pour un déplacement de 7000 tonnes en charge, est arrivé dans la matinée à Toulon. Cela ne signifie pas, pour autant, que le Forbin est opérationnel. Toujours propriété de DCNS, il réalisera dans les prochains mois de nombreux essais visant, notamment, à achever la mise au point de son système de combat et de son système d'armes principal, le PAAMS. Si tout va bien, la Marine nationale en prendra possession au mois de septembre en vue d'une mise en service en 2009. Tête de série du programme franco-italien Horizon, le Forbin est la première frégate de la marine à avoir été réalisée en coopération. « Le contexte de la coopération est très fort. Les études ont été partagées à parts égales entre Français et Italiens. Un bureau commun pilote le programme dont le calendrier, dans les deux pays, est très imbriqué. Ainsi, des équipes communes passent des navires construits en France à ceux réalisés en Italie », explique Nicolas Gaspard, responsable du programme Horizon chez DCNS. Afin de mener à bien le programme, lancé le 27 octobre 2000, une société conjointe a été créée. Détenue à parité par DCNS et Orizzonte (Fincantieri et Finmeccanica), Horizon SAS a passé quatre grands contrats avec l'industrie. Le premier, portant sur le la maîtrise d'oeuvre du développement, a été confié à DCNS et Fincantieri. Le second, sur le développement et la production du système de combat, a été placé chez DCNS (DCN et Thales à l'origine) et Finmeccanica, réunis au sein de la société Eurosysnav. Viennent ensuite deux contrats sur la réalisation des deux bâtiments français et des deux unités italienne, l'un conclu avec DCNS et l'autre avec Fincantieri. Alors que les frégates italiennes sont réalisées aux chantiers de Riva Trigoso, près de Gènes, les Forbin et Chevalier Paul ont, quant à elles, été assemblées chez DCNS, à Lorient. Afin d'optimiser les équipes franco-italiennes, les quatre Horizon se suivent à intervalles rapprochés, un écart de seulement six mois étant observé entre chaque navire. Par exemple, une équipe binationale d'une quarantaine de personnes travaille successivement sur la mise au point du système de combat des quatre navires.

Les Forbin et Chevalier Paul en construction à Lorient (PHOTO : DCNS)
Les Forbin et Chevalier Paul en construction à Lorient (PHOTO : DCNS)

Le Forbin la veille de son appareillage (PHOTO : MER ET MARINE)
Le Forbin la veille de son appareillage (PHOTO : MER ET MARINE)

Malouines, Iran-Irak, Liban... Le retour d'expérience

C'est en 1990 que la France, l'Italie et la Grande-Bretagne réfléchissent au remplacement de leurs navires de lutte antiaérienne. La Marine nationale doit trouver des successeurs aux frégates lance-missiles Suffren (1968) et Duquesne (1970). Il convient également d'envisager le renouvellement des Cassard (1988) et Jean Bart (1990) qui, bien que récentes, sont dotées d'un système d'armes principal à la conception déjà ancienne, le Tartar (missiles SM1-MR). Désireux de coopérer pour réduire les coûts d'un programme qui s'annonce déjà onéreux, les trois pays cherchent à préciser leurs besoins opérationnels. Si la coopération sur la plateforme est abandonnée par Londres en 1999, le Royaume Uni maintient sa participation sur le système d'armes principal (Principal Anti Air Missile System - PAAMS) qui équipera les futurs Horizon et T45. Les Britanniques mettent en avant le retour d'expérience né du conflit des Malouines (1982). Lors de la reprise des îles aux Argentins, la Royal Navy a été exposée, dans une zone littorale, à des attaques aériennes qui lui ont coûté plusieurs bâtiments, comme les Sheffield, Coventry, Ardent et Antelope. La France, de son côté, a pu mesurer l'importance de la protection aérienne lors de l'escorte des convois marchands pendant la guerre Iran-Irak. « L'objectif a donc été de pouvoir assurer une bulle de protection dans un environnement peu favorable, avec un préavis très faible et en évitant la saturation du système », explique le capitaine

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